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| Auteur | Message |
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Richeliette Eminentissime

Nombre de messages: 2480 Age: 37 Localisation: auprès du Cardinal Date d'inscription: 08/05/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Jeu 19 Mai - 8:29 | |
| sous ses airs angéliques, c'est un vrai coquin de diable qui se cachait  _________________ Les plus nobles conquêtes sont celles des cœurs et des affections. 
Dernière édition par le Ven 3 Fév - 16:13, édité 1 fois |
|  | | Mme de Combalet Duc

Nombre de messages: 653 Localisation: Le Palais Cardinal Date d'inscription: 09/05/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Sam 21 Mai - 8:35 | |
| Je ne crois absolument pas que entre Richelieu et la Reine ait eu lieu une relation, mais je vois qu’ils se sont rendus à un jeu subtil et dangereux pendant beaucoup d’années…, très curieux !  _________________ "La mort n'a qu'un instant, et la vie en a mille." Armand-Jean du Plessis de Richelieu
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|  | | urs staub Roy

Nombre de messages: 2353 Date d'inscription: 11/05/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Mar 25 Juil - 15:42 | |
| je ne souviens plus si j'ai mis cela ...mais ben... La musique est omniprésente en France au XVIIe siècle, aux bals champêtres, sur les foires, sur les scènes de théâtre, à la Cour, dans les Ruelles du Marais, dans les églises. Elle prend différentes formes suivant les circonstances, les interprètes et le public. Ces différents genres, airs de cour, spectacles lyriques, ballets, musique de chambre, musique religieuse tendront à s'uniformiser à la fin du XVIIe siècle à cause de l'hégémonie artistique exercée par la Cour et l'influence de plus en plus forte du goût du Roi. Vaguement désigné sous le terme "classique" jusque dans les années 60 en France, des historiens de la musique, notamment Philippe Beaussant, ont réussi à définir le style baroque, à le réhabiliter, en lui ôtant sa connotation péjorative et en analysant ses caractéristiques et le tournant majeur qu'il constitue dans l'histoire de la musique et de l'art en général. Les musiciens Les jeunes gens, d'une famille de musiciens (comme les frères Couperin), ou prédisposés par une belle voix ou une aptitude particulière pour un instrument, peuvent au XVIIe siècle accéder à une "maîtrise" (école de musique attachées aux cathédrales ou collégiales) en province, où ils apprennent le solfège et un instrument (l'orgue) et le chant. Ils doivent ensuite voyager pour se faire une réputation et arriver à vivre de leur art. Les plus doués et les plus privilégiés accédaient à la Musique du Roi, composée des musiciens de la Chambre (pour les divertissements, concerts, ballets) et de l'Ecurie (pour les fêtes champêtres). La Chapelle, composée d'un choeur d'enfants, d'hommes et d'instrumentistes (cornets, violes, flûtes et orgues), se chargeait des offices religieux. Ces musiciens du roi, le surintendant de la Chambre, les compositeurs et sous-maître de la Chapelle, constituaient l' "aristocratie" de la profession et étaient de ce fait très enviés, d'autant plus qu'ils jouissaient d'un accès privilégié à l'unique éditeur de musique, la "firme" Baillard. Ainsi les principaux rivaux de Lully comme Guillaume Bouzignac ou Marc-Antoine Charpentier, restèrent longtemps dans l'ombre. Toutefois, pour les musiciens qui ne travaillaient pas pour les maisons royales ou les églises, il restait les particuliers, nobles ou bourgeois, qui avaient deux ou trois musiciens à leur service : chanteurs, violistes et luthistes. Ainsi Richelieu qui était connu pour avoir une "inclination particulière" pour la musique pensionnait huit à douze chanteurs professionnels réputés, qui le suivaient même dans ses déplacements; de même Gaston d'Orléans ou le duc de Nevers (Madame Deshoulières dû profiter des concerts de cet ami) entretenaient une importante équipe de musiciens. Dans les salons du Marais, que fréquente Antoinette, les airs chantés au luth ou au théorbe sont particulièrement à la mode. Le chant et la pratique de ces deux instruments font partie de l'éducation des jeunes gens ; les femmes, surtout, jouent du luth. On retrouve ainsi fréquemment ce thème dans la peinture de l'époque (ci-contre). Les dames les plus courues, l'étaient aussi pour leur talent de chanteuse ou de luthiste, Angélique Paulet, Marion Delorme ou Ninon de Lenclos... Melle de Scudéry aimait aussi poser avec son luth... Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle le clavecin supplante le luth ; on préfère désormais aller au concert, entendre plusieurs musiciens professionnels jouer ensemble. Les concerts se développent donc, la formation des musiciens se "démocratise", les instrumentistes se regroupent en de véritables orchestres (comme les Petits Violons de Lully) et les instruments se perfectionnent. En marge de cette vie musicale de la noblesse et haute-bourgeoisie vivaient toujours, dans les campagnes, les descendants des ménestrels et troubadours du moyen-âge apportant aux villages chansons, sonnets et épigrammes, interprétés au théorbe ou au luth. Le plus fameux d'entre eux étaient Charles Coypeau, sieur d'Assoucy ou Dassoucy, très connu sous Louis XIII, choisit en 1650 par Corneille pour la musique des intermèdes d'Andromède. La chanson reste le mode d'expression populaire en vogue, sous forme de pamphlets, elles sont imprimées anonymement et circulent sous le manteau (sous la Fronde contre Mazarin, sur les guerres et mauvais traités de paix contre le roi, etc.). A partir de 1672 et la fondation de l'Académie Royale de musique et de danse, sur le modèle du ballet de cour et des récits chantés que l'on donnaient à Rome, Florence ou Venise (apportés en France par Mazarin), la musique se lie au théâtre et devient accessible au grand public. Ce sont les premiers opéras français; ceux de Lully restés célèbres : Cadmus et Hermione, Atys, Amadis ou Roland, caractéristiques du style baroque en France. |
|  | | urs staub Roy

