Extraits pour la duchesse d'Aiguillon.....
du
livre de Céci.....MERCI...
Dans le livre de Dominique Helot-Lécroart [1985]
''Le Domaine de Richelieu à Ruel''
Tous les auteurs contemporains célèbrent sa beauté: ''taille élevée, élégante, admirables épaules'' - au contraire de son frère François - '' tout petit, tout laid, tout malingre.''
Dès la mort de son ministre, Louis XIII envoie un gentilhomme chez la duchesse d'Aiguillon et chez les maréchaux de Brézé, de La Meilleraye et de Guiche, les assurer ''de la continuation de sa bienveillance royale envers eux et tous les leurs, et que s'ils avaient perdu un bon parent, il leur restait en lui un bon maître qui ne les abandonnerait jamais.''
Le château du Val et le bourg de Rueil ne furent pas abandonées de la duchesse d'Aiguillon après la mort de son oncle. Voulant favoriser l'instruction de la population ruelloise, elle fait venir de Paris, en 1643, deux religieuse des ''Filles de la Croix'' et les installe dans ''la Maison Mandosse'' celle-ci ayant l'avantage d'avoir son entrée près du bourg. Plus tard, cette congrégation s'installera et se dévloppera rue Saint-Denis [rue Paul Vaillant Couturier] toujours sous la protection de la Duchesse.
Olivier Levèvre d'Ormesson relate aussi les échos qu'il a de Ruel par M. de Breteuil.
La musique semble tenir un grand rôle dans ce séjour, la reine y était particulièrement sensible; et le château devenant trop petit pour tout ce monde, Mazarin doit loger dans la ''basse cour'' (la basse cour comprenait des bâtiments de ferme, et également ''la Maison Mandosse'') et Mademoiselle habiter dans le bourg.
Le 3 juillet 1644: vers onze heures du matin on célèbre au Château de Ruel par un splendide festin le Traité d'Alliance entre France et Angleterre. Il doit être renouvelé. Leur Majestés regagnent Paris le 5 juillet. Une preuve supplémentaire de l'estime de la Reine Régente, Anne d'Autriche pour la nièce du cardinal de Richelieu.
Cela n'empêche toutefois pas que le 2 août 1644, une sentence des requêtes du Palais n'ordonne la réunion de la châtellenie de Ruel à l'abbaye de Saint-Denis; celle-ci désire retrouver ses revenus! 15 juin 1645 mariage à a chapelle du château entre Julie-Lucine de Rambouillet avec le marquis de Montausier.
Fin 1645, Dissié, maçon de Ruel envoie la facture pour les travaux de la cascade et du fontainier.
Le 28 avril 1646: la duchesse d'Aiguillon rend Foi & Hommage à l'abbaye de Saint-Denis pour les fiefs du Val de Ruel, Mandosse et de la Pallée, cet acte sera renouvelé en 1657 & 1661 où nous aurons plus de détails.
15 juillet 1647: marché avec le sculpteur Biart pour une statue du cardinal, une de la Vierge & fils et le retable du grand autel de la Sorbonne sur un dessin de Lemercier pour 33'000 livres et, comme recompense, 4 muids de son vin, cru du Château de Ruel.
Fin de 1647: beaucoup des travaux de peintures au château comme au dehors.
26 août 1648: ''Journée des Barricades''.
La duchesse offre son château à la famille royale avec magnifique réception et des honneurs. [14/15 - 24 septembre, après elles se logent à St.Germain]
6 janvier 1649: la Fronde éclate de nouveau.
11 janvier à 10 heures du soir est signé - à demi chemin entre Saint-Germain et Paris - ''la Paix de Ruel''.
18 avril 1649 la fête du sacré de l'éveque de Rodez, Hardouin de Péréfixe, est célébré à Ruel. [voir: '' l'affaire de l'abbé Blache'']!
En 1658 Marie de Vignerot, duchesse d'Aiguillon présente une requête au Conseil Privé du roi contre Antoinette Charron, veuve de Jean Moisset [mort 1620], ex-propietaire du château du Val. Cette femme réclame les biens venant de son beau-père et ceux de Pierre Payen, son légataire universel, dont le château du Val de Ruel. Elle présente même une requête au Parlement de Paris, car elle prétend avoir besoin d'argent étant poursuivie par les prisonniers des cachots de la conciergerie du palais. Ceux-ci réclament le paiement d'aumônes effectivement portéeà leur intentions dans le testament de Moisset.
Il faut une certaine audace pour ne pas hésiter à s'attaquer ainsi une duchesse, paire de France; celle-ci trouve que son oncle a déjà payé bien cher ce château ''qui n'était bon que pour abattre'' [dit-elle] et qui ne produisait aucun revenu. Bien entendu Antoinette Charron est déboutée de sa demande et la duchesse n'aura pas à répondre à l'assignation devant le Parlement.
Le 3 février 1661 '' Aveu, Foi & Hommage '' rendu par la duchesse d'Aiguillon à Jules Mazarini (1600 - 3.3.1661), abbé de Saint-Denis en France pour la prévôté et châtellenie de Ruel.
Pour la premièr fois nous est donnée la composition du domaine:
Plusieure bâtiments, chapelle et tripot entourés de fossés à fond de cuve, garnis de pierres de taille et pont levis, cours et basses cours, écuries, ménagerie et autres logements, jardins en parterres et potagers, orangerie et cerisaie, vergers et perspectives, ronds d'eau et cascades dont l'eau vient de l'entière décharge de l'étang du Bois y étant conduite par tuyaux et pierrées, cascades, grottes, fontaines, canaux, étangs et parterres d'eau, bois de haute futaies et taillis, bois verts, garennes, vignes, prés, et terres labourables; le tout en fief et en un tenant et seul enclos de hautes murailles proche du bourg de Ruel, contant 97 arpents, 33 perches, tenant d'un côté au chemin pavé qui conduit du bourg de Ruel à Saint-Cloud {Boulevard de Richelieu}, d'autre côté au chemin qui conduit de Saint-Cloud à Poissy [route de l'Empereur}, d'un bout sur le chemin de Ruel à Buzenval {avenue de Buzenval} et d'autre bout aux murs dudit bourg de Ruel {rue Girouix}, plus différents terres et vignes au dehors du parc.
En 1666 Louis XIV portait le désir acheter, par l'intermédiaire de Colbert, ce paradis terrenale à la héritière de Richelieu. Mais elle savait se sauver en mettant adroitement des obstacle. Le roi va construir son Château de Versailles - en étudiant par Le Nôtre les fameux jardins de Ruel.
Elle était présent à l'enterrement de la soeur Charlotte de Lancy, qui fut à l'origine de l'installation des ''Filles de la Croix'' de Ruel. On l'a vit ''prier Dieu sur la fosse avec une grande douleur et dévotion, la regrettant beaucoup; elle en avait fait une de ses confidentes parce qu' elle lui trouvait un fort bon esprit et la consultait sur plusieurs choses, ayant grande foi à ce qu'elle lui disait''.[La Gazette de France]