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 Thèse de doctorat en médecine

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Céci d'ARMAND
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MessageSujet: Thèse de doctorat en médecine   Sam 23 Fév - 17:22

J'ai acquis sur e-bay un petit folio d'une centaine de pages écrit par un jeune interne en médecine qui passait son doctorat en 1927,PIERRE MINOT...Cela s'intitule:
"QUELQUES CAS DE PSYCHOPATHIES DANS LA FAMILLE DU CARDINAL DE RICHELIEU",et est véritablement passionnant.
L'opinion de l'auteur est que la"tare"viendrait de la branche maternelle.Pour ma part,adorant Suzanne,j'aurais préférer apprendre l'inverse.

Cinq cas sont rescencés:

NOTRE CARDINAL,dont seules les "bizarreries" dont nous avions déjà connaissance sont relatées;rien de nouveau,et on en pense ce qu'on en veut.L'auteur lui-meme reconnait que les maladies du Cardinal à elles seules,se répercutant sur sa santé morale,auraient suffit à rendre enragé le plus stoique des hommes...et avec son travail et ses responsabilités,ses craintes permanentes d'etre assassiné,les haines qui l'entouraient,la fatigue d'un repos nocturne insuffisant,on convient qu'il était plutot "cool",au vu de la situation,y'avait bien de quoi devenir "gaga",en toute légitimité!

ALPHONSE DU PLESSIS,son frère,qui semble,selon le jeune toubib en graine,avoir été la proie d'un caractère instable,changeant,exagérément scrupuleux,pas très net,avec des délires de transformations répétés par des témoignages divers et sans liens entre eux,donc estimés authentiques et non calomnieux(DIEU LE PERE,DELIRE MYSTIQUE);

NICOLE DU PLESSIS,sa jolie soeur,nettement atteinte selon l'auteur de délires métaboliques avec troubles cénesthésiques manifestes;cela revient à dire qu'elle était globalement dérangée en tout et atteinte par crise fréquentes,parfois quotidienne,rendant très difficile son voisinage et sa compréhension:UN CAS,parait-il,prononcé et grave.
Mais,notre jeune médecin,qui semble avoir nettement de la sympathie pour notre illustre famille,souligne que la jeune femme,épousée par URBAIN DE MAILLE-BREZE semble-t-il par amour ou du moins pour sa beauté,puisqu'il négligea l'héritage et la condition vertigineuse de son beau-frère le Cardinal,eut a affronter très vite la misanthropie d'un homme,qui fit gravé sur la porte de sa demeure la devise latine:
"NULLI VISI VOCATI".
Avec cette traduction:
"DANS CE LIEU DE REPOS,ON NE VEUT PAS DE BRUIT,
ET NUL N'Y DOIT ENTRER QU'INVITE OU CONDUIT".
Cela dresse le portrait,Monsieur était un marrant,assurément.
Lorsqu'elle ne voulut pas retourner en Anjou,que fit le tendre mari?
Il fit oter tous ses meubles jusqu'aux rideaux du lit,et la laissa là,toute seule dans une maison vide.Elle alla donc en Anjou,en manifestant une "grande joie et toute glorieuse subitement".Spécial.
Cet homme dur ne fit aucun ménagement à la jeune femme qui était fragile.Il prit pour maitresse la femme d'un de ses domestiques,nommée la "DERVOIS"qui était laide mais avait vivacité d'esprit et était entreprenante et forte.Devenue veuvencette Dervois continua de dominer le Maréchal,qui exerça son empire non seulement sur la Maison de Milly,mais aussi sur le gouvernement d'Anjou.Nicole était assez lucide pour s'en rendre compte et en souffrir,et eut à subir les volontés et les caprices de cette femme de rien:
"UNE DES CHOSES QUI SERVIT AUTANT A ACHEVER NICOLE,FUT QUE LE MARECHAL LUI OTA SES PENDANTS,ET LES MIT EN SA PRESENCE AUX OREILLES DE LA DERVOIS".
On peut très bien concevoir que ce genre de cruauté mentale et affective ait infiniment perturbé Nicole,qui se réfugia dans un monde personnel et moins cruel;cette jeune femme était une douce,et nous nous devons de la plaindre.Je m'étonne quant à moi qu'aucun témoignage de sa "folie" ne nous soit parvenu avec les écrits de sa Maman Suzanne,avec qui elle vécut exclusivement des années avant son mariage...Ne serait-ce pas cet indigne mari qui l'a détruite?
La malheureuse mourut précocément au Chateau de Saumur le 30 aout 1635 à l'age de 48 ans. Tallement-langue-de-vipère dit que:
"Elle se croyait le cul en verre,et ne voulais point s'asseoir.Il lui semblait souvent qu'un petit endroit au-dessus de sa main était froid et passait tout le jour à s'y mettre des gouttes de résine,parfois jusqu'à 500,puis à les oter selon qu'il lui semblait que la partie se réchauffait."
Nicole,en effet,se plaignait souvent d'avoir froid,principalement aux mains,et souvenez-vous que je vous avait rapporter ce détail que je tenais d'Emile de Forges,mon vieux jardinier:Armand sortait ganté dès Septembre,et on se souvient aussi qu'il commanda à un Ambassadeur se rendant en Angleterre de lui ramener DOUZE PAIRES de gants en cuir anglais,de meilleure qualité de coupe selon lui que le cuir français.