Nombre de messages: 2353 Date d'inscription: 11/05/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Mar 25 Juil - 15:43 | |
| Compositeur et professeur de chant né à Champigny-sur-Veudes, décédé à Paris. Enfant de choeur à la chapelle de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, il est connu comme chanteur à Paris dès 1636 et une utation comme professeur de chant. Les documents ont conservé les éloges de la chanteuse Anne de la Barre, qui écrit à Constantin Huygens qu'elle a le meilleur des professeurs (21/07/1648). Perrin le surnomme l'Amphion moderne. Le Cerf de le Viéville dit qu'il est le meilleur maître des deniers siècles. Titon du Tillet rapporte un charmant concert au cours duquel Lambert s'accompagnait au théorbe. Il est le protégé du cardinal de Richelieu, de Fouquet de Gaston d'Orléans et de sa fille, Mademoiselle de Montpensier. Il est aussi admis dans les salons précieux, celui de la marquise de Rambouillet (1588-1665), puis après 1650 dans celui de Madeleine de Scudéry (1607-1701). Marié en 1641 avec une chanteuse, Gabrielle Dupuy (leur fille épousera Lully). La soeur de Gabrielle Dupuy, Hilaire, est également une chanteuse qui tient sa célébrité en partie grâce à l'interprétation des oeuvres vocales de Lambert. Il apparaît 1651 comme danseur dans un ballet donné à la couir de Louis XIV. A partir de 1656, sa réputation comme compositeur est établie et ses airs sont régulièrement imprimés dans les collections de Christophe Ballard. Il participe à l'édition du traité de Jean Blanchet (1724-1778), L’art ou les principes philosophiques du chant par M. Blanchet. Deuxième édition, corrigée et augmentée (Paris, Augustin Martin Lottin, Michel Lambert, Nicolas B. Duchesne 1756 (24 exemplaires conservés). En 1660, paraît un recueil consacré à ses airs avec basse continue, dans lequel il rend hommage à Pierre de Nyert qui a rapporté d'Italie l'art de chanter (professeur de chant et de luth, il exerce à Grenoble vers 1620). En 1661, il est maître de musique de la chambre du roi, alors que son gendre est surintendant de la musique. Durant ces années, il écrit plusieurs pages destinées aux ballets de Lully. Il fut aussi chargé de l'enseignement des pages de la chapelle royale et des répétitions pour les choristes de la chambre du roi. |
|  | | Richeliette Eminentissime

