Cette Chapelle n'était pas achevée lorsque l'on y transporta,
le samedi 13 décembre1642 à 9h30 du soir, le cercueil du Cardinal RICHELIEU pour l'exposer au Peuple de PARIS (Richelieu est décédé à l'âge de 57 ans). Les ressentiments de la population contre le Cardinal étaient alors si vifs qu'on parla de jeter son corps à la Seine; aussi jugea-t-on prudent de cesser cette exposition. Le corps du Cardinal inhumé dans la crypte (située au-dessous du choeur à l'endroit ou se trouvaient les latrines au collège de Calvi avant sa démolition en 1628), aménagée pour le recevoir. Sous la révolution lorsque le plomb des cercueils fut récupéré pour l'armée, un profanateur s'empara du crâne du Cardinal qui devint la propriété d'une familie demeurant en BRETAGNE, jusqu'à ce qu'elle en fit don à Napoléon III en 1866. Le Crâne de RICHELIEU fut alors tranporté en grandes pompes dans cette Chapelle où il repose, dans un coffret scellé, enfoui sous la dalle du pavement à un endroit très proche du mausolée.
En 1675, 33 ans après la mort du Cardinal, la Duchesse d'AIGUILLON commanda un mausolée à GIRARDON, Maître d'oeuvre, représentant le gisant de RICHELIEU, à demi étendu, soutenu par la Religion alors qu'à ses pieds pleure la Science. Cette Oeuvre a été achevé en 1694, fut déplacée plusieurs fois dans cette Chapelle, et se situe actuellement au milieu du coeur de l'Autel ou l'authentique châpeau du Cardinal le Surmonte.
On envisagea sous la révolution de transformer cette Chapelle en un amphithéâtre, puis la raser pour prolonger la rue NEUVE-RICHELIEU jusqu'à la rue St JACQUES, ainsi que la compartimenter en étages...
Tous ses projets heureusement ne furent pas exécutés. Elle fut rendue au Culte en juin 1822, en la personne l'abbé Charles NICOLLE, Recteur à la SORBONNE.