(Excusez-moi,je suis sans cesse déconnectée,ma WIFI me rend folle(tiens,moi aussi! ),je reprendrai plus tard,là je n'en peux plus,je reconnecte toutes les cinq minutes,c'est épuisant! )
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MessageSujet: Re: Thèse de doctorat en médecine   Sam 23 Fév - 18:43

GRAND Meci Céci
de nous partager de choses nouvelles sur la vie des Richelieu.

Il y a quelque points a considerer!

L'analyse du medécin peut seulement parvenir où il y a des document sur les cas:
Il y a à peine des minuscule détails sur Nicole que ce n'est pas facile de faire un cas bien concrète.
Mais quand-même:
Possiblement la ligne de cette malaise vient toijours sur la ligne maternelle [cela probablement aujourdhui on le saura mieux] ...il faidra alors connaître les ancêtres maternelles de Nicoles et Armand etc....
On connaît la déscendence de La fille de Nicole ....c'est la "pauvre" claire-Clémence!!
Oui effectivement - là on sait que la déscendence de Condé était aussi condamné d'en souffrir

aussi le fils de Françoise avait un défaut.....
on peut croire pour une chute - il était devenu bossu - .....
alors une déformation par accident [physique]
avec ca. 3 ans [novenbre 1611, lui né possiblement en 1608]
et Françoise avait une naissance en 1607 qui ne survivait pas.....

[je ne crois pas beaucoup d'une soeur encore - qui se faisait carmélite au couvent de la Rue Chapon en 1626 et qui serait une véritable soeur de Mme de Combalet!]

Charles de La Porte duc de La Meilleraye était aussi un peu rare et encore plus son fils [fils de la soeur du Cinq-Mars] ....
mais halt-là: ici ne fonctionne plus les lois de l'héritage .....
ALORS???

le thème est bien compliqué et avant tout: il n'existe quasi des documents assurés sur les prsonnages.

Je crois bien que cela avec le cul-en-verre et les gouttes de résine sont vrais --- pourquoi pas et Urbain de Maillé n'était pas un grand mari sinon un grand-coureur-de-jupon...cela n'améliorait point l'était de cette belle Nicole ["pour sa seule beauté" disait Urbain pour avoir se marié ave Nicole en nov 1617 à Paris...mais peut-être les Richelieu avait plus d'argent?!?]
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MessageSujet: Re: Thèse de doctorat en médecine   Sam 23 Fév - 20:14

j'ai oublié :
Notez l'oeuvre da la seconde moitié de la vie de Marie-Madeleine...