Nombre de messages: 2480 Age: 37 Localisation: auprès du Cardinal Date d'inscription: 08/05/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Mar 25 Juil - 16:25 | |
| Merci Urs... super instructif!  _________________ Les plus nobles conquêtes sont celles des cœurs et des affections.  |
|  | | rosalbavirginia Cardinal

Nombre de messages: 318 Localisation: Rome, Campo Marzio, auprès de st. Louis des Français Date d'inscription: 09/08/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Sam 29 Juil - 11:13 | |
| tout cela est très interessant mais...  je demande à Hurs le nom du sujet de la dernière notice: ( il n'y a pas de dates de naissance et de mort?) GRAND MERCI!  _________________ SATIABOR CUM APPARUERIT GLORIA TUA [psaume 16] ( Richelieu, testament, 23 mai 1642)
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|  | | urs staub Roy

Nombre de messages: 2353 Date d'inscription: 11/05/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Lun 31 Juil - 20:44 | |
| je ne me souviens encor pas trop (j'ai ranger mes archives) mais c'etait LAMBERT |
|  | | FriedrichWilhelm Herschel Evêque

Nombre de messages: 193 Localisation: auprés du Grand-Maître et Surintendant de la Navigation Date d'inscription: 23/09/2005
 | |  | | urs staub Roy

Nombre de messages: 2353 Date d'inscription: 11/05/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Mer 2 Aoû - 15:34 | |
| 1631: Musique Concert donné le 13 novembre 1631 à Estampes par l'orchestre du roi De Chasteau Thierry le 19 dudict mois de Nouembre audit an 1631 L'Ambassadeur extraordinaire de Pologne est logé à vn quart d'heure d'icy en vn village nommé Estampes, où il est deffrayé par le Roy auec les soixante & dix personnes de sa suitte. Sa Maiesté sçachant qu'il se plaisoit à la Musique luy enuoya la sienne le 13 de ce mois. Concert donné le 16 novembre 1631 à Château-Thierry par l'orchestre du roi De Chasteau Thierry le 19 dudict mois de Nouembre audit an 1631 Le mesme iour 16. du courant sa Maiesté regala le Cardinal de Sauoye & le fit disner à sa table où il fut assis du mesme costé, mais enuiron d'vne toise au dessouz de sa Maiesté. On peut iuger que rien ne manqua à ce festin Royal, puis que ceste musique dont tout le monde fait si grande estime n'y fut pas oubliee sur le soir : où la Reyne & toutes les autres beautez de la Cour se trouuerent si bien parees que leurs seuls brillans marquoyent assez ce iour-là pour vne feste & resiouissance publique. 1632: Musique Musique Royale le mardi 22 juillet 1632 De M[ ???} le 22 Juillet 1632. Le vendredy seiziesme du courant sur les 9 heures du soir - le Roy arriua icy de S. Disier. Le Roy a esté tous les iours à la chasse, excepté Mardi dernier auquel vne pluye continuelle obligeant au couuert, seruit d'occasion fauorable aux oreilles de toute la Cour, pour se laisser doucement rauir aux concerts de la musique Royalle, la plus harmonieuse qui soit au monde. |
|  | | urs staub Roy

Nombre de messages: 2353 Date d'inscription: 11/05/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Mer 7 Fév - 2:40 | |
| MUSIQUES POUR GASTON D'ORLEANS MOULINIÉ DOMINIQUE VISSE Originaire du Languedoc (Laure-Minervois, près de Carcassonne), c’est après une formation musicale à la cathédrale Saint-Just de Narbonne qu' Etienne Moulinié (1599-1676) joint Paris en 1621 sur invitation de son frère aîné Antoine, alors chantre de la Chapelle et de la Chambre du roi. Paradoxalement à sa formation musicale, par laquelle il semblait plutôt préparé à composer de la musique religieuse polyphonique, Étienne Moulinié ne tarde pas à se faire connaître des parisiens en composant dans le genre mis à la mode par Pierre Guédron et Antoine Boesset : l’air de cour. Son premier recueil d’Airs avec la tablature de luth, publié en 1624, marque le point de départ d’une brillante carrière, jalonnée par la parution, entre 1625 et 1668, de neuf autres livres d’airs, à la fois à 4 et 5 parties et pour voix seule et tablature de luth ou guitare. Attaché à la maison de Gaston d’Orléans, frère unique du roi, dont il est nommé intendant de la musique dès 1627, Étienne Moulinié participe à de nombreux ballets dansés chez le duc ou à la cour royale. Sa production considérable dans le domaine de la musique profane (près de 200 airs de cour, airs à boire et de ballets), originale et relativement indépendante des modes musicales dominantes - de la cour royale notamment -, témoigne de la grande liberté de ton qui régnait dans la joyeuse Maison d’Orléans, mais révèle également un musicien d’une profonde sensibilité. L'ensemble Clément Jannequin est très connu comme interprète du répertoire de la Renaissance. Mais, avec le Centre de Musique Baroque de Versailles, il a plusieurs fois réalisé quelques incursions dans le répertoire du début de l'époque baroque. Par ailleurs Dominique Visse connaît bien Moulinié qu'il a interprété sous la direction de William Christie lorsqu'il faisait partie de la première équipe des Arts Florissants. A lui maintenant de défendre ce compositeur essentiel du XVIIe siècle français. a écouter ? |
|  | | Richeliette Eminentissime

