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 Famille de LaPorte-de LaMeilleraye de Parthenay

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urs staub
Roy


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Date d'inscription: 11/05/2005

MessageSujet: Famille de LaPorte-de LaMeilleraye de Parthenay   Jeu 5 Juin - 5:38

Histoire de la ville de Parthenay, de ses anciens seigneurs et de la Gâtine du Poitou.
Par Bélisaire LEDAIN, avocat, membre de la société des Antiquaires de l’Ouest. Paris, 1858.


Chapitre VIII

LES LA PORTE-LA-MEILLERAYE, SEIGNEURS DE PARTHENAY

Sommaire
Origine des la Porte. — Leur arrivée à Parthenay. — François de la Porte, avocat au
parlement de Paris. — Acquisition de la seigneurie ‘de la Meilleraye. — Biographie du maréchal duc de la Meilleraye, seigneur de Parthenay. — Malversations dans les
finances à Parthenay. — Le duc de Mazarin et Hortense Mancini. — Construction du
château de la Meilleraye. — Grand procès relatif à la baronie de Parthenay. —
Érection de l’hôpital général de Parthenay. — Établissement des filles de l’Union-
Chrétienne. — Derniers ducs de la Meilleraye. — Mairie perpétuelle de Parthenay. —
Tarif de 1749. — Renouvellement de la mairie par l’dit de 1764. — Le comte d’Artois,
dernier seigneur de Parthenay.

Les LA PORTE depuis leur arrivée en Gâtine jusqu’au maréchal de la Meilleraye.
Les la Porte-la-Meilleraye descendent en ligne directe de Guillaume de la Porte, fils puîné d’un seigneur de Vezin en Anjou. Raoul de la Porte écuyer, seigneur de la Lunardière, fils de Guillaume, fut envoyé à Parthenay à titre de gouverneur, vers l’an 1530, par Louis Il, duc de Longueville, possesseur de cette baronnie. Dès lors il se fixa en Gâtine où sa haute position ne tarda pas à lui acquérir une grande influence et une fortune considérable. Il épousa Madeleine Chapelain, fille du seigneur de Perdondalle,
petit château situé près de Parthenay, et appelé depuis Chalandeau. De ce mariage naquirent trois fils et une fille : François de la Porte, Jean de la Porte, prieur de la Maison-Dieu et de Parthenay-le-Vieux, et un autre plus jeune qui entra dans l’état ecclésiastique. La fille fut mariée au seigneur de la Tour
Signy (*)
.
[Manuscrit de Joseph Aubert, de Parthenay.]
François de la Porte l’aîné, seigneur de la Lunardière, la Meilleraye, Boisliet et Villeneuve, quitta de bonne heure la ville de Parthenay qui l’avait vu naître, pour aller à Paris se livrer à l’tude de la jurisprudence. Ses talents lui acquirent une réputation justement méritée, et il exerça avec tant d’éclat la profession d’avocat au parlement de Paris, qu’il fut élevé par ses collègues à la dignité de bâtonnier. Mornac, illustre avocat de son temps, en fait un grand éloge. Ses relations étendues le mirent en rapport avec beaucoup d’hommes distingués, notamment avec le célèbre Dumoulin. Il fut
même appelé, dans une circonstance mémorable, à venger l’outrage que ce savant jurisconsulte reçut du premier président Christophe de Thou. Un jour Dumoulin plaidant au parlement, s’nonçait avec difficulté, lorsque le premier président, impatienté, l’interrompit brusquement en lui imposant presque silence d’une façon fort désobligeante. Les avocats, se regardant tous comme offensés dans la personne de leur confrère, résolurent de se plaindre à M. de Thou lui-même, et chargèrent François de
la Porte, leur bâtonnier, de porter la parole. On connaît l’apostrophe très vive qu’il adressa au premier président « Cùm hodiè Molinœum, collegam, verbo lœseris, quid abs te factum putes ? Lœsisti hominem doctiorem quàm nunquàm eris… » Lorsqu’aujourd’hui vous avez offensé par vos paroles Dumoulin, notre collègue, que pensez-vous avoir fait ? Vous avez blessé un homme qui en sait plus que vous n’en saurez jamais, etc... M. de Thou reconnut noblement son tort et s’excusa de sa vivacité (*)
[Hist. du Poitou, par Thibaudeau, t. 2, p. 53. — Dict. hist. des familles de l’anc. Poitou, par Beauchet-Filleau et de Chergé, t. 2, p. 539. — Biographie des Deux-Sèvres, par Briquet, p. 92, 93.]