des fondation des maison avec un mélage de "couvent/religionet & hôpital"

moi je crois il y a là une grand partie de cet héritage de sa famille
d'avoir connu les "malheures des maladies" des proches
comme:

sa propre mère [mort en 1616]
son frère = accident/bossu & sa femme [aussi un peu rare]
son oncle Armand [cela est déjà bien connu]
son oncle Alphonse [autre problématique]
la femme de Henri = mort après la naissance du 1er bébé 1618
sa tante Nicole [véritablement une malade chronique]

tout ça dans ses premiers 20-25 ans

alors j' y vois un grand motivation de pratiquer la charité ....
heureusement lié sous l'aspect de la religion...
[ici la fé chrétienne] ..... n'importe c'est dans le schamanisme la même chose!]

c'est ce qui manque aujourd'hui !!
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Céci d'ARMAND
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MessageSujet: Re: Thèse de doctorat en médecine   Lun 25 Fév - 12:38

Au sujet de la tendre CLAIRE-CLemence de Maillé-Brézé,on apprend qu'elle était atteinte de symptomes d'excitation maniaque,de délires d'interprètation(c'est à dire qu'elle discernait des choses malveillantes ou dangereuses dans des paroles ou situations qui en étaient exemptes)d'ou il découlait un délire de persécution.
Née au chateau de Milly le 25 Février 1628,elle avait sept ans à la mort de Nicole.(on peut considérer que Nicole avait enfanté très tardivement pour l'époque,à 41 ans,c'est assez remarquable...)Son père l'abandonna totatement,trop heureux de l'abandonner à l'oncle et de la considérer plutot de la maison des Richelieu que de la sienne.Dès 1633,le Cardinal prétextant d'une épidémie de peste l'avait enlevée à ses parents et confiée aux Bouthillier,cette famille d'avocats qui lui était si chère.Claire-Clémence fut élevée par ces fidèles serviteurs au CHATEAU DES CAVES,près de Nogent-sur-Seine.Elle y mena une vie saine et rustique.La petite fille ne pouvait déjà se douter que son sort était déjà fixé dès l'age de quatre ans:Elle avait été promise au jeune LOUIS II de BOURBON,DUC d'ENGHIEN;Ce fut un des plus triste exemple de ces mariages de Cour QUI FOULAIENT AUX PIED LES ASPIRATIONS DES INTERESSES.Henri II de BOURBON,Prince de Condé,naguère rebelle,s'était rallié à la Politique du Cardinal et ne savait quelle preuve de soumissions lui donner:
IL LUI DEMANDA COMME A GENOUX MLLE DE BREZE POUR SON FILS".
Le Marquis de Brézé apprenant la nouvelle se contenta de dire:
-"ILS VONT FAIRE DE CETTE PETITE FILLE UNE PRINCESSE",comme s'il ne s'agissait pas de la sienne.
En 1640,eut lieu la 1ère entrevue entre les fiancés.Claire-Clémence n'était venue à Paris qu'une seule fois,à l'age de six ans,conviée par le Cardinal à un grand bal d'enfants ou elle avait pris peur d'oiseaux qu'au cours d'un ballet,on avait lachés dans la salle.La vie qu'elle avait menée depuis neuf ans ne l'avait guère préparée au monde,et le fiancé ne s'intéressa pas à cette petite campagnarde de douze ans.Il fallut toute l'insistance du père pour le plier à l'étiquette.Le bruit courut vite que le jeune homme n'avait point de gout pour sa fiancé,aussi,Henri de Bourbon et le Cardinal,également inquiets,résolurent-ils de hater le mariage.Le contrat fut signé,ou Richelieu stipula,au grand dépit du Prince,que Claire-Clémence ne recevrait que 600000 livres de rente,et qu'elle renoncerait à la succession tant qu'il y aurait d'autres héritiers.LE PRELAT TENAIT AINSI A SOULIGNER QU'UN PRINCE DU SANG EPOUSAIT SA NIECE POUR L'HONNEUR ET NON POUR L'ARGENT.
Monsieur le Prince n'en fit pas moins établir secrètement un acte notarié,une protestation,signée de son fils et de lui-meme,contre la renonciation exigée,puis,satisfait,attendit l'avenir.
(On sait à cet égard qu'ilS entrèrent en conflit avec Madame d'Aiguillon à la mort du Cardinal,et que les deux parties opposées durent composer autour d'un commun accord satisfaisant ).
On ne vit point au Mariage "l'ermite de Milly",père de la mariée,qui avait décidémment abandonné sa fille au Cardinal.Le 14 Janvier déjà,le Cardinal avait donné grande fete,au Palais-Cardinal,faisant représenter sa fameuse pièce"MIRAME"dont il donna lui-meme le signal des applaudissements,avec une chaleur qui dénotait son parfait contentement.Après quoi,il y eut bal,et le Duc d'ENGHIEN SE MONTRA FORT EMPRESSE ENVERS SA "PETITE MAITRESSE";mais la pauvrette n'avait pas de chance:selon mlle de Montpensier:
ELLE TOMBA COMME ELLE DANSAIT UNE COURANTE,A CAUSE QUE POUR REHAUSSER SA PETITE TAILLE,ON LUI AVAIT DONNE DES SOULIERS SI HAUTS QU'ELLE NE POUVAIT MARCHER.AUCUNE CONSIDERATION N'EMPECHA DE RIRE TOUTE LA COMPAGNIE,SANS EN EXCEPTER LE DUC D'ENGHIEN.
La cérémonie du Mariage eut lieu le 11 Février 1641,dans la chapelle du Palais-Cardinal,le repas fut parfait,son Eminence d'excellente humeur.

