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 Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]

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urs staub
Roy


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MessageSujet: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Mar 27 Nov - 17:43

Il y a aujourd'hui 365 ans.... dès que les...

DERNIERS JOURS du CARDINAL DE RICHELIEU

ont commencé!

Je vais mettre, chaque jour - selon les jours correspondents de sa vie -
un travail que Céci et moi ont réalisé.

C'est de "ré-unir" tout ce que nous avons pu arracher des écrits historiques et des autres sources, afin de comprendre mieux ce qui c'était passé la dernière semaine du novembre & la première semaine du décembre 1642 à Paris.

Ce travail porte avant tout l'intention de :


~ * ~ E N ~ M É M O I R E ~ du CARDINAL ~ * ~
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urs staub
Roy


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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Mar 27 Nov - 17:50

CARDINAL DE RICHELIEU


~ LES DERNIERS JOURS ~


Sources de références:
1) Récit particulier etc..... «Escript à Paris, le lendemain de son décez, 5 du mesme mois»
[ANONYME: copié de la main de Théodore Godefroy].

2) Lettres à Monseigneur le Marquis de Fontenay-Mareuil, Ambassadeur de sa Majesté à Rome, au sujet du trépas de Monseigneur l'Eminentissime Cardinal de Richelieu. Signé: F.S.D.I.C., à Paris, le 7 Décembre 1642.

3) Mémoires du Comte de Montrésor.

4) Alexandre Dumas Père: "Louis XIV et son siècle".

5) Alfred de Bonneau-Avenant: "La Duchesse d'Aiguillon et ses oeuvres charitables", édition de 1879.

6) Biographie[s] de: Hyac. Corne (1856).

7.) Tallemant des Réaux ~ 1650.


%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%

~ * ~ 1 6 4 2 ~ * ~


FIN NOVEMBRE - DÉBUT DÉCEMBRE

L'affaire de Cinq-Mars avait abattu l'âme et épuisé les forces du roi comme celles de Richelieu. Le premier ministre se sentait partout menacé, entouré d'ennemis et forçait le roi de chasser les amis du comploteur. C'étaient les commandeurs des gardes royales: MM. de Tilladet, La Sale et Des Essarts. Leur congé commençait enfin mercredi, le 26 de novembre. Mais le cardinal voulait aussi lui arracher le renvoi de M. de Tréville*, capitaine des mousquetaires & beau-frère de Des Essarts, et l'éloigner de la cour.

* Célèbres par A. Dumas: "Les Trois Mousquetaires".
Dumas dans «Louis XIV & son siècle» conclut:
«...Louis XIII ne voulut-il pas que personne fût nommé à leur emploi. Cette résistance exaspérait le cardinal, en ce qu’il voyait qu’on regardait sa mort comme prochaine, et que, cette mort venue, les officiers seraient aussitôt réintégrés dans leur charge.»

Mémoires de Montrésor : «Que ... leurs charges [des trois capitaines] fussent exercées par leurs lieutenants, et que leurs pensions leur fussent payées dans les lieux de leur retraite!»

Hyac. Corne : « ... . Sous prétexte d’avoir à lui communiquer des choses de haute importance, de lui accorder une entrevue particulière, en lieu sûr, à Saint-Maur ou au Bois-de-Boulogne; tantôt il mettait pour condition de la visite qu’il ferait lui-même à son souverain, que les gardes l’accompagnassent avec leurs armes jusqu dans l’antichambre royale, et qu’ils fussent en même nombre que ceux du roi.»


Le roi souffrant et en colère par cette violence, s'opposa carrément - avec des paroles hautaines et pleines de mépris envers de Chavigny et Des Noyers, qui travaillèrent au service du cardinal. Mazarin essaya en vain adoucir les esprits. Donc Richelieu demanda sa démission pour aller se retirer au Havre, dont il était le gouverneur - son chantage habituel!
[Préface du Récit du 5.décembre par Ludwig Lalanne]
Finalement le roi céda* au ministre lundi, le 1er décembre, en assurant à Tréville son amitié et son proche (!) retour à ses fonctions. Les paroles du roi, fidèlements rapportées par les ministres, causèrent une telle impression et blessure au cardinal, qu’il en mourut. Ce dernier combat, contre la volonté et les sentiments sincères du roi vers ses 4 fidèles serviteurs, fut la véritable cause psychologique de cette maladie ultime!

[Hyac. Corne] - Un auteur contemporain dit :
«Son état était si pitoyable, qu’il faisait pitié à tous ceux qui le voyaient, même jusqu’à ses propres ennemis.»

* Dumas dit avec malice:
«...pour avoir la paix pendant le peu de jours qu’ils avaient encore à rester ensembles dans ce monde,...»



~§~%~§~%~§~%~§~%~§~%~§~%~§~%~§~%~§~%~§~%~§~%~§~%~§~%~§~%~§~%~§~

Déjà vendredi, le 28 novembre 1642, le cardinal de Richelieu commença sa dernière lutte.