Parthenay produisit à la même époque un autre jurisconsulte, Simon Pouvreau, dont le talent, moins remarqué que celui de François de la Porte, n’en fut peut-être pas moins solide. Simon Pouvreau, issu d’une ancienne famille bourgeoise de Parthenay, après avoir fait ses études à l’université de Poitiers se consacra dans cette ville aux luttes du barreau. Il est l’auteur d’un recueil do jurisprudence intitulé : Sommaire d’arrestz donnez ès cours suprêmes de ce royaume concernans les matières civiles et
criminelles, où la science ne brille pas moins que la clarté. Cet ouvrage fut imprimé à Poitiers en 1562
(*) [Un exempl. de l’ouvrage de Pouvreau existe à Ia bibliot. de Poit.]
François de la Porte avait épousé en premières noces, le 26 mars 1548, Claude Bochard, fille d’Antoine Bochard, seigneur de Farinvilliers, conseiller au parlement de Paris, dont il eut Suzanne de la Porte, qui épousa François Duplessis de Richelieu, et donna le jour au fameux cardinal-ministre. Sa seconde femme, Madeleine Charles, fille de Nicolas Charles, seigneur du Plessis-Picquet, qu’il épousa le 28 avril 1559, le rendit père de cinq enfants : Charles 1er de la Porte, seigneur de la Lunardière et de la Meilleraye ; François de la Porte, seigneur de la Jobelinière ; Raoul de la Porte, seigneur de Boisliet ;
Amador de la Porte, prieur de la Madeleine de la Maison-Dieu, chevalier de l’ordre de Malte, et Léonore de la Porte, qui épousa, en 1579, François de Chivré, seigneur du Plessis (*) [Hist. généal. de la Maison de France, par le P. Anselme, t. 4, p. 624 et suiv.]
Dans les dernières années de sa vi e, François de la Porte abandonna la capitale et la brillante position qu’il s’y était acquise, pour se retirer au château de la Meilleraye, près de Parthenay, qu’il possédait depuis peu de temps. Durant tout le quinzième siècle, cette terre avait appartenu à la famille de Liniers. En 1563, Marguerite de Maillé, veuve de Louis de Maraffin, en était propriétaire (*) [Affiches ; c’est elle sans doute qui la vendit à la famille de la du Poitou, année 1781, chronolog. des seigneurs de Parthenay.]
Porte (*) [On ignore l’poque précise de l’acquisition de la Meilleraye par les la Porte. Le capucin Joseph Aubert, de Parthenay, nous apprend que cette petite seigneurie fut achetée par Jean de la Porte, prieur de la Maison-Dieu et de Parthenay-le-Vieux,
frère de François de la Porte, et il ajoute formellement que ce dernier fut seigneur de la Meilleraye. Le père Anselme, dans son Histoire généalogique, prétend au contraire que ce fut Charles 1er de la Porte, fils de François, qui acheta la Meilleraye. Mais il commet évidemment une erreur. Aubert, qui écrivait au XVIIe siècle, étant originaire de Parthenay où il habita toujours, et connaissant parfaitement l’histoire de la famille la Porte, est bien plus compétent sur cette question purement locale. Il faut
donc admettre avec lui que François de la Porte fut véritablement seigneur de la Meilleraye, et que Jean de la Porte, son frère, en fut l’acquéreur et la lui transmit. D’ailleurs le témoignage d’Aubert, est confirmé par un passage du journal de Michel le Riche, contemporain et ami de François de la Porte. Quant à l’poque précise de l’acquisition de la Meilleraye, on ne peut affirmer qu’une François de la Porte réunissait parfois à chose, c’est qu’elle eut lieu postérieurement à 1563 et antérieurement à 1584.
la Meilleraye ses nombreux amis. Michel le Riche, avocat du roi au siége de Saint-Maixent, raconte qu’il assista un jour (18 novembre 1584) à une de ces réunions d’lite. Ce fut la dernière. Peu de jours après, François de la Porte tomba malade et mourut à Parthenay le 19 janvier 1585. Il fut enterré dans l’glise de Saint-Laurent (*)