Mais les semaines qui suivirent,monsieur le Duc D'ENGHIEN SOMBRA DANS UNE PROFONDE MELANCOLIE:TOUT dans ce mariage était pour lui déplaire;la femme,encore une enfant et sans charmes;l'idée de mésalliance.
CLAIRE-CLEMENCE DE MAILLE-BREZE,BIEN QUE DE TRES BONNE NAISSANCE,NE SEMBLAIT APPELEE A CET HONNEUR NI PAR SON RANG,NI PAR DE GRANDS DONS,NI PAR LES ATTRAITS QU'ON NE POUVAIT SOUPCONNER CHEZ UNE PETITE FILLE DE DOUZE ANS,ENFANTINE ENCORE DE CORPS AUTANT QUE D'ESPRIT,DE FORT PETITE TAILLE ET OFFRANT AUX REGARDS UN VISAGE INSIGNIFIANT"
Qui plus est,nous dit Monglat:
RICHELIEU AVAIT LE PRINCE DE CONDE DANS SES INTERETS PAR L'ALLIANCE QU'IL AVAIT PRISE AVEC LUI EN MARIANT LE DUC D'ENGHIEN SON FILS AVEC SA NIECE,FILLE DU MARECHAL DE BREZE.MAIS CE JEUNE DUC N'ETAIT PAS AUSSI SOUPLE QUE SON PERE:AUSSI LE cARDINAL LE TENAIT FORT BAS,ET MARCHAIT DEVANT LES PRINCES DU SANG MEME CHEZ LUI,CONTRE L'ORDRE ANCIEN.LE PRINCE DE CONDE S'ACCOMODAIT A TOUT,ET MEME LUI TENAIT LA TAPISSERIE ET LA LEVAIT QUAND IL PASSAIT PAR UNE PORTE;LES BASSESSES OBSEQUIEUSES DE SON PERE EXASPERAIENT LE JEUNE DUC D'ENGHIEN".
Ce mariage malheureux du fatalement avoir des conséquences dramatiques et poignantes sur la santé moralede la petite Claire-Clémence,comme menée à l'abattoir,nous y reviendrons avec la suite et les conclusions médicales obtenues par mon jeune interne Pierre Minot.
Merci de votre intéret
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MessageSujet: Re: Thèse de doctorat en médecine   Lun 25 Fév - 17:31

Merci beaucoup chère Céci tu est un trésor:

je me souviens aussi - [à propos de Claire-Clémence] - qu'elle avait reçu des poupée de grand valeur, avec maison et cuisine etc...
de son oncle [qui peut-être voulait secrètement la faire incliner à s'intéresser aux enfants....{ahhh le "renard"}] et qu'elle voulait même les baigner etc....[ainsi en les détruisant]
enfin un enfant encore qui était pas bien enseignée dit-on par lrs Bouthilliers parce qu'elle ne savait pas beaucoup lire.....
il y avait une fois ici une lettre d'elle à son père [bnf. gallica ... ?] qui le prouve!

