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 La colonisation française : "les isles"

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Eric
Evêque


Nombre de messages: 196
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Localisation: Marseille
Date d'inscription: 06/06/2008

MessageSujet: La colonisation française : "les isles"   Dim 15 Fév - 10:16

1626 : Fondation, avec l'appui de Richelieu, de "la Compagnie de Saint-Christophe", pour "exploiter et mettre en valeur" les Antilles.

C'est au flibustier normand Pierre Belain d'Esnambuc (1585-1636)
que l'on doit le début de la colonisation des Petites Antilles. Grâce à son insistance auprès de Richelieu , l'ambitieux ministre du roi Louis XIII, il réussit à le convaincre que des îles pleines de richesses, sont encore à prendre aux indes occidentales. Sous l'impulsion du cardinal de Richelieu , nommé à la tête du gouvernement royal en 1623, la France cherche alors à se doter d'une politique coloniale. D' Estambuc obtient la création de l'Association des Seigneurs de la compagnie des Isles de l'Amérique. Il établit une première colonie à Saint-Christophe (Saint-Kitts). Leflibustier Pierre Belain d'Esnambuc (1585-1636) Pendant quelques années il va partager l'île avec les anglais de Thomas Warner arrivés deux ans plus tôt. Ils fondent la première colonie antillaise des deux puissances pourtant rivales, ce qui vaudra à cette île d'être considérée comme la "colonie mère des Indes occidentales". Unis dans l'extermination des indiens caraïbes, la France et l'Angleterre se partagent l'île : Nord et Sud aux Français, centre aux Anglais.
Les plus puissants colons de la partie française de Saint-Kitts, des corsaires normands devenus planteurs de tabac, fondèrent en 1626 la "Compagnie de Saint-Christophe", dont le principal actionnaire n'est autre ... que le cardinal de Richelieu .

1635 : début de la colonisation de la Guadeloupe

Charles Liénard de l’Olive et Jean Duplessis d’Ossonville, gentilshommes normands et fidèles lieutenants de d'Esnambuc, s'étaient brillamment illustrés pendant la conquête de Saint Christophe (l'actuelle Saint-Kitts) alors capitale des toutes nouvelles Antilles françaises.
L'Olive s'y était établi mais souhaitait maintenant posséder une île bien à lui, à ne pas partager avec les anglais.
ll alla lever des fonds à Dieppe et s'associa avec du Plessis pour la réalisation de cet ambitieux projet.

12 février 1635 : la Compagnie de Saint-Christophe devient "la Compagnie des Isles d'Amérique"

Le 12 Février 1635 est fondée la Compagnie des Isles d'Amérique qui succède à la Compagnie de Saint-Christophe (créée en 1626).
Elle regroupe marchands normands et corsaires.
En échange du monopole du commerce entre la seule métropole et les Antilles, elle est chargée par Louis XIII de coloniser et de valoriser toute la région.
Ses directeurs, sous la présidence de Nicolas Fouquet, accordent aux sieurs Liénard de L'Olive et Duplessis d'Ossonville le privilège de coloniser la Guadeloupe, la Dominique ou la Martinique.

25 Mai 1635 : Charles Liénard de l’Olive et Jean Duplessis d’Ossonville quittent Dieppe, sur deux navires, pour les Antilles, emmenant avec eux les dominicains Pierre Pélican, Raymond Breton, Nicolas Bréchet et Pierre Gryphon chargés d'évangéliser les Caraïbes.

Par quelle île commencer et laquelle choisir ?
La première qu'ils rencontrèrent le 24 juin, trop montagneuse, ne leur plut pas. Il fallut que M. D'Esnambuc, directeur de la Compagnie des Isles, se déplaçât en personne pour que l'île méprisée fût reconnue le 15 septembre 1635 au nom du Roi de France : c'était la Martinique.
M. d'Esnambuc quitte la Martinique en novembre 1635 après y avoir construit un fort et placé Jean du Pont comme gouverneur.
En retournant à Saint-Christophe, d'Esnambuc s'arrête à Dominique où il laisse comme gouverneur Philippe Levayer de La Vallée. Les Français se retireront bientôt de l'île et seul le clergé y aura une mission. Entre-temps, les Caraïbes de la Martinique, alliés à ceux de la Guadeloupe, de la Dominique et de Saint-Vincent, soit 1500 guerriers, attaqueront Du Pont à la Martinique. Mais, après avoir été victimes d'une slave mortelle des Français, les Caraïbes concluront avec eux un traité. Du Pont ira ensuite à Saint-Christophe pour rendre compte de son gouvernement à d'Esnambuc, mais il sera pris en route par les Espagnols qui le garderont prisonnier pendant trois ans à Santo Domingo.
Pendant ce temps les deux normands Duplessis d'Ossonville et L'Olive, déçus par la Martinique ont abordés la Guadeloupe par le Nord-Ouest.

