AccueilAccueil  ­CalendrierCalendrier  ­FAQFAQ  ­RechercherRechercher  ­S'enregistrerS'enregistrer  ­MembresMembres  ­GroupesGroupes  ­ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 projets-mariages pour la Combalet

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
urs staub
Roy


Nombre de messages: 2353
Date d'inscription: 11/05/2005

MessageSujet: projets-mariages pour la Combalet   Dim 4 Mai - 3:16

Extraits de: "Histoire de Louis XIII,
Roi de France & de Navarre" :
~ Michel Le Vassor 1751 ~ [livre XXXI]

Avec le comte de Soissons:
p: 91 // 1631: ....Le comte de Soissons reçut un ample pouvoir de commander à Paris & dans les provinces voisines durant l'absence du Roi; honneur que le Cardinal procuroit à un Prince qui se piquoit de droiture & de générosité, afin de l'engager par cette marque de confiance, à ne servir point les mécontents qui comptoient sur lui. Richelieu se flattoit encore de gagner enfin Soissons, que sa mère pressoit du moins en apparence d'épouser Combalet nièce du Cardinal.

p: 126 // 1632 : Quelque temps après le retour du Roi à Paris, Richelieu reçut une mortifications qui lui fut extrêmement sensible. Le Comte de Soisssons que sa mère pressoit d'épouser Combalet nièce du Cardinal, se rendit enfin à condition que le Roi le lui commanderoit expressément, & que Sa Majesté reconnoîtroit dans un écrit signé de sa main, qu'elle souhaitoit ce mariage, comme utile à son service & au bien de l'État. Richelieu qui ne s'imaginoit pas que Louis osât, & qu'il pût même lui refuser quelque chose, crut l'affaire finie. Il en parle au Roi. On lui répond en termes généraux. Le Cardinal redouble ses instances, fait aigrir ses plus intimes confidens, & les oblige à insinuer souvent au Roi, qu'un Ministre qui sert Sa Majesté avec une application infatigable, mérite bien qu'on lui accorde cette grace. Las de ces importunités, Louis s'explique sur la demande d'un nouveau Sejanus, qui ne pouvant se marier lui-même dans la maisons du Prince, cherche à y mettre sa plus proche parente.
"J'ai sérieusement refléchi sur cette affaire, dit le Roi. "La prudence ne me permet pas d'y consentir. M. le Comte a déjà beaucoup de crédit par son rang & par ses alliances. Lui donner la nièce de M. le cardinal, c'est le mettre en état d'aspirer à tout, & le rendre autant, peut-être plus puissant que moi. M. le Prince jaloux de l'agrandissement du cadet de sa Maison, se jettera du côté des mécontens, & je demeurerai seul avec M. le Comte. Nous serons l'un & l'autre perpétuellement en garde contre les ennemis de M. le Cardinal."
Il fallut dissimuler le chagrin que ce refus donnoit, & répondre en termes soûmis & respectueux.
Le Roi écoutoit quelques fois certaines gens qui lui faisoient remarquer les allures de son Ministre. On représentoit à Louis, que non seulement il ne devoit pas éloigner de lui sa mère & son frère, mais encore que la bonne politique ne permettoit pas de les irriter trop en élevant si fort leur ennemi.
Richelieu convaincu que Sa Majesté prêtoit l'oreille à des gens qui n'aimoient pas le Ministre, parut plus réveur & plus triste. On eut beau dire, que, bien loin de penser au mariage, Combalet pressoit vivement son oncle, de lui permettre d'acomplir le voeu qu'elle avoit fait de prendre le voile chez les Religieuses carmélites, le monde n'en crut rien.
Dès que le Prince de Condé sut que le mariage s'avançoit, & qu'on attendoit seulement que Sa Majesté y consentit, il fit le mécontent & se retira dans son gouvernement de Berri.