Mais je crois elle a aimé le prince son mari quand-même....elle faisait tout...contre la maison royale pour le soutenir à La Fronde
ce qu'il lui avait payé si cavalièrement en l'enprisonant par [faux] témoinage d'adultère au château de Châteauroux!

Tu as reçu le livre de son frère????
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MessageSujet: Re: Thèse de doctorat en médecine   Lun 25 Fév - 17:44

sûrement j'ai mis déjà cela ...
[copié de ma bio "La duchesse d'Aiguillon"]

mais ici resort encore la problématique de:

Richelieu - Condé [aussi avec Alphonse-Lous de Lyon]

- Peu après le procès de Cinq-Mars et de Thou à Lyon, il se passait un incident fort désagréable. Depuis quelque temps le duc d'Enghien (future prince de Condé) était en querelle avec Mazarin. Celui pensait qu'il avait, comme cardinal et comme usage en Italie "la droite" sur les princes de sang. Richelieu, à voix haute, en l'avait appuyé.
Le prince-père (qui déclarait à son fils: "qu'il mourroit plustost que de le faire; qu'il avoit toujours maintenu son rang sur tous les cardinaux...; qu'il avoit bien eu de la peine de gagner sur luy de céder au cardinal de Richelieu,...) avait arrangé un rencontre entre le frère de Richelieu, l'archevêque de Lyon et son fils.
La dernière fois qu'il avait vu le jeune duc (de 21 ans), était pendant le mariage de sa nièce Claire-Clémence (11.2.1641). Mais comme cette union avait été tellement forcé, d'Enghien se sentait de plus en plus en mauvaises humeurs vers le clan Richelieu.
Donc, son père (le premier "prince de sang" du royaume) avait tout préparé pour l'accueil, et le cardinal de Lyon le voulait recevoir avec grand splendeur. Mais le jeune prince se coucha chez l'abbé d'Aisné (frère du maréchal de Villeroy).... laissant Alphonse en vaines espérances de sa visite.
Armand de Richelieu, par son système d'information, savait bientôt tout qui se passait. Encore souffrant d'une maladie et abbatu par l'affaire de Cinq-Mars, se mettait dans un si grand colère, que:
"....(quand il viendroit à mourir); et dans ceste pensée, il se laissoit abandonner à sa fureur; et j'appris pour lors, de quelques-une qui avoient esté tesmoignes de ses emportemens, que ce grand homme n'eut, en ce rencontre, plus de pouvoir sur luy-mesme, et jura si terriblement qu'ils en eurent horreur."
(Pierre Lenet: "Mémoires inédit" page 463).

A ce moment, c'est la duchesse d'Aiguillon qui vient rejoindre son oncle aux "Eaux de Bourbon-Lazy".

Le mémorialiste Pierre Lenet (au service des Condé) était recommandé par Richelieu de le trouver chaque jour:
Il en raconte: (Ed: Michaud/Poujoulat: page 467- 468)

" J'appris là que la duchesse d'Eguillon, sa niepce bien aymée, debvoit arriver ce mesme jour; je le dis au duc en luy rapportant la conversation que j'avois eue avec le cardinal, et luy proposay d'aller au-devant d'elle et de luy dire tout ce qui pourroit plaire au cardinal, et de se racommoder sincèrement avec luy par elle. Il me dict qu'il le feroit très-volontiers; mais le malheur voulut que, comme il montoit à cheval pour aller à la rencontre de cette duchesse, elle arriva; de sorte qu'il n'eut pas le loisir de l'entretenir avant qu'elle eût veu le cardinal.

Il la receut avec une tendresse non pareille, devant plus de trente personnes que nous estions dans sa chambre. Après les premiers complimens, il fit sortir tout le monde, aucun exepté, et l'entretint depuis les sept heures du soir jusques à onze.

Le duc attendit tout ce temps-là dans l'antichambre, pour ramener, comme il fit, la duchesse au logis qu'on lui avoit préparé, où il eut une longue conversation avec elle. J'estois allé me coucher, et je dormois quand le duc retourna de chez elle.

