Il s'agit donc maintenant non plus de ces troupes que nous venons de voir défendre les empires coloniaux être envoyées de la métropole à titre de renforts, mais d'autres troupes spécialement mises sur pied pour combattre aux côtés des marins, sur leurs vaisseaux, pour débarquer sur les territoires bloqués ou bombardés, y créer un embryon d'organisation puis repartir vers de nouveaux horizons.
C'est en 1622 que le cardinal de Richelieu crée, sous la dénomination de " compagnies ordinaires de la mer ", cent compagnies qui sont destinées à former les garnisons des bâtiments.
Elles prirent quatre ans plus tard le nom de " régiment de la Marine " qui n'eut qu'une existence éphémère, car la plupart de ses éléments périrent dans un naufrage. Il ne fut reformé qu'en novembre 1635 et prit part à tous les conflits européens : il avait été créé pour se battre sur mer, les circonstances firent qu'il accomplit sa carrière sur le continent. Ce régiment devint, à la Révolution, le 11e régiment d'infanterie métropolitain.
En 1636, on enregistre la créationd'un " régiment du Havre " qui sera licencié en fin 1649, et d'un " régiment des lsles "qui durera jusqu'en 1663, puis d'un " régiment des Galères " implanté à Antibes et à Toulon, également jusqu'en 1663. Cette année-là, les régiments des Isles et des Galères fusionnèrent pour former le " régiment des Navires ", en garnison à Lorient, puis passé au service de la Compagnie des Indes.
En 1638, est levé à Bordeaux le " régiment de la Couronne ", qui sera fondu dans le régiment d'Aquitaine en 1 658. En 1638 également, et à Bordeaux, est levé le " régiment des Vaisseaux ", par l'archevêque Henri d'Escoubleau de Sourdis, pour le service de mer. Il devient " Vaisseau-Richelieu " en 1641, " Vaisseau-Mazarin " de 1643 à 1650, " Vaisseau-Candale ", puis de nouveau " Vaisseau-Mazarin " jusqu'en 1661, enfin " Vaisseau-Provence ". Bien entendu, il combat à terre.