***********************************************************



Avec le Cardinal de Lorraine:

p. 802 : 1633 : // On tâche de gagner Richelieu en lui proposant le mariage de sa nièce Combalet avec le cardinal de Loraine :
Le Cardinal [de Lorraine] retourne promptement porter ces mauvaises nouvelles au Duc [son frère]. Après quelque consultation, les deux frères conviennent de faire une troisième tentative, & d'offrir à Richelieu le mariage de François avec la Combalet; affaire déjà proposée à Parie.
S'il est est permis de comparer cette créature avec une grand Princesse, il en est à peu près d'elle comme d' Elizabeth Reine d'Angleterre. On la marie tous les ans, cependant elle demeure toûjours veuve. Harlai de Chanvallon Gentilhomme intriguant & habile dans le ménage de la Cour, s'étoit particulièrement attaché à la Maison de Loraine. Voiant le Duc fort embarassé par le mariage de sa soeur avec Gaston, & par la mesintelligence entre les Loraine & Richelieu, il crut que le meilleur moien de rétablir les affaires de Charles, c'étoit de mettre le cardinal dans les intérêts de sa Maison de Loraine, en lui demandant en mariage Combalet sa bonne nièce pour François cadet du Duc, lequel à la manière des Princes avoit reçu le Chapeuau de cardinal, sans être engagé dans aucun de ce qu'on nomme "les Ordres sacrez".
//....//
Il [Richelieu] prédendoit se faire rechercher par les Lorains, & conclure l'affaire ensuite le plus avantgeusement qu'il seroit possible, & pour lui & sa nièce. Le Cardinal [de Richelieu] abandonnoit le dessein de la marier au Comte de Soissons.
Entêté d'introduire à la Cour de France le Cérémoniel de Rome, Richelieu refusoit de donner dans sa propre maison le pas aux Princes de Sang-Roial. Condé plus avide de l'argent & de bien, que d'honneur & de distinction, céda volontiers au cardinal. Mais Soissons dont les sentimens furent toûjours plus honnêtes, & les inclinations plus nobles, n'alloit point rendre visite à l'arrogant Ministre.
[....] - Chanvallon aiant parlé pour lors du mariage de Combalet avec le cadet de la Maison de Loraine, Richelieu goûte la proposition, & ne se déclare pas d'abord. Elle lui est d'autant plus agréable, que le Duc de Loraine n'aiant point d'enfans de Nicole son épouse, le Cardinal se flatte qu'en faisant valoir le testament véritable ou supposé du Roi René, dont j'ai rapporté ci-dessus la substance, Combalet peut devenir Duchesse de Loraine, au préjudice de la Princesse Claude segonde fille du feu Duc Henri.
L'amant prétendu de la Dame étant venu trouver le Roi à Château Thierri, Chanvallon lui insinua de faire le passionné, & de témoigner dans ses complimens à Richelieu une forte inclination à épouser sa nièce. François suit le conseil de Chavallon. Parmi les protestations étudiées d'estime & de respect pour le Ministre, d'attachement à sa personne, d'ardent desir d'obtenir son amitié & de vivre dans sa dépendance, le Lorain coule avec une rougeur affectée, que sa plus forte passion, c'est de donner des preuves certaines de sa sincérité de ses sentimens à Richelieu, & de se lier à lui le plus étroitement qu'il sera possible. On entend ce langage. Richelieu répond au discours obligant & soûmis avec toute la civilité imaginable, témoigne considérer extrêmement la naissance du Lorain, estimer parfaitement sa prudence, ses bonnes intentions, sa droiture, & lui insinue qu'après avoir refléchi sur la proposition de Chanvallon, elle s'est trouvée du goût de l'oncle & de la nièce. Le Duc de Loraine informé de tout ce qui s'est passé entre les deux Cardinaux, & despérant de sauver autrement ses Etats & sa Maison, convient avec son frère nouvellement revenu de St.Dizier, que celui-ci demandera instamment la Combalet en mariage, & que pour l'obtenir plus facilement, il offrira de part de Charles affligé au dernioer point d'avoir encouru la disgrace de Louis, une démission.
//806...807//
En offrant sa démission & le mariage de son frère avec la Combalet, il donnoit envie à Richelieu d'assurer la qualité de Duchesse de Loraine à sa nièce.
/......./
"Pour ce qui est de ma nièce" - ajoûta Richelieu "je vous suis infiniment obligé, Monsieur, de l'honneur que vous voulez bien lui faire. J'aurois tort de refuser un avantage si considérable & pour moi, & pour elle. Mais trouvez bon, s'il vous plaît, que nous remettions à un autre temps la conclusion de cette affaire. Vous voiez aussi bien que moi, combien il m'est important de prévenir le reproche que mes ennemis ne manqueroient pas de me faire, que j'ai engagé le Roi à marcher pour mes intérêts particuliers à la tête de son armée vers la Loraine. Les affaires domestiques d'un Ministre ne doivent point être mêlées avec celles de l'Etat. Au reste le Roi accepte avec plaisir l'offre que fait M. le Duc, de remettre la Princesse Marguerite entre les mains de sa Majesté. C'est un grand acheminement à un bon Traité de paix. L'avance sera reçuë comme une marque du desir sincère de rentrer dans les bonnes graces du Roi. Parlons franchement, Monseigneur. Je suis quelquefois assez bien averti de se qui se trame.
Êtez-vous maître de la personne de vôtre soeur? Je la croi présentement hors de Nanci, & peut-être dans les terres du Roi d'Espagne." -
Le cardinal de Loraine fait l'ignorant sur cet article, & prend le lendemein congé de Louis. Quand on parla dans le Conseils de Sa Majesté, du mariage de la Combalet, son oncle feignit de n'y penser point.
" A Dieu ne plaise" - s'écria-t'il - "que le siècle présent, ou les suivans, me reprochent un jour d'avoir mêlé mes intérêts, ou ceux de mes parens, dans une entreprise que j'ai uniquement conseillée pour le service du Roi & pour le bien de l'Etat. - Le cardinal d'Amboise fit un tort irréparable à sa réputation, quand le projet ambitieux de mettre la Tiare sur sa tête, fut le motif du conseil qu'il donna au roi Louïs XII. de porter ses armes en Italie.
On ne dira jamais rien de semblable du Cardinal de Richelieu."
//....//