[Voici le passage du journal de Michel le Riche qui a trait à cet événement : « Le dimanche, 18 novembre 1584, j’allais à la Meilleraye où était fort bonne compagnie. Alors M. de la Porte-Ia-Meilleraye tomba malade d’une maladie qui lui continua jusqu’au 19 janvier suivant qu’il décéda à Parthenay où il fut mis en sépulture le lendemain en l’glise de Saint-Laurent. » M. de la Fontenelle prétend que c’est Charles 1er de la Porte, fils de François, qui est désigné dans ce passage ; cela n’est pas possible. Michel le Riche entend évidemment parler de François de la Porte lui-même, car Charles, qui devait atteindre à peine ses 24 ans, en 1584, ne mourut que bien plus tard.] Charles 1er de la Porte, fils aîné de François, seigneur de la Lunardière et de la Meilleraye, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, épousa, le 16 mars 1596, Claude de Champlais, fille de François de Champlais. De ce mariage naquirent : Charles Il de la Porte, duc de la Meilleraye, maréchal de France, et Madeleine de la Porte, abbesse de Chelles en 1645 (*)
[Hist. généal., par le P. Anselme, t. 4, p. 624 et suiv. — Joseph Aubert.]
Amador de la Porte, autre fils de François, entra dans l’ordre de Malte où il parvint aux premières dignités. Il devint, en effet, trésorier général de l’ordre, grand prieur de France, bailli de Morée amiral des galions de Malte. Ces fonctions ne l’empêchèrent pas de rendre de nombreux services à la France, sa patrie. Au siége de la Rochelle, il commandait la flotte, et repoussa victorieusement les vaisseaux
anglais qui voulaient pénétrer dans le port. Il fut ensuite nommé intendant général de la navigation, puis, en 1633, gouverneur de la Rochelle et de l’Aunis. Déjà, en 1619, il avait été investi du gouvernement d’Angers, et en 1626 de celui du Havre. Il mourut à Paris, le 31 octobre 1644, et fut inhumé au Temple.
CHARLES II DE LA PORTE, duc de la Meilleraye, grand maître de l’artillerie, maréchal de France, seigneur de Parthenay (1641-1664). Charles Il de la Porte, fils de Charles 1er de la Porte, seigneur de la Meilleraye, naquit en 1602 à Parthenay ou au château de la Meilleraye (*) [Nous ne savons sur quoi s’appuie M. Briquet, dans sa biographie des Deux-Sèvres, pour avancer que Niort est la ville natale du maréchal de la Meilleraye. Rien ne semble justifier cette étrange assertion, puisque la famille la Porte a toujours habité la Gâtine, et principalement Parthenay et la Meilleraye. Rien ne justifie non plus l’assertion de M. Lebas (Di ct. encycl. de France, t. 10, p. 14) prétendant qu’il est fils d’un apothicaire de Parthenay. La. Élevé d’abord dans les
filiation du maréchal de la Meilleraye est fort bien établie dans l’ouvrage du P. Anselme.] principes du protestantisme, il ne tarda pas à les abjurer entre les mains du cardinal de Richelieu, son cousin-germain, qui lui avait enseigné avec soin les vérités du catholicisme (*) [Elogium Caroli de la Porte ducis. Il se destina de bonne heure à la profession des Melleraei auct. Claudio d’Argenson. August. Pictonum, 1664, in-8).]
armes pour laquelle il avait un goût prononcé. Le cardinal de Richelieu, qui l’aimait beaucoup et qui avait su deviner ses talents militaires, l’entoura de sa puissante protection. Au siége de la Rochelle, en 1628, le jeune Charles de la Porte commandait un régiment. Plein de courage et de présomption, il commit devant cette place une imprudence qui faillit lui devenir funeste. Ayant provoqué en duel la Cottencière-Bessay, gentilhomme protestant, réfugié à la Rochelle, la rencontre eut lieu au milieu d’une sortie de la garnison, afin de ne point donner l’veil. Mais cette escapade ne put passer inaperçue. On sait avec quelle sévérité les duels étaient; alors défendus. Traduit devant un conseil de guerre, la Meilleraye fut condamné à la dégradation; mais, grâce à la protection du cardinal, cette affaire n’eut aucune suite fâcheuse. Le jeune colonel reprit le commandement de son régiment, et fit oublier son indiscipline par la valeur avec laquelle il repoussa une sortie de la garnison rochelaise à la tête de 50
mousquetaires, sous les yeux même du maréchal de Bassompierre (11 avril 1628) (*)
[Mémoires de Bassompierre.]
