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 Saint Vincent de Paul

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AuteurMessage
urs staub
Roy


Nombre de messages: 2353
Date d'inscription: 11/05/2005

MessageSujet: Re: Saint Vincent de Paul   Mer 24 Sep - 21:57

Un livre sur Saint-Vincent de Paul.....

Matthieu BAUMIER
Saint Vincent de Paul
collection "Chemins d'Éternité", Éditions Pygmalion,
Date de parution : 15 février 2008
Prix : 19,90€
Format : 13 x 22 cm -- 201 pp.

Matthieu BAUMIER est romancier, essayiste et critique littéraire. Il collabore régulièrement à la Revue des Deux Mondes.
On est toujours heureux à la parution d'un ouvrage sur saint Vincent de Paul. Hélas ! les bras vous en tombent ! Comment peut-on publier un tel ouvrage tant l'histoire du XVIIe, la chronologie, et, bien sûr, les éléments de la vie de Vincent de Paul, y sont ignorés.
Tout au long du livre, l'auteur est marqué par l'un des principes de l'action de Vincent, l'avancée de la Contre-Réforme en France et la mise en oeuvres des décisions du Concile de Trente ; mais de là à en faire le moteur principal des oeuvres vincentiennes...
D'autre part, le Christ de Vincent est présenté avant tout un "Christ paysan" né dans l'enfance landaise et pastorale de celui-ci. Mais le Christ de Vincent est le "Fils de Dieu" , Sauveur qu'il faut annoncer au "pauvre peuple des champs" , c'est "la Mission" , Christ reconnu dans le pauvre, c'est le "Service des pauvres" .
Les fondations de Vincent, en particulier la Congrégation de la Mission et les Confréries de la Charité, sont souvent confondues dans un même statut ; les Confréries deviennent quelque chose comme une institution regroupée et organisée (p. 142 ; 152), alors qu'elles étaient autonomes.
La chronologie est écrasée : en 1618, Jean-François-Paul de Gondi, à la demande Vincent, intervient en faveur des galériens (p. 98) ; malheureusement en 1618, le futur cardinal n'a que 5 ans. L'auteur confond avec l'oncle, Henri de Gondi, évêque de Paris de 1616 à 1622. À plusieurs reprises l'auteur fait de Retz l'élève de Vincent alors que celui-ci n'a été précepteur des enfants du Général des Galères que de 1613 à 1617 (p. 78 ; 177). Molière n'avait que 7 ans à la mort de Bérulle (p. 72), il n'est donc pas le contemporain de celui-ci.
L'auteur donne une place importante aux relations entre Pierre de Bérulle et Monsieur Vincent. Toutefois, surtout après 1618 date à laquelle Vincent a trouvé son orientation et prend ses distances à l'égard de son maître, on a l'impression que Bérulle conduit toujours Vincent et en même temps que les antagonismes sont exaspérés (p. 89-90 ; 93 et passim).
Dans une biographie, même romancée, il est inacceptable qu'il ne soit fait aucune allusion à Gannes-Folleville, en 1617, l'une des expériences spirituelles et missionnaires majeures de Vincent.
Naturellement l'auteur ne pouvait pas manquer de s'étendre à sa manière sur la "captivité" (chap. III). Il n'y croit pas et c'est son droit. Mais il n'apporte aucun argument pour étayer son sentiment. Il se lance dans d'interminables développements sur l'alchimie et ses pratiques, pour se demander si, à l'époque, le parcours de Vincent ne serait pas une sorte de transmutation alchimique vers la conversion (p. 52-57).
On nous donne aussi de longs développements sur Saint-Cyran (p. 132-137), le Jansénisme ses causes, ses protagonistes et la position de Vincent dans ce mouvement (p. 156-168). Le moins qu'on puisse dire c'est que l'auteur ne semble pas très familiarisé avec les notions de "grâce", "libre arbitre", le "Molinisme", la doctrine de saint Augustin , "Fréquente communion" ; c'est au total, un véritable galimatias.
Osera-t-on relever les erreurs historiques ?