1633 :
François, Cardinal de Loraine arivé à Paris, demandoit la permission de voir la Combalet, & de se déclarer amant.....
Launai, femme de chambre de la Reine-mère, obtint la permission de s'acquitter de je ne sai quel voeu supersticieux à Nôtre-Dame de Liesse en Picardie, & d'aller ensuite solliciter un procès à Paris. Combalet envoie demander à Launai des nouvelles de la santé de Marie de Médicis. On attendoit que la domestique de la Reine-mère, allât après cela rendre visite à la nièce du Cardinal.
Mais Launai n'osoit faire la démarche sans un ordre exprès de sa Maîtresse. On lui impute de former une intrigue; & l'ordre de sortir de Paris dans vingt-quatre heures, & de s'en retourner incessamment auprès dela Reine-mère, suit immédiatement.


Dernière édition par urs staub le Dim 4 Mai - 3:17, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
urs staub
Roy


Nombre de messages: 2353
Date d'inscription: 11/05/2005

MessageSujet: Re: projets-mariages pour la Combalet   Dim 4 Mai - 3:16

//...//
François Cardinal de Loraine retourna de Paris à Nanci deux jours après la tenue du Conseil extraordinaire. Il étoit venu négocier quelque adoucissement à la dureté des conditions imposées au Duc Charles son frère, & tenter si par son mariage avec la Combalet, il ne pouroit point prévenir la ruine entière de leur Maison. Christine de Loraine, Duchesse Douairière de Toscane, sa tante, écrivit en même temps à Gondi envoié du Grand-Duc à la Cour de France, d'exhorter François à demander avec instance la nièce du cardinal de Richelieu. Ce mariage paroissoit à Christine la seule ressource qui restât aux Princes Lorains dans leur malheur.
Elle disoit: " .... Quand le Cardinal de Loraine aura épousé madame de Combalet, l'oncle sera obligé de soûtenir la maison dans l'alliance de laquelle il aura l'honneur d'entrer. C'est peut-être le moien le plus sûr de faire subsister le mariage de Monsieur. Le Cardinal de Richelieu doit être bien-aise que sa nièce devienne belle-soeur d'une Duchesse d'Orléans."
François pensait comme Christine. Dès les premiers jours de son arrivée à Paris, il remet sur le tapis son mariage avec la Combalet, & demande à Richelieu la permission de voir la Dame. Sa personne & son esprit se trouvèrent, dit-on, au gré de François. Il n'étoit plus question que de convenir des articles. Richelieu persista à vouloir cent mille écus de rente héréditaires, & le Duché de Bar pour l'époux de sa nièce. François prétendoit de son côté que son mariage obtint le rétablissemnt entier de la maison de Loraine, la restitution des places données en dépôt au Roi de France, & la libre jouïssance à Charles de sa Souveraineté. Il n'y avoit aucune apparence de se flatter que le Duc de Loraine consentit autrement au mariage inégale de son frère avec la nièce d'un Ministre qu'il haïssoit, comme le prémier auteur de ses disgraces.
François disoit à Gondi :
".... Je vous dirai même que je suis en garde contre l'expérience & l'habilité de M. de Richelieu dans les négociations. Il demande beaucoup, & ne veut donner que fort peu de choses. Que fai-je si ce Politique artificieux & délié, ne fait point semblent de nous rechercher, afin d'inspirer de la jalousie aux Bourbon & sur tout au Comte de Soissons? Il aimeroit mieux donner sa nièce à celui-là qu'à tout autre. Je rencontre d'autres difficultez dans notre maison.