Il vint m'esveiller et me dire tout l'entretien qu'ils avoient eu ensemble, et entre autre chose que la première dont le cardinal luy avoit parlé estoit ce qui s'estoit passé entre le duc et luy; qu'il l'asseura luy avoir faict plus de peine que sa maladie, que la faction de Cinq-Mars et que le précipice sur le bord duquel il estoit veu. Le duc jugea, par l'empressement qu'avoit eu le cardinal à parler de ceste affaire à la personne du monde pour qui il avoit une confience plus complette, qu'il falloit qu'elle le touchât sensiblement le coeur; aussi n'obmit-il rien de ce qu'il deust dire à la duchesse, pour essayer de la persuader par elle, du desplaisir de lui avoir despleu, de la tendresse qu'il avoit pour sa personne et de l'attachement qu'il auroit toute sa vie pour luy, pour ses intérêts er pour ceux de toute sa maison.

La duchesse se chargea de parler au cardinal, et le destourna de le faire luy-mesme, en quoy je pense qu'elle n'agit pas sincèrement avec le duc; et le lendemain, luy rendant compt de sa négotiation, elle luy dict qu'elle lui conseilloit deux choses, qu'elle croioit qui satisferoient entièrement le cardinal:
l'une de s'en aller à Paris et de traicter avec amitié la duchesse sa femme;
et l'autre, d'envoyer un gentilhomme au cardinal de Lion, et de luy escrire une lettre obligeante pour adoucir l'injure qu'il luy avoit faicte, et pour le prier de l'oublier et d'obliger le cardinal de Richelieu à ne s'en plus souvenir."

".... Je crois encore que ce dernier conseil de la duchesse d'Eguillon estoit peu sincère, comme la suite le monstra, et qu'elle n'estoit pas fâchée de voir durer la désunion entre le duc et le cardinal;

....Il [Condé] prit ensuite congé du cardinal, à qui il dict beaucoup de choses obligeantes sur l'amitié et la tendresse qu'il avoit pour luy, et ne fit qu'effleurer l'affaire en question, luy disant qu'il avoit suivi et suivroit les conseils de la duchesse d'Eguillon en tout ce qui le concerneroit, puisqu' elle avoit le bonheur de sçavoir mieux ses intentions que les autres. Il alla dire adieu à ceste duchesse, et prit sa route pour Paris par la rivière de Loire."

.....Cepandant le duc, après avoir fait la révérence au Roy, retourna à Paris, où il trouva la duchesse* si fort grandie et embellie pendant sa longue absence, qu'il ne luy fut pas mal aisé de complaire au cardinal, en suivant le conseil que luy avoit donné la duchesse d'Eguillon; et peu de jours après son arrivée vers madame sa femme, elle devint enceinte du duc d'Enghien d' à présent, duquel j'ay souvent parlé, comme fera doresnavant l'histoire, par la bonne et esclattente réputation que ce jeune prince acquit à la cour et à la guerre."

* [la duchesse d'Enghien, sa femme]

--------------------------------------------------------------------------------

Extraits des Mémoires du maréchal d'Estrées:

".....Et de plus, Mlle de Brézé, ayant été nourrie avec Mme de Bouthillier, laquelle, avec son marie et son fil, avoit favorisé son mariage avec M. le duc d'Enghien.
M. de Chavigny crut qu'il trouveroit autant d'appui et de support de ce côté-là comme il en espéroit peu de côté de M. le duc d'Orléans.
On pourroit aussi alléguer pour troisième cause que Mme d'Aiguillon, ayant en même temps rendu de mauvais offices à la maison des Bouthilliers auprès du Cardinal - sur la jalousie qu'elle avoit de voir cette famille, si pleine de richesse en comparaison de celles qu'elle estimoit devoir posséder étant nièce du cardinal.
M. de Chavigny appréhenda que, si le cardinal s'emparoit de l'esprit de M. d'Orléans, il ne le portât au mariage avec Mme d'Aiguillon, que le cardinal avoit tant désiré et que M. de Chavigny avoit sujet de craindre à cause des mauvais offices que Mme d'Aiguillon lui pouvoit faire.
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