- «[Louise de Marillac] elle emménage dans une petite pièce du Collège des Bons-Enfants.» (p. 112) Quelle ignorance des usages et des relations hommes-femmes dans ce milieu ! Cela provoque notre hilarité, alors que Louise avait son propre appartement, près de l'église Saint Nicolas-du-Chardonnet.
- «Louise de Marillac dont François de Sales est le Directeur spirituel.» (p. 96) Avant Vincent, Louise a v ait eu pour directeur Jean-Pierre Camus, Évêque de Belley et non l'Évêque de Genève.
- «Le statut [de la Confrérie de Châtillon] donne naissance aux Filles de la Charité.» (p. 85) Oui, mais 16 ans après, en 1633, et à Paris.
- À Châtillon encore, la famille malade à deux lieu es , «une famille peu intégrée à la paroisse. L'indifférence frappe l'esprit de Vincent de Paul.» (p. 84) Pourquoi "peu intégrée" ? L' indifférence n'est pas si grande : les gens vont en grand nombre soulager cette famille ("on aurait dit des processions")
- «Dames et Filles se mêleront une dizaine d'années plus tard [après 1633] quand il n'y aura plus ni Filles ni Dames - juste des soeurs.» (p. 116) Que veut dire l'auteur ? Les Dames ont continué jusqu'à aujourd'hui, ainsi que les Soeurs.
- Les Conférences des mardis : «...le public s'élarg it rapidement et les conférences accueillent jusqu'à deux cent cinquante personnes, dont une majorité d'ecclésiastiques. Les Soeurs, aussi, sont conviées.» (p. 119) 250 participants, c'est beaucoup (!) où les aurait-on réunis à St-Lazare ? Ces réunions étaient destinées uniquement aux prêtres.
- «Le risque est que les membres de la Mission n'aillent pas au bout de leurs engagements. Qu'ils abandonnent en route pour rejoindre d'autres congrégations. Les prêtres prêts à tout sacrifier au profit de la Mission évangélisatrice et de la Charité ne sont pas si nombreux. La concurrence est forte entre les structures à même de les accueillir. La solution passera par des voeux annuels.» (p. 142) Comme les Filles de la Charité, pense l'auteur. Si les vœux sont annuels, les prêtres n'iront pas au bout de leurs engagement ; ce serait contradictoire, en fait les vœux des premiers Lazaristes furent perpétuels dès le début.
- «le Conseil [de Conscience] voit ses prérogatives s'étendre. Son rôle est central. Il nomme aux charges ecclésiastiques et attribue les bénéfices. Nombre de prêtres issus de la Mission en profitent.» (p. 152) Aucune charge ou bénéfices n'ont été attribués à des Prêtres de la Mission par le Conseil de Conscience ni par d'autres organismes.
- «le Conseil de Conscience est responsable de tout ce qui concerne l'hôpital, l'organisation de la charité et de la scolarité. Des domaines formant la vie quotidienne du prêtre.» (ibid) Le Conseil proposait les nominations aux charges, rien de plus.
- Aucun Évêque n'avait été membre de la Congrégation de la Mission. (p. 143 ; 181)
- «La Mission ouvre une maison à Rome. [...] L'expansion masque la figure de la duchesse d'Aiguillon qui est la principale bailleresse de fonds de la congrégation de la Mission entre 1643 et 1645. Elle est l'épouse de la personnalité la plus influente du Saint-Sacrement. Ce n'est pas anodin. L'action de Vincent se déroule dans le sillage du monde des dévots.» (p. 153)
Marie de Vignerod, marquise de Combalet, duchesse d'Aiguillon, veuve de ce Combalet à 18 ans, a voulu être carmélite, Richelieu s'y opposa. Elle ne se remaria pas. Cette allusion à une personnalité du St-Sacrement est, à tout le moins, obscure.
- Les réflexions sur le mariage et la vie des couples princiers sont grossières. (p. 95)
- On nous dit qu'en 1652, durant la Fronde, «En juillet, on se bat sous les fenêtre de Vincent de Paul, porte St-Antoine.» (p. 183) Sur un plan de Paris, on s'aperçoit que St-Lazare est bien loin de la porte St-Antoine...