La Princesse Claude ma cousine a ses prétentions aux Duchez de Loraine & de Bar, en cas que la Duchesse de Loraine, sa soeur aimée, meure sans enfans. On a parlé de nous marier ensemble, afin de prévoir tous les inconvéniens. Si je vais épouser Madame de Combalet, la Princesse portera ses droits dans une autre Maison: Et nous voilà en danger de perdre tous nos Etats. Comment remédier à cela? Forcera-t'on ma cousine à prendre le voile de Religieuse? Cela n'est guère practicable. Enfin, le plus grand embaras c'est du côté de M. mon frère. Vous le connoissez. Il est toûjours disposé à prendre le plus mauvais parti. Le Roi & lui se haïssent extrêmement l'un & l'autre. L'inégalité de la naissance, une belle-soeur, nièce d'un Ministre odieux à nôtre Maison, déplairont fort à M. le Duc. Je crains d'ailleurs de lui devenir suspect, quand il me verra soûtenu du crédit & de l'autorité de M. le Cardinal de Richelieu....."
/.../ Sur ce fondement, François presse la conclusion de son mariage avec la Combalet.
/.../ En un mot: On paroit dans la disposition d'acorder tout, pourvu que Charles & François ne pressent pas trop la restitution du dépôt. Cette demande fut la pierre de l'achoppement. Quand le cardinal de Loraine insista là-dessus, comme sur une condition préalable pour obtenir le consentement de son frère au mariage, Richelieu répondit froidement qu'il souhaitoit avec passion d'entrer dans l'alliance de la maison de Lorain, mais que sa nièce aiant depuis long-teps formé le dessein de se faire Religieuse, il ne pouvoit la disposer si promtement à penser au Sacrement. François persuadé que ce flegme s'affectoit, afin de l'amener insensiblement à la conclusion de l'affaire, sans aucune obligation de restituer les places qu'il demandoit, se met à parler avec la mêm reserve. On ne fait plus tant l'amant empressé. Il fallut pourtant couler quelque chose de sa persévérance dans le dessein d'obtenir la Combalet, lorsqu' il fut question de prendre congé du Ministre. "Monseigneur ", répondit froidement Richelieu, "ma nièce vous est fort obligée de l'honneur que vous lui faites. Nous saurons dans un mois, si elle veut enfin quitter sa fantaisie de se retirer dans un Couvent. Dès qu'elle se sera déclarée, vous en aurez la première nouvelle......" //...//
On disoit: "....La maison de Loraine vaut infiniment mieux que celle de Médicis. L'Empereur & le Roi d'Espagne seroient bien-aise qu'on crût que les Comtes d'Habsbourg dont ils descendent, étoient cadets des anciens Comtes d'Alsaces, dont les Princes de Lorains tirent certainement leur origine. Pour contenter le dépit & la haine, peut-être l'ambition extravagante d'un Ministre, qui veut obliger Monsieur à prendre la Combalet, faut-il exposer l'Etat au danger d'un bouleversement général?"
//...//
Contrisson n'avoit pas ordre de parler de cette alliance, dont la vanité du Ministre se flatoit. Les deux frères avoient concerté ensemble que François prendroit la Pricesse Claude leur Cousine, afin d'assurer les Duchez de Loraine & de Bar das la maison de Vaudemont, en épousant l'un & l'autre les deux filles du feu Duc Henri leur oncle. Mais si Contrisson ne disoit rien du mariage de François avec Combalet, il prenoit bien garde qu'il ne lui échappât quelque chose qui pût faire soupçonner à Richelieu, qu'on ne pensoit plus à sa nièce, de peur qu'il ne se vengeât d'avoir été joué par les avances de François à son dernier voiage à la Cour de France.
//...//
Contrisson sortit de l'audience [avec Richelieu] entièrement consterné. Le mariage du nouveau Duc avec la Combalet paroissoit le meilleur, & presque l' unique expédient de la sauver d'une entière désolation.