Nombre de messages: 2480 Age: 37 Localisation: auprès du Cardinal Date d'inscription: 08/05/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Mer 7 Fév - 13:29 | |
| à trouver d'abord  _________________ Les plus nobles conquêtes sont celles des cœurs et des affections.  |
|  | | urs staub Roy

Nombre de messages: 2353 Date d'inscription: 11/05/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Mer 7 Fév - 17:28 | |
| je serais intéressé bien au tabulature de luth et guitar de ce musicien je n'ai jamais écouté un mot mais ça, là-haut, c'est la propagande d'un CD |
|  | | urs staub Roy

Nombre de messages: 2353 Date d'inscription: 11/05/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Mer 7 Fév - 17:38 | |
| Moulinié Étienne Moulinier, Moulinière, Molinié v. 1600-v. 1670 Compositeur. Enfant de Choeur à la cathédrale de Narbonne. En 1624, il rejoint son frère Antoine qui est chanteur de la chambre du roi. De 1628 à 1660 il est directeur de la musique de Gaston d'Orléans, frère du roi, pour lequel il compose les musique tant religieuses que profanes, airs et ballets. De 1634 à 1649, il est maître de musique de Mademoiselle de Montpensier, la fille de Gaston d'Orléans pour laquelle il compose les airs du ballet des quatre monarchies catholiques. En 1661, après la mort de son principal protecteur, il obtient la charge de directeur de la musique des États du Languedoc. Oeuvres Verchaly A. (éd.), Airs de cour pour voix et luth (1603–1643). Paris, 1961) [avec 7 airs de Moulinié] 1624 — Airs avec la tablature de luth [5 v., dont 2 perdu] 1625-1639 — Airs de cour à 4 et 5 parties [5 v.] 1636 — Missa pro defunctis [éd. D. Launay, Paris 1952] 1658 — Meslanges de sujets chrestiens, cantiques, litanies et motets. [éd. D. Launay & J. Duron, Versailles 1996] 1668 — Airs à 4 parties 1668 — Motets offerts à la province de Languedoc [perdu] Une quarantaine d'airs et paraphrases sacrées dans divers recueils et manuscrits dont les ms. Rés.Vm7 510 & Rés.Vma 571 de la Bibliothèque nationale de France. WIKIPEDIA: Étienne Moulinié (1599-1676) est un compositeur français de l'époque baroque. Il est né dans le Languedoc et, enfant, il a chanté à la cathédrale de Narbonne. Grâce à son frère Antoine, Moulinié obtint un poste à la Cour comme maître de musique de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII. Il écrivit des musiques sacrées et profanes pour voix, pour voix et luth ou avec basse continue. Il écrivit également des musiques de ballet et de danse. Moulinié travailla pour Gaston d'Orléans jusqu'à la mort de celui-ci en 1660, et retourna alors dans son pays natal pour trouver un nouvel emploi. Moulinié écrivit des œuvres telles que ses airs de cour et airs à boire. Ses airs de cour sont de forme strophique et syllabique, mais de forme généralement assez libre. Son œuvre a été publiée sous différentes formes (pour voix seule, pour voix avec basse continue) et plusieurs ont été transformées en œuvres liturgiques. Son travail a probablement été influencé par la musique d'autres pays, et notamment par les musiques de danse d'Espagne et d'Italie. |
|  | | urs staub Roy

Nombre de messages: 2353 Date d'inscription: 11/05/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Jeu 29 Mar - 3:30 | |
| j'aime beaucoup le clavecin: eh bien alors il faudrait étudier M. Chambonnières La duchesse d’Anguien [Enghien] fut l’une de ses protectrices. Chambonnières lui dédia, en 1670, le Premier Livre de ses pièces de clavecin, lesquelles paraissaient enfin. En effet, ce ne fut que dans sa vieillesse, deux ans avant sa mort, qu’il se décida à donner au public : "Les Pieces de Clavessin de Monsieur de Chambonnieres." Livre Premier et Livre Second (sans doute parus dans le même temps) somptueusement gravées. |
|  | | urs staub Roy

Nombre de messages: 2353 Date d'inscription: 11/05/2005
 | Sujet: Re: Richelieu et la musique Mer 11 Juil - 5:02 | |
| Extrait de : Rueil, château de Richelieu (par Jul. Jacquin & Jos. Duesberg) 1846 Richelieu menait un grand train de maison; et ce devait être un merveilleux spectacle que de le voir revenir à Rueil, à la suite d'une expédition victorieuse contre quelque rebelle. En voyage, il avait d'abord sa litière et puis son carrosse du corps; deux carrosses pour ses secretaires, ses médecins, son confesseur et les autres qui approchaient de sa personne. Dix-huit mulets avec six charrettes, à quatre chevaux chacune, menaient son bagage; il y avait un fourgon et six chevaux de somme pour les ustensiles de cuisine et de l'office. Le nombre de ses pages était d'ordinaires de vingt-quatre; quelquefois il y en eut jusqu'à trente-six. Les fils des premières familles tenaient à bonheur de servir son Eminence: ils pouvaient prétendre aux plus hautes charges de l'État. Le cardinal avait une musique composée des plus rares personnes de cette profession qui fussent en France, tant pour les instrument que pour les voix, au nombre de douze, auxquels on fournissait les chevaux pour les voyages. Et cette musique, le cardinal l'emmenait partout avec lui: il avait le sentiment des arts avec une logique trop rigide, une puissance trop impérieuse de raisonnement pour laisser à l'imagination l'élan et la spontanéité qu'exige la production poétique. Le son des instruments calmait les accès de noires terreurs qui venaient saisir sa grande âme, quand, épuisée par des luttes formidables, elle s'affaissait sur elle-même et fléchissait sous le poids de la victoire.Alors aussi il avait besoin, pour se rassurer, de cet appareil guerrier qui rendait son train plus majestueux et plus auguste. Après la conspiration de Chalais, le roi lui permit d'abord cent gardes à cheval, commandés par un capitaine, un lieutenant, un enseigne, deux maréchaux-de-logis et quatre brigadiers. En 1632, l'escorte de son Eminence fut augmentée de deux cents mousquetaires à pied, avec capitaine, un lieutenant, un enseigne et quatre sergants; d'une compagnie de gendarmes et d'une compagnie de chevau-légers; ces officiers était les plus qualifiés et les plus braves du royaume; lesquels gardes à cheval et à pied étaient payés tous les mois par son argentier. Son Eminence avait quatre tables dans sa maison: celle des valets de pied et des officiers de cuisine; celle du maître-d'hôtel où dînaient les pages et les officiers de la maison; une table de trente couverts pour les gentilshommes de condition à son service; enfin, la sienne, qui avait ordinairement quatorze couverts; on y voyait le plus souvent les cardinaux de La Valette, Mazarin, le maréchal de Brézé etc.; ....mais monsieur le cardinal n'y dînait pas toujours, il manquait même souvent. (La première table était la sienne, quoiqu'il n'y mangeât pas toujours; car, outre qu'il ne soupait pas, ses incommodités l'empêchaitent souvent de diner en compagnie. [Aubery] Il avait quatre tables dans son palais, et il n'y mangeait pas; c'était sans doute, lorsqu'il voyait briller quelque part un poignard qui rôdait autour de lui, ou, lorsqu'il avait par mégarde jeté les yeux sur Saint-Sébastien que le duc de Montmorency lui avait légué au moment d'aller à l'échafaud. |
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