Mais pour achever ses grands desseins, Richelieu

avait besoin d'argent. Il s'adressa, tout naturellement au clergé qui avait le plus activement poussé au siège. Le 3 novembre 1627, il fit signer au roi des lettres de convocation d'une assemblée générale des prélats, qui ouvrit ses séances à Fontenay-le-Comte, le 27 avril, sous la présidence de l'Archevêque de Sens. Cet événement remarquable, auquel prirent part vingt-neuf archevêques, évêques et abbés, fut l'occasion de fêtes et de cérémonies pompeuses.
Notre-Dame à peine renaissante fut ornée de peintures et de décorations nouvelles, les dalles du chœur se couvrirent de riches tapis, le trône archiépiscopal surmonté de son dais et de ses crépines d'or, s'éleva au milieu des sièges de velours, et les chappes aux vives couleurs, les étoffes chatoyantes, les vases précieux brillèrent aux yeux de la foule étonnée qui se pressait dans la nef.
On décida que les séances se tiendraient à l'Hôtel-de-Ville, et l'on envoya prier le maire, Giles Fradet, et le lieutenant général de faire étayer le plancher de la salle haute pour plus de sûreté. Le maire répondit le 28 qu'il serait fait selon leur désir. Le 2 mai, arrivèrent des députations, ayant en tête le clergé du diocèse de Maillezais.
Le Vicaire Général et Jacques Valin, curé de Notre-Dame et grand pénitencier, prononcèrent des discours latins. Le lieutenant général de la sénéchaussée vint ensuite, accompagné de Julien Collardeau, procureur du roi, et de quatre officiers de justice, précédés de leurs huissiers. Le compliment du lieutenant général prononcé, le président remercia. Enfin le maire, Giles Fradet, entouré des échevins et conseillers, de bourgeois et de ses gardes ordinaires, se présenta. Le président l'accueillit d'une manière bienveillante, répondit à son discours, et le fit reconduire jusqu'à l'escalier par les agents.
Les séances, au cours desquelles le clergé vota trois millions de subsides, durèrent jusqu'au 23 mai. Le 24 au matin, une messe solennelle fut célébrée à Notre-Dame par l'archevêque de Sens, et l'Assemblée se sépara après un discours d'adieu prononcé par le sieur de Breteuille, secrétaire de l'Assemblée.