Bientôt les deux campagnes du Piémont, entreprises en 1629 et 1630 pour secourir le duc de Mantoue menacé par les Espagnols et les Impériaux, lui offrirent l’occasion de se faire mieux connaître. Il se signala par son brillant courage à l’attaque du Pas-de-Suze (6 mars 1629) et au combat du pont de Carignan (août 1630). Dans l’intervalle de ces deux expéditions, il épousa, le 26 février 1630, Marie Ruzé d’Effiat, fille du maréchal d’Effiat. En 1632, il fut nommé gouverneur de la ville et du château de Nantes, et le roi le fit chevalier de ses ordres le 15 mai 1633 (*) [Hist. généal. de la maison de France, par le P. Anselme, t. IV, p. 624 et s., et t. VII, p. 519. — Le maréchal de la Meilleraye, par de la Fontenelle de Vaudoré.] Élevé à la dignité éminente de grand maître de l’artillerie par lettres du 11 août 1632, le seigneur de la Meilleraye ne tarda pas à justifier ce choix flatteur par sa belle conduite au siége de la Mothe, dans la guerre contre le duc de Lorraine qui favorisait les rébellions de Gaston, frère du roi (1634). Mais il n’entra dans l’exercice de ses nouvelles fonctions que le 27 septembre 1634, jour où il prêta serment entre les mains du roi (*) [Hist. généal, par le P. Anselme, t. IV et VII.]
La guerre contre l’Espagne et l’Empire allait faire briller dans tout leur éclat les grandes qualités militaires de Charles de la Porte et son habileté dans l’art des siéges qui le fit surnommer le Preneur de villes. Dès le début des hostilités, il concourut au gain de la bataille d’Avein dans les Pays-Bas (20 mai 1635) ; puis, en sa qualité de grand maître de l’artillerie, commanda le siége de Louvain, qu’on fut obligé de lever le 4 juillet 1635. Nommé lieutenant général le 8 mai 1636, il servit sous les ordres du prince de Condé au siége de Dôle en Franche-Comté (juillet 1636). L’année suivante, il rendit de grands services à l’armée du cardinal de la Valette qui avait été chargé d’envahir le Hainaut. De concert avec lui, il emporta Bohain, Landrecies, Maubeuge, et reprit la Capelle dont les Espagnols et les Impériaux s’étaient emparés (1637). Au milieu de ces occupations guerrières, il contracta, le 20 mai 1637, une seconde union avec Marie de Cossé, fille de François de Cossé, duc de Brissac. Sa première femme était morte à Paris en 1633(*) [Idem. — Le maréchal de la Meilleraye, par de la Fontenelle.]
En 1639, le commandement du corps d’armée destiné à attaquer I’Artois fut confié au seigneur de la Meilleraye. Le 20 mai, il investit l’importante forteresse de Hesdin à la tête de vingt-cinq mille hommes de pied, sept mille chevaux et trente pièces de canon. Son premier soin fut de faire commencer une vaste ligne de circonvallation, afin de se mettre à l’abri des attaques du dehors. Puis, sans attendre la fin de cet immense travail, il fit ouvrir la tranchée dès le 22 mai. Les travaux du siége furent poussés avec tant de vigueur et d’habileté que la place, craignant d’tre emportée d’assaut, se rendit au bout de six semaines (29 juin 1639). La prise de Hesdin couvrit de gloire le grand maître de l’artillerie. Louis XIII, qui avait assisté à la fin du siége, le récompensa dignement en le nommant maréchal de France. Ce fut sur la brèche même de la ville conquise que le roi, tenant une canne à la main, lui conféra cette haute dignité:
« Je vous fais maréchal de France, dit-il ; voilà le bâton que je vous en donne ; les services que vous m’avez rendus m’obligent à cela : vous continuerez à me bien servir. » La Meilleraye ayant répondu qu’il
N’était pas digne de cet honneur ; « trêve de compliments, reprit le roi, je n’ai jamais fait un maréchal de meilleur cœur que vous (30 juin). »
Le 4 août suivant, le nouveau maréchal battit les troupes du marquis de Fuentès, et peu de temps après força le château de Ruminghen en Flandre (*)
[Le siége de Hesdin, par messire Antoine de Ville, chevalier ; Lyon, 1639. Ce livre très curieux et très rare est dédié au maréchal de la Meilleraye. Il m’a été communiqué par M. Bonsergent, conserv. à la bibliot. de Poitiers, qui le possède.
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urs staub
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MessageSujet: Re: Famille de LaPorte-de LaMeilleraye de Parthenay   Jeu 5 Juin - 5:38

