Les succès de la campagne de 1636 avaient été mêlés de revers, et lorsque l'année suivante les Impériaux envahirent la Picardie, Richelieu

eut, dit-on, un moment de doute et d'effroi ; il voyait Paris prêt à se révolter, les provinces agitées, la noblesse malveillante, le peuple aigri par l'aggravation des impôts.
Les paysans du Poitou, de l'Angoumois et de la Saintonge, où renaissait constamment l'irritante question de la gabelle, étaient en insurrection, et avaient à leur tête un frère du malheureux Chalais. La capitale du Bas-Poitou était mécontente, et de sourds grondements annonçaient un nouvel orage.
Richelieu

songea alors à s'attacher la bourgeoisie du seul centre important de la Vendée, et cette année mémo (1636) il décida l'établissement d'un présidial à Fontenay ; mais ce projet fut momentanément abandonné à la suite des instantes représentations faites au nom des habitants de Poitiers, par le médecin du cardinal, Citoys, dont le dernier descendant mâle est mort à Saint-Vincent-Puymaufrais en 1879. Plus tard l'édit de création fut rendu, puis retiré, et ce ne fut qu'au mois de mars 1644 que Fontenay, déjà siège royal, eut son présidial à la suite des instantes démarches de François Brisson, sénéchal de Fontenay.
Mais cette concession, ou plutôt cette faveur n'avait guère modifié les dispositions des campagnes, qui à l'exemple de celles de la Guyenne s'insurgèrent encore en 1636 et 1637 contre les impôts et les percepteurs. On vit sous les armes plusieurs milliers de paysans, parmi lesquels beaucoup d'anciens soldats, mais l'attitude énergique du duc de La Valette, lieutenant général de Guyenne, et celle de l'intendant du Poitou, firent mettre bas les armes à ces nouveaux « croquants ».