Le 28 juin 1635, Duplessis et l'Olive accostent du côté de Pointe-Allègre (Sainte-Rose).

Mandatés par la Compagnie des Ïles d'Amérique, les Français débarquèrent à la Pointe Allègre le 28 juin 1635 sous la conduite de Duplessis et de Liénal de l'Olive avec quatre religieux de l'ordre de Saint Dominique choisis par les soins de Richelieu et quatre cents colons engagés par contrat pour trois ans.
Belain d'Esnambuc était réputé pour son sens des relations qu'il souhaitait amicale avec les indiens caraïbes, qu'i considérait comme des alliés potentiels contre les anglais.
En dépit des bons rapports qu'ils entretinrent au début avec les Caraïbes une guerre acharnée contre les indiens Caraïbes va très vite être déclarée.
L'extermination systématique de la population autochtone fut entreprise sans doute du fait de Lienard de l'Olive, particulièrement brutal, autoritaire et sans scrupule alors que Duplessis était plutôt présenté comme un homme loyal.
Malheureusement Duplessis ne vécut que quelques mois sur l'île "aux belles eaux", la mort le prit le 4 décembre de la même année.

L'extermination du peuple Caraïbe :

De l’Olive, devenu seul gouverneur de l’île, commence alors une guerre d'extermination acharnée contre les indiens Caraïbes.
Le 26 janvier 1636 L'Olive déclare la guerre aux indiens, guerre qui durera jusqu’en 1639.
Elle se soldera par l'éradication presque complète des indigènes, exterminés par les guerres, les épidémies, l'alcool.
De l'Olive s’installe à la place d’un village Caraïbe où il fait construire le Fort Royal (actuel Vieux Fort) pouvant ainsi surveiller une grande partie de la côte.
12 décembre 1637 : L'Olive est de nouveau confirmé comme gouverneur de la Guadeloupe par Richelieu .
En 1641, après plusieurs années de guerres et massacres perpétrés par les colons, grâce à l'action d'Aubert, gouverneur de la Guadeloupe, un traité de paix fut conclut entre les derniers indiens caraïbes survivants de la Guadeloupe et les Français.
Par ce traité, les indiens acceptent de quitter définitivement l'île afin de rejoindre la Dominique.
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Eric
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MessageSujet: Une bien timide possession française   Dim 15 Fév - 10:48

C'est seulement en 1638 que l'île Santa Apolonia fut abordée par un voilier français, le Saint-Alexis. Ce navire, parti de Dieppe le 15 janvier, se dirigeait vers les Indes. Après avoir accosté en juin à l'île Rodrigues dans l'archipel des Mascareignes, le commandant du Saint-Alexis, Allonse Goubert, aurait pris possession de l'île Santa Apolonia vers la fin du même mois en attachant à un tronc d'arbre un blason aux armes du roi Louis XIII. Cette coutume, fréquente à l'époque, aurait été utilisée également par les Hollandais pour l'île Maurice. Toutefois, aucun Français ne demeura sur l'île Santa Apolonia. évidemment, il ne reste aujourd'hui aucune trace visible de la éprise de possession pour le Roy, par les navigateurs français de cette île jusque-là inhabitée.

En 1642, le gouverneur de l'île de Madagascar, Jacques de Pronis, embarqua sur un navire de la Compagnie française de l'Orient fondée par le cardinal de Richelieu (ministre de Louis XIII). De Pronis prit à nouveau possession de l'île qu'il nomma Mascarin et y planta un drapeau à un endroit qui se nomme encore aujourd'hui "La Possession" Puis, il poursuivit sa route vers l'île de Madagascar pour exercer ses fonctions. En 1646, une douzaine de mutins de l'île de Madagascar se rebellèrent contre les autorités françaises installées à Fort-Dauphin (au sud de l'île). Plutôt que de les exécuter ou de les livrer aux Malgaches, le gouverneur Jacques de Pronis décida de les exiler sur l'île Mascarin (aujourd'hui La Réunion).

En 1649, Etienne de Flacourt, envoyé par la Compagnie de l'Orient à Fort-Dauphin pour rétablir l'ordre à Madagascar, retourna Jacques de Pronis en France. Après avoir rapatrié les 12 mutins qui furent retrouvés en excellente santé, le gouverneur de Flacourt (mandat de 1648 à 1655) se mit " s'intéresser " l'île Mascarin. En décembre 1649, Etienne de Flacourt et le capitaine du Saint-Laurent, Roger Lebourg, prirent pour la seconde fois possession de l'île au nom du roi Louis XIV; cette fois, ils baptisèrent l'île du nom de Bourbon, en l'honneur de la dynastie régnante. Mais en dehors des animaux que les marins déposaient à chacun de leur passage, la toute "nouvelle" île Bourbon resta vide de tout habitant.
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