(voir: les horoscopes:
la position de Mars sur l'ascendent indique avec certitude la fièvre,
le même pour la duch. d'Aiguillon)!
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urs staub
Roy


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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Mer 28 Nov - 5:26

- La nuit du 28 novembre :

Une griève douleur de côté le saisi, accompagnée d'un frisson et de fièvre. Avant, on sut fermer un ulcère au bras droite.
p.ex : Il n'était pas capable de signer son propre testament, fait à Narbonne le 23.05.1642!



A.Dumas mentionne :
«Il [le cardinal] se fit conduire à Rueil, où il commençait à mieux aller, lorsqu’ il exigea de Juif, son médecin, qu’il lui fit fermer son abcès. Juif obéit après lui avoir fait toutes les observations qu’il avait cru devoir lui soumettre, et le même jour il dit à l’académicien Jacques Esprit, que Son Éminence n’irait pas loin.»
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Céci d'ARMAND
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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Mer 28 Nov - 11:11

Ce texte est entièrement concu par Urs Staub,et le mérite lui en revient à LUI SEUL,je n'ai fait qu'y apporter de moindres corrections de grammaire...
Bravo,Urs,on continue

_________________
"QUIS ERIT SIMILIS MIHI?"
Armand de Richelieu.

....Des plus petites étincelles naissent les plus grands embrasements...
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urs staub
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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Jeu 29 Nov - 1:31

- Le 29 [Jour de la St.-André] :

La maladie se fixa, plusieurs médecins se réunirent autour de lui en consultation.[Bonneau-Avenant]
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urs staub
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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Ven 30 Nov - 1:17

- Le 30 (dimanche) :

Le mal augmenta avec redoublement de fièvre. On le saigna deux fois pendant la nuit, cela, malgré sa faiblesse.
[Au 17ème siècle, les médecins avaient peu de réelles connaissances scientifiques! Donc, on n’en pouvait point espérer un meilleur résultat!]
Tout le monde était entré en profonde consternation. Un grand effroi se répandit au Palais-Cardinal. Mazarin témoignait déjà de la perte dont souffrirait la France, privée d'un si grand et puissant génie.
A partir de ce jour, la duchesse n'osa plus aller le soir au "Petit-Luxembourg" et s'installa dans la chambre à côté* du malade. De même le beau-frère de Brézé et le cousin de La Meilleraye couchèrent au palais. La nièce resta debout à son chevet.


Un moine carme, (probablement assistant du Père Léon - le supérieur des Carmes**), dans ce dernier sacrement, avait écrit une lettre à l'ambassadeur de Rome le marquis de Fontenay-Mareuil, datée du 7 décembre. Il y avait élaboré un "Récit de la mort du cardinal de Richelieu"!
- Il y mentionne que la duchesse avait pris un logement dans "la (grande) Galérie"!
Il paraît d'ailleurs que ce moine n' était entré que le mercredi, comme un aide à son chef au Palais-Cardinal....parce qu' il ne connaît point des détails du mardi, révélés par les "Mémoires de Montrésor"!
Néanmoins il écrit qu’il entendait déjà le Dimanche que Mazarin regrettait le malade et qu’il sentait l’effroi du palais-cardinal !!
** Il écrit : «Son Éminence avoit donné les ordres pour aller quérir le révérend Père Léon, religieux de nostre ordre, que j’eus le bonheur d’accompgner en cette occasion.»
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urs staub
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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Sam 1 Déc - 1:14

- Lundi, le 1 décembre :


Dès le matin on exposa le Saint-Sacrement dans toutes les églises de Paris. Mme d'Aiguillon fit prier partout pour obtenir la guérison. Le matin, le malade se sentit en apparence un peu mieux, mais sur les 3 heures de l'après-midi, la fièvre devint plus intense, il cracha du sang et souffrit grande difficulté de respirer. Dans cette nuit «fort mauvaise», il fut saigné encore deux fois.(!) Tous les principaux membres de sa famille [& ses meilleurs amis] s'installèrent au palais pour le veiller, en présence du premier médecin du roi, M. Bouvard, qui passa toute la nuit auprès du malade.
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urs staub
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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Dim 2 Déc - 3:09

- Mardi, le 2 décembre :

Il fait dire la messe par M. Lescot* en se préparant à reçevoir les Saints-Sacrements.

* Évêque de Chartres & confesseur ordinaire de Son Éminence.

Selon Tallemnat des Réaux :
« M.de Chartres, Lescot, a dit plusieurs fois qu’il ne connoissoit pas le moindre peché en M. le cardinal. Par ma foy ! qui croira cela pourra bien croire autre chose.»


A 9 heures du matin, il se forma une solennelle consultation des médecins, qui annoncèrent que le malade n'avait que peu de temps à vivre.
Le dernier service que Richelieu avait préparé pour l'état, était d'exclure le frère du roi, Gaston d'Orléans, de la régence...

[voir: mercredi à 14 heures]

Vers 14 heures, le roi, venu de Saint-Germain en compagnie de plusieurs officiers de sa garde [M. de Villequier°], visita le malade. On lui avait fait des sollicitations très-pressantes. En prenant congé de Sa Majesté, Richelieu lui annonça sa mort, en assurant, qu'il ne l'avait jamais desservi et que l'État était au plus haut point, - tous ses ennemis bien abattus. Puis il supplia, en reconnaissance de ses services, la protection de sa famille et recommanda surtout à Mazarin, Des Noyer et Chavigny comme ministres. Le roi lui assura ses recommandations d’une grande tendresse, et lui fit prendre en sa personne [une tasse de bouillon et] deux jaunes d'oeuf.

° Il ne faut pas oublier que le 26.11. étaient chassés les capitaines de ses gardes par la volonté du cardinal et remplacée par leur lieutenants!

Les écrits historiques ne précisent pas avec clarté, si Richelieu était assis dans un fauteuil ou toujours couché au lit!

Néanmoins - en sortant du Palais-Cardinal, on remarqua que Louis XIII, en regardant les tableaux de la galerie, n'avait pas su s'empêcher de rire plusieurs fois!
[Omis dans le manuscript de Th. Godefroy !!!]

Quand le comte d'Harcourt* revint d'avoir accompagné avec Brézé et d'autres [La Force, Montbazon] le roi au Louvre - Louis XIII avait résolu d' y suivre le cours de la maladie – le cardinal lui dit:
«Monsieur d'Harcourt, vous allez perdre un grand amy!»
Cela fit venir les larmes aux yeux de ce vaillant guerrier.


* Parent du cardinal : second époux de la "cousine-nièce", Marguerite de Cambout, Mlle de Pontchâteau.

Plus tard, Richelieu demanda avec resolution et fermeté aux médecins de lui dire franchement : "Combien de temps lui restait-il encore à vivre?"
- Les docteurs, habitués à la flatterie, n'osèrent guère le dire si franchement en cherchant des excuses. Mais le médecin du roi!, M. Chicot, sauva la situation:
«Monseigneur, dans 24 heures vous serez mort ou guéri !»
Richelieu accepta sa mort:
«C'est parler comme il faut, je vous entends.»
Le cardinal instruisit ensuite à sa nièce ses derniers volontés:


Selon le Récit écrit le 5 décembre 1642 :
«...avec grande peine, car les paroles et dernières volontez que luy dist Monsr. le Cardinal estoient trop sensibles pour n’avoir pas esté touchée de la sorte, ...luy ayant deffendu expressément de se retirer après sa mort dans un cloistre, - et que, si elle luy vouloit desplaire après son décez, elle n'auroit qu' à y penser; - qu'elle pouvoit estre plus nécessaire dans le monde, où il la prioit d'avoir soing de l'éducation de ses nepveux Du Pont.
- Après, il luy baisa les mains – et luy dist: "qu'elle estoit la personne du monde qu'il avoit la [le] plus aimée."...
Je vous laisse à penser quelles atteintes ces paroles donnoient à un coeur si attendri !»


Elle ne controlla plus ses émotion et sortit incontinent de la chambre, «toute ésplorée et fondante en larmes.»

Les mémoires du Comte de Montrésor * (1606 - juillet 1663) disent :
«...avec grand’ peine. Les paroles aussi et les dernières volontés de M. le cardinal, qu’il lui avoit déclarées, [les larmes aux yeux] ; étoient trop touchantes pour n’en venir pas à l’extrémité, où elle étoit réduite. Il lui défendit expressément, mais en des termes de tendresse et d'amour, de se retirer après sa mort dans un cloître, et que si elle .....etc"


* Claude de Bourdeille, Comte de Montrésor, était un ennemi acharné du cardinal, en tête des conspirateurs à Amiens en octobre 1636, attendant l'assassinat du Cardinal de Richelieu.
Il semble fort que le «Récit de la mort du Cardinal de Richelieu» est seulement une page adjointe et n'est point de sa main! Cela resemble à 90% au resumé qui a été fait le lendemain du 4.12.1642 par un auteur anonyme. Mais bien differente et singulière est la lettre au Marquis de Fontenay-Mareuil.

Dans la nuit, la fièvre redoubla étrangement, et il fallut saigner le malade deux fois encore.
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urs staub
Roy


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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Dim 2 Déc - 16:26

- Mercredi, le 3 décembre :

Avant minuit, on fit quérir son curé.
Une heure après minuit, il prit alors sa communion des mains du curé de Saint-Eustache* et en reçut le Saint-Viatique avec tous les sentiments de la piété et grande dévotion....autour de lui sa famille et les serviteurs agenouillés.
(B.-A)

* Sa propre paroisse, l'église de son baptême dans le quartier où il naquit!

«Mon maistre, voilà mon juge qui me jugera bientost; je le prie de bon coeur qu'il me condamne, si j'ay eu d'autres intention que le bien de la religion et de l'Éstat.» **

** Dans "Les Historiettes" [Cardinal de Richelieu] de Tallemant des Réaux, se retrouve le fameux «bonmot» de Richelieu :
«On dit qu’il luy [au curé de Saint-Eustache] dit qu’il n’avoit d’ennemys que ceux de l’Estat...!»

Il demanda dès l'aube, à 3 heures du matin, l'Extrême-Onction célébré par le même prêtre.

Le moine :
«Son Éminence avoit aussi donné les ordres pour aller quérir le révérand Père Léon, religieux de nostre ordre, que j’eus le bonheur d’accompagner en cette occasion*. Un peu devant qu’on administrast l’Extreme-Onction, nous arrivasmes dans la chambre du malade, qui éstoit pleine d’évesques, d’abbés, de seigneurs et gentilhommes.»


* Ces paroles soutiennent qu’il était à peine arrivé ca. à 2 h du matin du 3 décembre !!

Malgré sa position écclésiastique que certaines formalités que demande l'église aurait été facilement dispensé, il pria son curé:

«Mon pasteur, je vous demande le sacrement d’Exrême-Onction, et de me parler et traicter comme le plus chétif de vostre paroisse.»

Sans cesse il embrassait un crucifix qu'il tenait entre les bras, en récitant avec grande dévotion, tendresse de coeur et douleur des ses fautes, le "Pater Noster" et les articles de la foi. [Credo].


Le carme écrivit dans sa lettre:
Après le dénombrement des principaus articles de la foy, luy estant demandé s’ils croyoit, il repartit:
«Absolument, et pleust à Dieu avoir mille vies afin de les donner pour la foy de l’Église.»
A la demande s’il pardonnoit à tous les ennemis qui pourroient l’avoir offensé :
«De tout mon coeur et je prie Dieu qu’il me pardonne.»
Monsieur le curé luy ayant demandé, si Dieu luy redonnoit la santé, s'il ne l'emploiroit pas à son service avec plus de fidélité que jamais, il repart:
«Qu'il m'envoie plustost mille morts, s'il sçait que je doive consentir à un péché mortel.»
Pressé par le mesme de demander à Dieu sa vie et sa santé, il luy respond :
«Non, monsieur, je ne demande à Dieu ny l'un ny l'autre, mais sa seule volonté.»
Le curé ayant prié Son Éminence sa bénédiction à toute la célèbre compagnie:
«Hélas! je n'en suis pas digne; mais puisque vous le commandez, je la receveray de vous pour la leur donner, priant l'esprit de Jésus-Christ de leur donner celuy de piété et de crainte.»


Après, le cardinal se recommanda aux prières des tous les gens qui se trouvaient là et qui était fort nombreux. – Ils fondirent en larmes et des sanglots les plus déchirants et pitoyables.

Hy. Corné : Biographie de 1856 :
- Ceux qui assistaient à cette scène solennelle contemplaient avec effroi ce terrible cardinal prêt à aller rendre compte à Dieu. En attendant ces dernières paroles, l’évêque de Lisieux* ne put s’empêcher de dire tout bas : «Voilà une assurance qui m’épouvante.»

* Philippe de Cospéau, évêque de Lisieux (1571- 8.5.1646)

Mémoires du temps [= 5.12.1642]:
«Mme d’Esguillon estoit cependant inconsolable et comme hors d'elle-même!»


Bonneau-A. l' explique à sa manière:
«Mme d'Aiguillon, qui était agenouillée près du lit de son oncle, ne put supporter le spectacle de cette agonie, sans éclater en sanglots, et on l'emmena pour un instant dans l'appartement qu'elle avait au palais. En y entrant, elle tomba suffoquée et si hors d'elle-même, qu'il fallut, à l'instant, la saigner au pied.»

Selon un autre écrit historique:
«Après s'estre ainsi bien débattue (variante de Montrésor: «Après avoir fait tout ce que sa passion lui conseillait.....) , elle retourna en [à] sa maison°, où il la fallut aussitôt [la] saigner du [au] pied avec grande peine....»


° Il semble effectivement assez étrange que Mme d'Aiguillon eut regagné le "Petit Luxembourg", sachant l'état où se trouvait son oncle!

Ce moine carmélite, qui probablement était venu guère avant le matin du mercredi (?) - assure cependant que :
«Madame d’Aiguillon mesme, qui ne l’avoit veu depuis deux jours, à cause qu’elle avoit esté fort malade, entra deux ou trois fois dans la chambre.» [= jeudi]

Mais il est plutôt crédible qu'elle était tellement abattue et fatiguée le mercredi - à l'arrivée du moine – qu'elle garda son propre lit de malade, en se retirant de la vue de tout le monde.

Durant le matin du mercredi, il prit une eau et une pilule qui semblèrent lui apporter un soulagement, mais les médecins (travaillant avec des remèdes empiriques d'un docteur Le Fèvre de Troyes) se rendirent compte que "leur latin avait terminé"... L'inflammation était à la poitrine, la douleur changa d'un côté à l'autre.

«Il passa la matinée souffrant les douleurs de son mal avec une extrême patience pour l'amour de Dieu et pour la rémission de ses péchez; et ayant donné à MM. DeNoyers et de Chavigny à chacun une bague, où il y avoit un diament de prix, il leur dit adieu, et à ceux qui se présentèrent, comme MM. d'Auxerre, de Rennes, de Riveaux & autres, ce qu’il fit mesme à un apothicaire [Le Fèvre?] qu’il remercia de ses soins, leur recommandant qu’ils priassent Dieu pour luy ; tout cela avec une voix ferme, un visage serein et un esprit tranquille au-delà de ce que je vous puis représenter.....»

Son état était si déplorable que vers 11 [var : 12] heures le bruit de sa mort courait par toute la ville.
Le matin le docteur Bouvard, [qui le veilla (encore) la nuit passée] se déplaça en personne au Louvre, rendre compte au roi!

Ce même jour à 14 heures, le roi signa au Parlement la déclaration contre son frère Gaston d'Orléans.
En vain chercha "Mademoiselle"[de Montpensier], sa fille, par tout les «intercessions puissantes», détourner l’esprit de l'oncle!


Montrésor mentionne :
«... néanmoins la déclaration fut vérifiée cinq jours après la mort du cardinal, c’est-à-dire le mardi 9 décembre, et non le vendredi 5, comme dit l’auteur de cette relation !»
[ = ça prouve que Montrésor avait fait copie d'un original.]

Sur les 16 heures il se rendit directement chez Son Éminence qui se trouva mieux par l'effet d'une pilule de M. Le Fèvre - (une de la fiente de cheval et autre, plus effective, ... d'opium).
Le roi y resta jusqu'à 17 heures avec grande compassion et douleur pour l'état lamentable de son ministre.
On remarquera : Le roi avait changé son opinion du mardi et faisait sa derrnière visite – un roi chrétien !


Lire bien attentif :
«L’après-disnée, sur le quatres heures du soir, le Roy, dont les bontés sont vraiment extrêmes, honora de sa dernière visite ce fidèle serviteur de sa personne et de sa couronne, et, l’ayant jugé fort mal, en tesmoigna de sensibles desplaisirs, repassant par la gallerie, où estoit logée madame d’Aiguillon.»
Il faut comparer attitude du roi avec celle de l’après-midi du mardi !

Un jésuite, le Père Mérard, entra en apportant des reliques à Son Éminence, en le priant de donner sa bénédiction à toute la compagnie. Ayant dit ne pas en être digne, néanmoins le cardinal les bénit - ensuite il demanda de les laisser à son côté et se recommenda à leurs prières!
« Il demandoit aussi aux médecines s’il avoit encore longtemps à souffrir :
il disoit: ‘Non, - qu’il m’ennuye d’endurer ce qui part de la main de Dieu, mais parce que je luy demander la grace de supporter mes douleurs, quelque longues qu’elles puissent estre, jusqu’à la fin’!»
«Vers 17 heures.... s’estant treuvé assez mal tout en un moment....»

A partir de 17 heures et pendant la nuit - par le résultat d'une seconde pilule - il se sentit plus soulagé, perdant de la fièvre et gagnant en repos.
Chacun commença à espérer à un grand amendement!
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Céci d'ARMAND
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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Lun 3 Déc - 18:23

JE TE SUIS,URS...

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urs staub
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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Mar 4 Déc - 0:15

- Jeudi, le 4 décembre 1642 :

Sur les 8 heures [var: 5 h], et encore vers 11 heures, il reçut un remède qui diminua la fièvre. On le crut hors de danger...et même: On [ses domestiques] ne douta plus de sa future santé....
[seulement raconté par Tallemant des Réaux:] ...ce qui ranima l’espoir de sa nièce :
«Monsiegneur, vous ne mourrez point, une sainte fille, une brave carmélite, en a eu une révélation!»
Mais le cardinal répondit:
«Allez, ma nièpce, il faut se moquer de tout cela, il ne faut croire qu'à l'Évangile.»


Le frère carme écrivit:
« ....quelques-uns d’entr eux communians et prians Dieu en la chapelle de la gallerie, deux religieux dirent deux messes bien différentees: l’un d’action de grace, l’autre pour les agonizans.... »
«Vers les 10 heures, M. de La Rivière vint faire compliment de la part de Monsieur [de la Reine ?] et Monsieur le premier Président y passa quelque temps! »

Entre 10 & 11 heures, par ordre du capitaine des gardes, «quasi tout le monde s’estant retiré....pour aller prendre le repos et le repas.»

Sur midi, on avait déjà répandu par la ville que le cardinal serait sauvé. Tous ceux liés à ses intérêts attendirent son retour à la vie, - mais le Cardinal de Richelieu sentit venir la mort!

«Fort peu après onze heures, Monseigneur tomba en foiblesse.»

Il dit tendrement, mais avec une voix ferme et raisonnable:
[var : Il dict d’une voix mourante, mais vigoureuse, toujours puissament raisonnant, à madame d’Esguillon, sa niepce, sentant les efforts du mal et les approches de la mort...]:
«Ma nièpce, je suis bien mal, je vais mourir; je vous prie de vous retirer, vostre [Var: tendresse m’attendrist pareillement] - douleur m' attendrit trop. N'ayez point le déplaisir de me veoir rendre l'âme !»

Elle essaya d' y rester, en s'éloignant un peu du lit, mais le cardinal fit un geste si suppliant qu' elle sortît.


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Cette partie est uniquement décrit par la lettre à Fontenay-Mareuil:

Il était plutôt «cardinaliste»!

Ayant ainsi été surpris ceux de sa chambre, Brézé et Du Bar allèrent (chercher) promtement dans l'anti-chambre Père Léon. Agenouillé à son chevet le Père carme, après lui avoir demandé s' il le reconnaissait encore, et en recevant l'affirmation - lui donna la dernière absolution.

Après avoir fait sortir ceux qui ne pouvaient plus contenir leur sanglots, on s'appliqua, en récitant les prières des agonisants, à sauver l'âme de ce corps mourant.
Le prêtre le fit prononcer plusieurs fois le "Jésus & Maria" en présentant de l’eau bénite, des médailles, posant ses lèvres sur un crucifix et des reliques. Son agonie dura d'une demi-heure à trois quart d'heure!

[L'astrologue "Morinus" avait fait l'horoscope de sa mort, la situant à 11: 52 - voir: "Astrologia Gallica"! - Jean Baptiste Morin de Villefranche n’était pas ami de Richelieu, mais un bon ami-serviteur du comte de Chavigny, il recevait des informations de première qualité!]

L'Évêque de Chartres, qui entra de nouveau, prononca avec ardeur des paroles d'élévation spirituelle et pria de continuer avec des actions de grâce, d'amour et de l'étérnité.
On récita des prières pour l’agonisant "In manus tuas, Dominae".

On lui donna des cuillerées de vin* pour le ranimer, qu'il prît d'une main étrangère.
Ses yeux tournés vers le ciel, un crucifix entre les mains, Armand-Jean du Plessis attendit sa mort dans cette position.

Quelques minutes avant midi, le cardinal soupira une première fois si fort, qu'on crût, qu'il était passé, mais le peu de vie restant permit au prêtres, de chanter encore "Jesus, Maria" et en répétant "In manus" ... un second soupir, déjà sans force, laissa envoler l'âme du Cardinal de Richelieu.... tandis que tombaient les premieres neiges de l’année sur les toits du Palais-Cardinal - un jeudi, le 4 de décembre 1642.

* (La "cuillerée de vin" est juste assuré par la lettre du moine! – Donc, Bonneau-A. avait lu ce document!)

Les dix à douze personnes et le médecin restèrent pendant un long espace de temps dans cette chambre. Ils constatèrent, en approchant une bougie de ses lèvres que la flamme ne vacillait plus et par d’autre signes encore conclurent que le redouté cardinal de Richelieu était mort.

Père Léon lui ferma les yeux et le baisa au front. Après un solennelle discours il pria par respect, qu' une personne proche fermât la bouche du défunt.
Toute la nombreuse assistance de sa cour le pleura à hauts cris.
[Brézé, de Chartres, de Beaumont ...après entrèrent à cette chambre: le maréchal de Guiche, M. le Chancelier, Mazarin, de Chavigny après DesNoyers, le comte de Paluau]

Après, le Père supérieure des Carmes et le Chancelier portèrent le triste message à la Duchesse, qui le reçut d'une forme des "sentimens de résignation et conformité du divin vouloir" - ceci prouvant à tout le monde, qu’elle était la digne nièce de son oncle!


Tallemant des Réaux Extraits: La mort de Richelieu :
«Le Roy ne fut voir le Cardinal qu’un peu avant qu’il mourust, et l’ayant trouvé fort mal, en sortit fort gay. Le curé de Saint-Eustache vint pour l’assister. On dit qu’il luy dit qu’il n’avoit d’ennemys que ceux de l’Estat, et que Madame d’Aiguillon estant entrée toute eschauffée, et luy ayant dit:
«Monsieur, vous ne mourrez point; une sainte fille, une brave carmélite, en a eu une revelation.» – «Allez », luy dit-il, «ma niepce, il faut se moquer de tout cela, il ne faut croire qu’à l’Evangile.»