**************

....Après cette consultation, le prieur de S.Rémi donne la bénédiction nuptial au Duc François & à la Princesse Claude, en présence du Supérieur, de la duchesse Nicole, de quelques Demoiselles, & d'un Gentilhomme...... On parla encore moins de l'affront que François sembloit faire à la Combalet, abandonnée après une recherche publique. Le Duc supposa que Richelieu avoit rejetté lui-même la proposition, en répondant que sa nièce étoit résolue à accomplissement de son voeu de prendre le voile.
//...//
[/color]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
urs staub
Roy


Nombre de messages: 2353
Date d'inscription: 11/05/2005

MessageSujet: Re: projets-mariages pour la Combalet   Dim 4 Mai - 3:17

Avec Gaston d'Orléans:

Dès qu'on vid que le cardinal déchu de l'espérance de marier sa nièce au Duc François de Loraine, faisoit poursuivre si vivement la dissolution du mariage du Duc d'Orléans, un bruit sourd se répandit dans le monde, que Richelieu prétendoit réduire l'Hérétier présomtif de la Couronne à épouser la Combalet.
Montrésor bien informé de se qui se passoit chez Gaston, assure que l'oncle & sa nièce pensèrent véritablement à cette affaire, sur tout depuis le retour de Son Altesse Roiale en France vers la fin de cette année (1634) ou du moins après la disgrace & mort de Puylaurens [été 1635].
La Rivière, Goulas, Chavigni, ...domestiques de Gaston, vendus au cardinal, & Chaudebonne lui-même avec ses belles apparences de pobrité, emploièrenet tous les artifices dont ils purent s'aviser, afin d'inspirer de l'amour à un jeune Prince.
On ne perdoit aucune occasion de louër en sa présence la beauté de Combalet. On le conduisoit adroitement par tout où elle alloit afin de l'embarquer.

"La créature, dont la personne ne manquoit pas d'attraits, ne s'aidoit pas mal", ajoute Montrésor. "Sa modestie affectée cachoit l'ambitieux désir de s'ouvrir le chemin à une fortune si glorieuse pour elle, & si supérieure à sa naissance & au rang que son mari lui devoit donner, s'il eût vécu."
Le projet du Cardinal & de sa nièce aiant été découvert, ou par l'indiscrétion de quelque confident, ou par la maligne pénétration des Courtisans, la Maisons de Loraine, & sur tout la Princesse de Phaltzbourg, prirent l'allarme. Celle-ci refugié à Bruxelles, chercha les moiens de soûtenir ce qui avoit été fait à Nanci, & d'empêcher que Richelieu ne vint à bout de faire casser le mariage de Gaston avec Marguerite.


--------------------------------------------------------------------------------
ORIGINAL - Mémoires de Montrésor : ~ 1635 ~
" .... Pour corrompre les bonnes intentions de Monsieur, ils mettoient en pratique toutes les adresses dont ils étoient capables de s'aviser; et comme la duchesse d'Aiguillon avoit assez de grâces en sa personne pour donner de l'amour à un jeune prince, ils ne se perdoient aucune occasion de la louer en sa présence, et de le faire trouver où elle alloit, pour l'embarquer d'affection.
De son côté, elle ne s'aidoit pas mal et cachoit, sous la modestie qu'elle a toujours affectée, l'ambition qu'elle avoit de s'ouvrir le chemin à une condition si glorieuse pour elle, et si disproportionnée à sa naissance et au rang que son premier mariage lui devoit faire tenir.