- L'auteur insinue que Vincent prenait part aux intrigues contre Richelieu (p.171), méprisait Mazarin (p.172), était peut-être mandaté par les ennemis de Mazarin pour faire sa démarche auprès de la Reine et du Ministre, en janvier 1649, pour demander le départ de ce dernier : il n'y fut mandaté par personne sinon par son désir de la paix.
- Matthieu Baumier place sur le même plan les implantations effectives des Lazaristes, comme celle de Madagascar, et celles qui ne furent que des projets, il cite la Perse et l'Arabie Heureuse (le Yémen actuel), (p. 155) , qui n'aboutirent jamais.
- Nous apprenons aussi – c'est vraiment un scoop – que «Vincent et Louise reposent aujourd'hui de concert, inséparables, dans la chapelle de la Visitation de Paris.» (p. 112) Que c'est drôle ! Cet auteur romancier n'est-il jamais allé à la Chapelle Saint Vincent de Paul, 95 rue de Sèvres, où se trouve la Châsse de Saint Vincent, et à la Chapelle de la Médaille Miraculeuse, 140 rue du Bac, où on voit le cénotaphe de Sainte Louise ?
- Dans l'épilogue, on nous gratifie d'un néologisme, vincentinien , pourquoi pas ? Cela indique pourtant que l'auteur n'a pas beaucoup fréquenté la littérature et les milieux vincentiens .
- Enfin dans l'épilogue encore, l'auteur s'autorise -- et c'est son droit -- à des élévations sur la condition humaine, l'évangélisation, le christianisme, etc... : «Il [Vincent] sait que le Christianisme est un processus d'hominisation.» (p. 193). Le mot est employé cinq fois. Or les dictionnaires définissent l'hominisation : « Ensemble des processus évolutifs par lesquels les hommes ont acquis les caractéristiques qui les distinguent des autres primates ». Confondre humanisation et hominisation témoigne d'une curieuse connaissance de la langue française...
Et puis il y a ces détails sans grande importance mais qui montrent une recherche superficielle et une rédaction très hâtive : les "échasses" du petit berger (p. 14), apparues dans les Landes au 18è siècle ; la "vache" (p. 23) remplaçant la paire de boeufs vendue par le père pour payer les études de Vincent ; le Paris de 1609, "Babylone et Sodome" (p. 63) ; des mots très spécifiques du droit rural "capcazal" et "capcazalier" [propriétaire notable jouissant de droits spéciaux] (p. 21) ; Et des distractions : "cabotinage" pour le "cabotage" de Vincent entre Marseille et Narbonne (p. 48), "au fait de la gloire" pour "au faîte" (p. 77). Mais laissons là ces petites scories.
Le style est très haché et elliptique ; beaucoup de phrases n'ont qu'une ligne.
Un ouvrage sur Vincent de Paul recueillera assurément un succès de librairie, l'expérience l'a montré. Mais pourquoi ne pas recourir aux historiens de Vincent et à leurs publications récentes et valables, particulièrement aux disciples de Saint Vincent ? Ce recours eût évité à l'auteur bien des mécomptes.
Non, le "Saint Vincent de Paul" de Monsieur Matthieu BAUMIER n'est pas une réussite. Pour retracer la silhouette d'un personnage aussi connu que Vincent, au nombre infini de biographies, d'articles, de films, de représentations iconographiques, etc... père de la "Famille vincentienne" qui compte ses membres par millions (*), il est impardonnable et désinvolte d'avoir accumulé autant d'erreurs et d'erreurs aussi grossières.
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Richeliette
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MessageSujet: Re: Saint Vincent de Paul   Mer 13 Mai - 16:55

Une image pour une personne qui m'est très chère

St Vincent au chevet du Roi Louis XIII



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Les plus nobles conquêtes sont celles des cœurs et des affections.
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Saint Vincent de Paul

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