«On a dit qu’il estoit mort fort constant. - Mais Boisrobert dit que les deux derniers annés de sa vie, le cardinal estoit devenu tout scrupuleux, et ne vouloit pas souffrir le moindre mot à double entente. Il ajouste que le curé de Saint-Eustache, à qui il en avoit parlé, ne luy avoit point dit que le Cardinal fust mort si constamment qu’on l’avoit chanté. M. de Chartres, Lescot, a dit plusieurs fois qu’il ne connoissoit le moindre peché en M. le Cardinal. - Par ma foy ! Qui croira cela pourra bien croire autre chose.»
--------------------------------------------------------------------------------

On fit une autopsie et on découvrit "un gros abcès pulmonaire"... La cause de la mort: PNEUMONIE & TUBERCULOSE...
Par cette geste, les médecins se rendirent compte que "les organes de l'entendement" étaient «doublez et triplez», donc supérieurs à la normale.
La lettre du carme anonyme!
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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Mar 4 Déc - 23:15

MERCI Monsieur le Docteur:


Les pensées d' un médecin:

- " Il est complexe de faire ressortir, parmi toutes les maladies qui affligèrent la santé du Cardinal tout au long de sa vie, et principalement au cours de cette année 1642 qui fut la dernière, la pathologie ultime qui fut la cause précise de son trépas.

Après nous être renseignés auprès d'un médecin qui s'est penché avec sérieux sur les ultimes mois si douloureusement vécus par Armand du Plessis, nous en sommes arrivés à la conclusion que :
- SON DÉCÈS FUT DIRECTEMENT CAUSE PAR UNE FORME DE TUBERCULOSE, sans doute initialement osseuse, qui gagna ensuite, à la faveur des faiblesses d'un système immunitaire épuisé tout son métabolisme, et l'emporta en détruisant ses poumons (cible de prédilection de cette terrible maladie) par infection généralisée.
Rappelons que la tuberculose osseuse est un mal qui peut "traîner"plusieurs années, connaissant des périodes de rémissions qui font croire à une guérison complète, alors que le Bacille de Koch est toujours présent dans l'organisme, et cause des rechutes avec fièvres, douleurs, fragilisations des membres atteints, toutes sortes de symptomes qui à l'époque devaient passer pour des maux individuels n'ayant pas de rapports avec les affections qui précèdaient, et dont ils étaient pourtant la suite évolutive...
Les données à notre disposition, vieilles de bientôt 400ans, nous permettent d'émettre cette hypothèse, qui, si elle n'est pas accréditée à cent pour cent, nous paraît en notre âme et conscience la plus plausible à être retenue... ."
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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Mer 5 Déc - 21:09

La duchesse resta si longtemps anéantie par la douleur qu'on craignit pour sa vie. Le roi témoigna aussitôt aux familiers sa douleur et fit savoir qu'il ne les abandonnerait jamais.
B.-A.: "qu' il ne les abandonnerait jamais et qu' il se souviendrait des importants services que lui avait rendus le défunt."
Louis XIII, étant déjà malade, ne survécu que 5 mois à son ministre.
(Le 14 mai 1643, juste 33 ans après l'assassinat de son père Henri IV).

Après le courtisans, tout l'Hôtel Rambouillet vint se présenter chez la duchesse, chacun voulant offrir ses consolations. Seules ses trois meilleures amies savaient mettre quelque baume sur sa blessure.
[Julie d’Angennes de Rambouillet, Anne de Neufbourg du Vigean, la Marquise de Sablé]

Samedi, le 13 décembre :

Le corps de Richelieu, après avoir été 10 jours* exposé dans la grande salle du Palais-Cardinal, fut déposé dans la chapelle de la Sorbonne. Cette cérémonie funèbre fut accompagnée de toute les Pompes de l'Église.
* [de 4 à 5 jours - notait le moine carme]

«Le char qui le portait était couvert d'un poêle de velours noir, croisé d'argent, avec les armes du Cardinal aux angles, et traîné par six chevaux couvert de même étoffe. Les maréchaux de Brézé et de La Meilleraye conduisait le dueil, en tête des parents et des amis de la famille, qui était très-nombreux. A côté du char marchaient ses pages, avec des cierges à la main, puis ses gardes; et derrière suivait une foule énorme de gens à pied, en carrosse et à cheval.»


Après la cérémonie religieuse, le corps fut descendu dans le caveau qui est au milieu du choeur de l'église de la Sorbonne. Le cerceuil qui contenait ses restes était enfermé dans une bière de bois précieux, recouverte de velours noir avec une croix en toile d'argent d'un pied de large, et beaucoup de galons d'argent; le tout recouvert encore d'un poêle en velours noir avec croix de broderies d'argent. Au dessus de la tête, sur une tablette de cuivre, était gravé les armes du cardinal, au dessous une inscription de Georges Scudéry:


Ici repose le grand
Armand-Jean du Plessis
Cardinal de Richelieu
Duc & Pair de France
grand en naissance, grand en esprit
grand en sagesse, grand en science,
grand en courage, grand en fortune;
mais plus grand encore en piété.... **

** Le 5.12.1793 - Les portes de l’église de la Sorbonne furent brisées par le peuple, le tombeau de cardinal profané. Son corps momifié arraché du cerceuil, tiré par les rues, jetté dans la Seine. Avec sa tête, détaché du tronc, on jouait du ballon. Il existe toute une histoire du voyage de cette tête. Aujourd'hui, sa tête repose à l'église de «sa» Sorbonne, dans une cassette scellée, dont l’endroit exacte n’est connu que par très peu de personnes!