Dans ces négociations, honteuses pour ceux qui les avoient entreprises, je considérois Monsieur dans une douleur exrême; car je connoisois véritablement qu'il avoit une entière répugnance de s'imposer une contrainte qui convenoit si peu à la naissance d'un prince de sa qualité, et me faisoit l'honneur de s'en ouvrir souvent à moi, qui lui eusse souhaité plus de vigeur et de résolution; mais ce que je pouvois dans cet ambarras d'affaire, où sa réputation étoit si fort intéressée, n'alloit qu'à lui représenter ce qu'il devoit à Madame et à s propre conscience, qui seroit éternellemnt troublée s'il commettoit une action qui le rendroit le plus déshonoré prince du monde, et qu'à toute extrémité il y avoit des remèdes infaillibles pour se délivrer de persécution.
Ce qui soulageoit infiniment dans celle qu'il recevoit au nom du Roi par le cardinal, c'étoit la connoissance qu'il avoit que Sa Sainteté ne favorisoit point les prétentions de la France sur le sujet de ce démariage, et fondoit son refus d'admettre les instances faites par l'ambassade de Sa Majesté à Rome sur la lettre écrite de Bruxelles pas Son Altesse, que j'ai ce-devant alléguée comme la cause plus effective de la mort de Puylaurens."

--------------------------------------------------------------------------------

Histoire de Michel Le Vassor:

Avec - Bernard de Saxe-Weimar:
1636 :
.... Le Palais-Cardinal n'étoit guères moins agité que le Parlement. Il y avoit de la division & deux puissantes factions. Le Maréchal de Brézé, nouvellement revenu de Hollande, vivoit en fort mauvaisse intélligence avec la Combalet. Tous deux avoient leurs créatures & leurs partisans. Servien, Secrétaire d'Etat, s'attachoit au Maréchal. Mais on trouva moien de le perdre dans l'esprit de Richelieu, & le parti de Combalet prévalut. Je ne sais pas bien les véritables raisons de la disgrace de Servien.

//........, le Cardinal se mit en tête de marier sa nièce Combalet au Duc de Weymar qu'il ne désespéroit pas de voir bientôt Landgrave d'Alsace. Le mariage fut, dit-on, proposé à Bernard.
Il le rejetta d'une manière qui dut bien choquer l'oncle & la nièce.

Il dit: "Madame de Combalet est assez belle pour en faire une maîtresse, mais M. le Cardinal me connoit fort mal, s'il me croit capable de consentir à une alliance si inégale ".

Bernard raconta cette repartie à Hervart, alors son confident, & depuis Controlleur Général des Finances en France, emploi dont le Cardinal Mazarin récompensa un service fort important rendu à Louis XIV durant sa minorité. Hervart fut fort affligé de ce que Weymar s'étoit si librement expliqué.
"Ces sentimens, Monseigneur, sont dignes d'un d'un Prince de vôtre auguste Maison. Mais plût à Dieu que vous ne les eussiez point declarés. On ne manquera pas de les rapporter à M. le Cardinal. Vous connoissez combien il est sensible au mépris, & à quel excès son humeur vindicative est capable de la porter."
On a cru que Richelieu irrité au dernier point contre Bernard, pensa dès-lors à se défaire de lui. Je tiens cette anecdote d'un fort bon endroit. Cependant beaucoup de gens auront de la peine à se persuader que le Cardinal ait voulu donner sa nièce à un Protestant. Cette difficulté m'arrêteroit peut-être, si j ne trouvois dans la lecture de Grotius qu'on se flattoit à la Cour de France d'attirer le Duc de Weymar à la Communion de Rome.
//
1636 :
A propos des réfléxions faites à Rome sur le grand nombre de créatures, que le cardinal acqueroit par la distribution des Evêchés & bénéfices, je le louerois ici volontiers d'avoir donné quelques excellens Prélats à l'Eglise de France, si je ne craignois qu'il n'y eût des motifs secrets d'ambition & d'orgueil dans la nomination de trois ou quatre grands hommes à des Evêchés reculés au fond du Roïaume & peu considérables. Si Richelieu avoit pris à tache de remplir dignement les premiers sièges de l'Eglise de France, il mériteroit certainement de grands éloges. Mais quatre ou cinq Ecclésiastiques par la recommandation de sa nièce Combalet, ou de quelques-uns de ses confidens, ne l'excuseront jamais d'avoir mis un fort grand nombre de sujets indignes dans les premiers places du Clergé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
urs staub
Roy


Nombre de messages: 2353
Date d'inscription: 11/05/2005

MessageSujet: Re: projets-mariages pour la Combalet   Dim 4 Mai - 3:26

De son côté [de la Combalet], elle ne s'aidoit pas mal et cachoit, sous la modestie qu'elle a toujours affectée, l'ambition qu'elle avoit de s'ouvrir le chemin à une condition si glorieuse pour elle, et si disproportionnée à sa naissance et au rang que son premier mariage lui devoit faire tenir.