— Le maréchal la Meilleraye, par de la Fontenelle. — Biographie des Deux-Sèvres, par Briquet.— Hist. Généal., par le P. Anselme, t. IV et VII. — Joseph Aubert. — Hist. de France, par Henri Martin.]

Le maréchal de la Meilleraye fut moins heureux au début de la campagne de 1640. Envoyé dans le Hainaut, il échoua devant Charlemont et Marienbourg (mai). Mais il prit bientôt une revanche éclatante. Ayant reçu l’ordre d’aller se joindre aux maréchaux de Chaumes et de Châtillon pour assiéger Arras, il concourut énergiquement à la prise de cette place importante sur les Espagnols. Après un siége laborieux de deux mois, Arras se rendit le 9 août 1640; la Meilleraye et les autres chefs y firent une entrée solennelle à la tête de l’armée française. L’année suivante, conformément aux ordres de
Richelieu, il continua la conquête de l’Artois et enleva successivement aux Espagnols Aire (26 juillet 1641), la Bassée, Lens et Bapaume (18 septembre) (*) [Idem.]
La campagne de Roussillon ajouta un nouveau lustre à sa gloire. Chargé du commandement de l’armée destinée à reconquérir cette province sur les Espagnols, il s’empara d’abord de Collioure le 10 avril 1642, et assiégea, conjointement avec le maréchal de Schomberg, l’importante ville de Perpignan, qui ne se rendit que le 9 septembre 1642 après une longue résistance. Il prit ensuite Salces (29 septembre),
et soumit tout le reste du Roussillon (*) [Idem.] Le maréchal de la Meilleraye acheta, le 14 juin 1641, à Henri Il, duc de Longueville, la baronnie de Parthenay et les autres châtellenies dont il était possesseur en Gâtine. Cette acquisition lui coûta trois cent mille livres (*). Déjà, en 1637, il [Manuscrit de Joseph Aubert. — Hist. du Poitou, par Thibaudeau, t. 2, p. 52.] avait acquis la seigneurie de Saint-Maixent (*)
[Pièces manuscrites faisant suite à la collection de dom Fonteneau. Il acheta également la châtellenie de Secondigny (*) érigée en comté et (bibl. de Poitiers).]
[Joseph Aubert.] détachée des terres de Parthenay depuis la dernière moitié du XVIe siècle, époque à laquelle elle appartenait au maréchal de Cossé (*). Au commencement du [Journal manuscrit de Michel le Riche, année 1578.] XVIIe siècle, Louis Gouffier d’Oiron en était possesseur (*). Ainsi de simples [Thibaudeau, t. 2, p. 181.]
vassaux de Parthenay qu’ils étaient naguère, les la Porte-la-Meilleraye devinrent subitement maîtres de tous les domaines possédés jadis par les Larchevêque.
La mort de Richelieu (4 décembre 1642) ne changea point la position et n’branla nullement le crédit du maréchal de la Meilleraye. L’adroit ministre avant d’expirer avait recommandé son cousin au cardinal de Mazarin qui devait lui succéder dans l’administration de l’État. Le maréchal de la Meilleraye resta donc en faveur sous le nouveau règne qui commençait, et une nouvelle dignité, le gouvernement de
Bretagne, lui fut conférée au mois de décembre 1643, pendant qu’il se trouvait à Nantes, dont il était déjà gouverneur (*) [Le maréchal de la Meilleraye, par de la Fontenelle.]
La guerre qui se poursuivait plus vivement que jamais contre l’Espagne et l’Empire le rappela bientôt sur les champs de bataille. Envoyé en qualité de lieutenant général à l’armée des Pays-Bas, sous les ordres du duc d’Orléans, il s’empara de Gravelines, dont il avait dirigé le siége avec beaucoup d’habileté (28 juillet 1644). Rentré un moment en France, il vient à Nantes où il fonde l’Hôtel -Dieu (14 mars 1646), puis il va rejoindre presque aussitôt la grande armée à la tête de laquelle le duc d’Enghien et le duc d’Orléans se préparent à envahir les Pays-Bas. Dans cette expédition, il concourut efficacement à la prise de Courtray (28 juin 1646) et de Mardick (25 août). Il ne quitta le thétre des hostilités que pour aller prendre part ailleurs à de nouveaux combats et remporter de nouveaux triomphes. Envoyé en Italie avec le maréchal Duplessis-Praslin pour enlever aux Espagnols plusieurs places maritimes, il accomplit dignement sa mission en s’empara nt de Piombino en Toscane (9 octobre 1646), et de Porto-
Longone dans l’le d’Elbe (29 octobre 1646) (*) [Hist. généal., par le P. Anselme, t. IV et VIl. — Le maréchal de la Meilleraye, par de la Fontenelle. — Biographie des Deux-Sèvres, par Briquet. — Hist. de France, par H. Martin.] Pendant les troubles de la Fronde, le maréchal de la Meilleraye demeura fidèle au pouvoir. Il fut un
moment surintendant des finances. A La journée des barricades (26 août 1648), il fut d’abord employé comme négociateur auprès de la multitude par la reine Anne d’Autriche. Obligé ensuite de protéger la cour contre l’insurrection, il montra beaucoup de fermeté sans pouvoir néanmoins opposer une résistance sérieuse aux révoltés, à cause du nombre insuffisant de troupes placées sous ses ordres. La
régente lui donna aussi la mission de signer le traité de Rueil (11 mars 1649) (*)
[Le maréchal de la Meilleraye,. En 1650, il fut envoyé en Poitou contre le prince de Marsillac, gouverneur de cette par de la Fontenelle.]
province, qui s’tait laissé entraîner dans les rangs des frondeurs. Les rebelles se dispersèrent à son approche (*) . Il alla ensuite réprimer les mouvements de la
[Hist. du Poitou, par Thibaudeau, t. 3, p. 311.] Guienne, et assiégea Bordeaux sous les yeux même de la cour, du jeune roi et de Mazarin. Les frondeurs, après quelque résistance, finirent par lui ouvrir les portes de la ville. Lorsque l’attitude plus menaçante de la Fronde eût contraint Mazarin de se réfugier en Allemagne (1651), le maréchal de la Meilleraye se retira momentanément dans ses domaines de Gâtine. Le 9 juillet
1651, nous le voyons avec la duchesse Marie de Cossé, son épouse, tenir sur les fonts du baptême, dans l’glise de Sainte-Croix de Parthenay, le fils de Jean Clabat, bailli de Gâtine. Ce magistrat avait épousé Françoise de la Porte, parente du maréchal (*)
[Registres de l’tat civil de la paroisse de Sainte-Croix (hôtel de ville de Parthenay). — Nous ignorons le degré de parenté qui unissait Françoise de la Porte au maréchal.]
Depuis cette époque jusqu’ sa mort, le maréchal de la Meilleraye, que le poids des années et les fatigues de la guerre avaient beaucoup affaibli, ne prit aucune part aux événements militaires. En 1661, il reçut Louis XIV à Nantes en qualité de gouverneur de la ville. Le grand roi, voulant noblement
récompenser les services de Charles de la Porte et réaliser en même temps l’intention qu’en avait autrefois manifestée Louis XIII, érigea en duché-pairie, par lettres patentes du mois de décembre 1663, les terres de Parthenay et de la Gâtine, sous le nom de duché de la Meilleraye (*) [Joseph Aubert, de Le nouveau pair ne jouit pas
Parthenay.— Hist. généal, du P. Anselme, t. 4, p. 6é4 et suiv.— Thibaudeau, t. 2, p. 54.]
longtemps de l’insigne dignité qui formait en quelque sorte le couronnement de toutes celles qu’on lui avait prodigué pendant le cours de sa brillante carrière.
Il mourut à Paris, à l’Arsenal, le 8 février 1664, âgé de 62 ans. Son corps, inhumé provisoirement dans l’glise des Jésuites de la rue Saint-Antoine, fut transporté plus tard à Parthenay, et déposé, par ordre du duc de Mazarin son fils, dans le chœur de l’glise de Sainte -Croix, le 24 mai 1681. La sépulture eut lieu sous la surveillance du sieur Benoît, chapelain du château de la Meilleraye, qui avait été chargé du soin de remettre le corps entre les mains des chanoines de Sainte-Croix (*)
[Inventaire des titres du trésor de Sainte -Croix. Hist. du Poitou, par Thibaudeau, t. 2, p. 54. — Hist. généal., du P. Anselme, t. 4, p. 624 et suiv. — . Le tombeau en marbre noir, qu’on érigea à l’illustre défunt, Le maréchal de la Meilleraye, par de la Fontenelle.]
fut enlevé de l’glise à l’poque de la révolution, et les cendres jetées au vent. Après la restauration du culte, il fut remis à la même place qu’il occupait autrefois (*)
[Le tombeau du maréchal de la Meilleraye a été enlevé de nouveau du milieu du chœur de Sainte-Croix et relégué dans un coin de l’glise en 1853. Ce déplacement est très
regrettable. En effet, ce monument, qui se composait d’une magnifique table de marbre noir longue de 2 mètres 36 centimètres et reposant sur six pieds également en marbre, n’tait point indigne de figurer à la place d’honneur qu’il occupait. Il indiquait par sa position l’endroit même où fut inhumé le maréchal, et rappelait conti nuellement à l’esprit le souvenir de cet homme éminent et de sa famille, dont la mémoire doit être particulièrement chère à l’glise de Sainte-Croix qu’elle combla de bienfaits. Espérons
qu’il sera promptement rétabli dans le seul lieu qui lui convienne, et qu’on ne le laissera pas plus longtemps dans une place indigne de lui. Espérons aussi que la ville de Parthenay, à l’exemple des autres cités, qui presque toutes ont honoré par un monument la mémoire de leurs grands hommes, élèvera une statue au vainqueur d’Hesdin, d’Arras et de Perpignan, montrant par là qu’elle est [La plaque de marbre noire est aujourd’hui incrustée dans le sol du fière d’un de ses plus illustres enfants.] chœur de l’glise Sainte-Croix, entre les deux Gisants qui en ornent les murs orientaux.] Vers le milieu du XVIIe siècle, des malversations très préjudiciables aux intérêts de Parthenay furent commises par les collecteurs des tailles de cette ville, de concert avec plusieurs notables. La
ville de Parthenay, dont les ressources étaient fort minimes jouissait alors d’un droit connu sous le nom de chiquet, consistant dans la perception d’un dixième sur le vin vendu en détail. Le chiquet, dans la possession duquel Parthenay avait été maintenu par arrêt du conseil du 7 janvier 1634 (*) [Anciens, ne lui avait été accordé qu’ la condition d’en employer registres des délibérations de l’hôtel de ville de Parthenay.]
le produit à des dépenses d’utilité publique, telles que le paiement des gages du maître d’cole, l’entretien du pavé, de l’horloge et des murailles de ville. Mais, « contre l’intention de sa majesté, porte la requête, la majeure partie de ces fonds sont, par l’avis des riches et aisés habitants, employés à autre usage et passent entre les mains des collecteurs des tailles comme il est arrivé la présente année (1659) qu’il leur a été donné une somme de 300 livres. Les riches, par ce moyen, n’ont eu presque rien à
payer pour la taille, ayant eu soin de faire nommer des collecteurs à leur dévotion, de telle sorte que plus de quarante d’entre eux, dont les moindres ont plus de 800 livres de rente, et dont quelques-uns ont même deux, trois, quatre mille livres de rente, ne sont taxés qu’ 10, 15, 20 et 30 livres au plus, tandis que le reste des habitants est si surchargé qu’ils sont contraints de mendier leur vie, le tout à cause du divertissement que l’on fait des deniers dudit chiquet, d’où il est résulté que le collège est sans régent, faute de gages suffisants, que les murailles de la ville tombent en ruines, que le pavé est
tout dégradé, quoiqu’il y ait des ressources suffisantes pour faire face à ces dépenses, ledit dixain étant affermé plus de 800 écus, outre le loyer considérable des douves et fossés de la ville et le droit
de barrage (*)» Ces abus demandaient une répression prompte et sévère.
[Archives de la Vienne à Poitiers.] Les trésoriers généraux de France à Poitiers firent assigner devant eux les collecteurs des tailles de Parthenay, pour prononcer contre eux les peines qu’ils avaient encourues (1659) (*). Depuis cette
[Idem.] époque, ces faits regrettables ne se renouvelèrent plus.
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MessageSujet: Re: Famille de LaPorte-de LaMeilleraye de Parthenay   Jeu 5 Juin - 5:41

ici il y tout l'article - qui est encore très long!!

pour télécharcher en pdf-format!

http://www.cc-parthenay.fr/parthenay/creparth/caliber-sainque/ancien_n/plume_8.pdf
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