Dans le recueil de M. Bourée se trouve un feuillet manuscrit, d’une écriture ronde très-ancienne et contenant plusieurs mots raturés : Il doit avoir été écrit le lendemain de la mort du cardinal : C’est un brouillon ou projet de billet d’enterrement, qui sans doute a été distribué aux personnes de la cour.
Voici comment il est conçu :


«NOBLES ET DEVOTES PERSONNES :

priez Dieu pour l’ame de trez hault, trez puissant, trez vertueux, illustrissime, eminentissime seigneur :
Monseigneur Jean Armand du Plessis, cardinal, duc de Richelieu,
grand maistre er surindendant de la navigation et commerce de France,
l’un des prelats commandeurs de l’ordre du Sainct-Esprit,
chef du conseil et principal ministre de l’estat du roy,
pour l’ame duquel se feront les services et prieres en l’eglise de Paris,
auquel lieu, lundy prochain, aprez midy,
seront dictes vespres et vigiles des morts,
pour y estre le lendemain mardy, a dix heures du matin,
celebré son service,

priez Dieu qu’il en ayt l’ame »
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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Jeu 6 Déc - 16:31

Le 28 janvier 1643 :

On fit un second service solennel qui était publique, cette fois à l'église de "Notre-Dame de Paris" avec une invitation des plus illustres personnages. A l'issue de ce service, il y eut une réunion de toute la famille de Richelieu dans la salle du Palais-Cardinal, afin d'ouvrir la lecture du Testament (dicté à Narbonne, le 23 mai 1642). C'était-là que Mme d'Aiguillon pour la première fois retournait en public. Remplir scrupuleusement toutes les clauses du testament, était maintenant la tâche la plus importante de la Duchesse. Le fardeau de l'éducation de ses cinq neveux, pour les rendre digne de porter le nom "de Richelieu".



Le 24 février 1643 :

On fit encore un service dans l'église de la Sorbonne. En cette occasion ce furent les petits-neveux Du Pont-de-Courlay (le future Duc de Richelieu) et le "filiard" du cardinal, le jeune Marquis de Brézé, qui conduisirent le dueil.

La duchesse d'Aiguillon pour le reste de sa vie, se consacra à sa famille, .. et ..au service de Dieu. Quatre siècle plus tard, les institutions qu'elle avait fondé avec dévotion et piété perdurent toujours, témoignant de sa foi chrétienne et de ses sentiments de charité.
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MessageSujet: Re: Il y a 365 ans depuis.... [S A N S Commentaires]   Ven 7 Déc - 17:44

La dernière lettre de Richelieu à Mazarin:



"Monsieur,
La providence de Dieu, qui prescrit des limites à la vie de tous les hommes, m'ayant fait sentir en cette dernière maladie que mes jours étoient comptés; qu'il a tiré de moi tous les services que je pouvois rendre au monde, je ne le quitte qu'avec regret de n'avoir pas achevé les grandes choses que j'avois entreprises pour la gloire de mon roi et de ma patrie. Mais, parce qu'il nous faut soumettre aux lois qu'il nous impose, je bénis cette sagesse infinie et je reçois l'arrêt de ma mort avec autant de constance que j'ai de joie de voir le soin qu'elle prend de m'en consoler. Comme le zèle que j'ai toujours eu pour l'avantage de la France a fait mes plus solides contentements, j'ai un extrême déplaisir de la laisser sans l'avoir affermie par une paix générale. Mais, puisque les grands services que vous avez déjà rendus à l'État me font assez connoître que vous serez capable d'exécuter ce que j'avois commencé, je vous remets mon ouvrage entre les mains, sous l'aveu de notre bon maître, pour le conduire à sa perfection, et je suis ravi qu'il recouvre en votre personne plus qu'il ne sauroit perdre en la mienne. Ne pouvant, sans faire tort à votre vertu, vous recommander autre chose, je vous supplierai d'employer les prières de l'Église pour celui qui meurt,
Monsieur,
Votre très humble serviteur,
ARMAND, cardinal-duc de Richelieu"



Cette lettre, qui fit le plus grand honneur aux deux cardinaux, est conservée dans le dépôt des manuscrits de la Bibliothèque impériale.


Dernière édition par le Ven 7 Déc - 17:50, édité 1 fois
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