Si je compare cet impression qui portait Montrésor de "la Combalet"
[lui, il connaîssait d'ailleurs bien la cour de Richelieu, mais sous les conditions d'ennemi]

... avec les funerailles de sa mort [17.04.1675]
on sais facilement en conclure que les les accusation sont des calomnies ...fausses!!

Sa modestie était vrai et ne pas affectée,
mais ça coûte de reconnaître des vertus aux ennemis!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
urs staub
Roy


Nombre de messages: 2353
Date d'inscription: 11/05/2005

MessageSujet: Re: projets-mariages pour la Combalet   Mar 6 Mai - 0:25

Relation faite par le Vicomte de Fontrailles : :

"...Le Roi étoit sans enfans, et sa santé si incertaine depuis la grand maladie qu’il avoit eue à Lyon [fin septembre de 1630], que M. le cardinal de Richelieu s’estima obligé, dedans le doute de la durée de sa vie, de regarder plus exactement à la conduite qu’il dévoit tenir sur le sujet de M. le duc d’Orléans, présomtif héritier de la couronne.
Il crut que le moyen le plus assuré étoit de procéder à la rupture de son mariage, afin de parvenir à celui de sa nièce, la duchesse d’Aiguillon, parce que, ce dessein lui succédant selon son espérance, il se promettoit de perpétuer sa domination si absolue, qu’elle seroit égale, si elle ne surpassoit autrefois celle que les maires du palais avoient autrefois usurpée.
Mais ayant rencontré Son Altesse plus ferme et plus attachée à maintenir son mariage qu’il ne s’étoit persuadé, il attribua cette résitance à Puylaurens; et ne restant pas satisfait de la peine de la prison qui lui étoit imposée, il le sacrifia à son ressentiment, sans qu’il eût aucune conviction contre lui que celle d’être tombé dans le malheur de lui déplaire."
//...//
".... Il [Louis XIII] avoit fait souffrir tant de choses à la Reine, à son retour de Longuedoc, qu'il se rendoit irréconciliable avec elle, et se portoit sur ce fondement à telle aigreur, qu'il déclairoit ouvertement avoir perdu toute considération pour elle.
A l'égard de Son Altesse, il faisoit paroître moins d'aversion à s'appuyer de lui, quoiqu' il eût beaucoup relâché de l'ardeur qu'il avoit autrefois témoignée pour son mariage avec la duchesse d'Aiguillon : - les démonstrations ne s'étendoient pourtant qu'à des civiltés extérieurs, qui ne produisoient nul effet que celui de donner des preuves évidentes de sa profonde dissimulations, que Monsieur n'avoit pas moindre, à lui céler ses sentimens."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
urs staub
Roy


Nombre de messages: 2353
Date d'inscription: 11/05/2005

MessageSujet: Re: projets-mariages pour la Combalet   Mer 4 Juin - 16:44

Autre projet-mariage - ignoré depuis tout les temps -
découvert le 3.juin 2008 par Sherlock Holmes

Lettre de A.F.de Thou à A.M.du Puy :
Rome, 8 avril 1627
Il s'est dit une nouvelle ridicule d'abord,
mais peut-être qui se trouvera vraie,
que le cardinal voulait donner à M. le Grand-Prieur* pour femme,
madame de Comballet,
et le tirer d'affaire ° : ...


* = Alexandre, chevalier de Vendôme,
(19.04.1598 - 08.02.1629 en prison)
* chev. de Malte [frère de César & fils ilégitime de Henri IV..."demi-frère" de Louis XIII.]

° c'est l'affaire avec:
- Henri de Talleyrand de Chalais
[décapité, mercredi le 19.08.1626 à Nantes
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

projets-mariages pour la Combalet

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: LE CARDINAL :: Sa famille-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet