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 "La guerre des amoureux" - le siège de Privas en 1

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urs staub
Roy


Nombre de messages: 2353
Date d'inscription: 11/05/2005

MessageSujet: "La guerre des amoureux" - le siège de Privas en 1   Mar 9 Oct - 4:30

Paule de Chambaud [1584-1639] - La Dame de Privas

Elle est à l'origine de ce que l'on a appelé la "guerre des amoureux" et du siège de Privas par Louis XIII en 1629.
L'histoire de Paule de Chambaud, baronne de Privas, n'est pas seulement un épisode qui, de 1580 à 1632, marqua les guerres de religion. C'est aussi la passion d'une femme belle, intelligente, d'un tempérament hors du commun et qui renia sa foi huguenote par amour pour le beau vicomte de Lestrange.

Les troubles en Vivarais sous Louis XIII
L'épisode de la prise de Privas est né d'une intrigue familiale ayant pour cause la rivalité de deux prétendants. En effet, Paule de Chambaud, huguenote, charmante et fortunée châtelaine de Privas, fille du baron de Privas dont le mari avait été tué en 1617 dans les guerres du Piémont, avait le choix entre deux maris. L'un huguenot comme elle, chef des protestants en Vivarais, Joachim de Beaumont, plus connu sous le nom de Brison et gendre de Paule de Chambaud, "aspirait à devenir son mari contre toutes les lois civiles et naturelles"; l'autre beaucoup plus jeune et catholique, Claude de Hautefort, vicomte de Cheilane, fils de René Baron de Lestrange, qu'elle finit par choisir pour époux en 1620.

Les privadois, majoritairement protestants, refusèrent d'avoir à se soumettre à un seigneur catholique, se soulevèrent en 1622, assiégèrent et détruisirent le château (qui n'était pas terminé de construire) puis élirent pour chef son rival Beaumont (Brison). Mais le gouverneur du roi reprend la ville, une forte rébellion à l'autorité royale se manifeste après le mariage de la baronne de Privas. S'ensuivirent des escarmouches, d'un côté comme de l'autre, pendant neufs années, le moment de non-retour arrive quand le Roi lui-même, revenant d'Italie, entend que la ville se soumette.

Beaumont meurt en 1628, son frère est nommé par le duc de Rohan (commandant de l'armée protestante du Languedoc) à le remplacer, mais ce dernier a traité avec le Roi, promettant la soumission du Vivarais. Le duc de Rohan le remplace donc par le marquis de Saint-André Montbrun, chef de l'armée de Privas, qui est d'accord pour que Privas tienne le plus longtemps possible contre les forces du roi afin de gagner le temps nécessaire pour mieux organiser la rébellion protestante dans le midi.

Il fallut l'intervention d'une armée venue du Languedoc avec à sa tête Montmorency pour les mettre à la raison. Mais l'agitation persistait. Le duc de Ventadour annonça son intention de faire raser le Donjon de Jaujac afin d'éviter son occupation par les réformés perturbateurs. Un peu plus tard le duc de Ventadour rassemblait des troupes à Chomérac pour coopérer avec l'armée de Montmorency.

Prise de Privas
Richelieu et Louis XIII estiment le moment venu de détruire Privas pour arrêter la résistance du Midi qui persiste malgré la chute de La Rochelle. Ayant établi leur quartier général respectivement à l'Est et au Sud de Privas, ils assiégèrent la ville avec 20 000 soldats royaux dépèchés pour venir en aide au vicomte de Lestrange.

A l'issue de 16 jours de siège, au cours duquel les privadois résistèrent avec courage à l'armée royale, ceux-ci furent contraints de se rendre le 28 mai 1629. Bon nombre d'entre eux furent alors massacrés sans merci. Privas est prise, incendiée, ses combattants tués, pendus ou envoyés aux galères. Elle met beaucoup de temps à se relever, les habitants ne peuvent revenir s'y installer sans autorisation royale ; l'Édit d'Alais du 27 juin 1629, enlève aux protestants tout pouvoir politique et militaire.

Le châtiment de Lestrange
Quelques années plus tard, en 1632, à la suite d'une sombre affaire de Cour à laquelle il était mèlé, Claude de Hautefort, vicomte de Cheylane et Privas, gouverneur du Puy , commandant en Vivarais pour Monsieur et le duc de Montmorency, fut battu et fait prisonnier par le maréchal de la Force. Conduit au Pont-Saint-Esprit, il fut fouetté publiquement puis exécuté par Machault, intendant de Languedoc, en août 1632, malgré le maréchal de la Force, qui lui avait fait grâce de la vie. Les privadois purent assister à cette humiliation en mémoire de laquelle un pont sur l'Ouvèze fut construit. Cet épisode scella la réconciliation des privadois avec le pouvoir royal.


- Les Commentaires du Soldat du Vivarais par Pierre Marcha, seigneur de Prat.
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Eric
Evêque


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Localisation: Marseille
Date d'inscription: 06/06/2008

MessageSujet: Le siège de Privas   Lun 16 Fév - 20:19

Historique du Petit Tournon et du siège de Privas de 1629


Louis XIII et le Cardinal De Richelieu

L’existence du Petit Tournon précède celle de Privas de plusieurs centaines d’années, et est mentionné déjà au VIIème siècle sous son nom originel de Tournon dans la Charta Vetus comme chef-lieu de mandement*.

Le Petit Tournon vue de la route des Ollières
( essais de reconstitution de 1629 )


Le fait que ce soit le Petit Tournon qui était habité d’abord s’explique par sa topographie - étant isolée des deux cotes par deux rivières, le Mézayon à l’est et le Charalon à l’ouest, permettait au premiers habitants à se défendre plus facilement, et sa hauteur loin au-dessus des gorges qui l’entourent permet de voir de tout les cotes, et assure une défense presque parfaite, ou du moins c’est l’impression que ce site exceptionnelle donnait pendant bien des siècles.

Peu à peu la population s’étend vers Privas, de l’autre cote du Charalon, et Privas devient une ville fortifiée et très prospère au cours du moyen age.

Le Fort St. André et le village du Petit Tournon vue du Vanel

Privas a toujours été sous le contrôle des Poitiers, et ce qui la distingue et le fait d’être une ville en majorité protestante dès 1560. En 1598, selon l’édit de Nantes, Privas devient un officiel « lieu de sûreté » pour les huguenots et le centre du protestantisme de la région*.

Gravure d'Abraham Bosse sur le siège de Privas

A partir du moment où le contrôle de Privas passe des mains des Poitiers à celles de Jacques de Chambaud, « grand chef protestant », en 1599, le destin de Privas est changé à jamais, et cette belle petite ville prospère commence son inéluctable démarche vers une destruction brutale et quasi-totale au mains du Cardinal Richelieu et du Roi Louis XIII lui-même.

Le Cardinal Henri de ROHAN ( Le grand Chef Protestant )


Le Cardinal de RICHELIEU ( Premier ministre du Roi Louis XIII, Catholique)

La guerre de Trente Ans et les guerres de religions malheureusement convergent sur Privas et le Petit Tournon, et ils en feront les frais ! Que Jacques de Chambaud meurt qu’un an après son acquisition de Privas présage peut-être l’histoire dramatique à suivre pendant les prochains 29 ans.

Reconstitution de Privas et de ces remparts vue du Fort de Tournon
Mais c’est un autre mort qui provoque un désastre qui va exacerber le destin déjà périlleux de Privas. Déjà une menace à l’autorité du Roi, étant la capitale d’une région protestante qui forme presque " un état dans l’état "*.
Quand le mari de la fille de Jacques de Chambaud meurt, le destin de Privas est de nouveau en jeu. Paule de Chambaud veut se remarier avec un Catholique, tandis que la ville voudrait qu’elle se marie avec son ex beau-fils, Joachim de Beaumont, ainsi préservant le contrôle et l’identité protestante de Privas. Mais le Seigneur Catholique, Claude de Hautefort, arrive à emporter la main de Paule en 1620, déclenchant une mini guerre dite “des amoureux” dans laquelle le château de Privas, même pas terminé, est détruit.

Plan de PRIVAS vers 1620

Après plusieurs escarmouches d’un côté et de l’autre pendant les prochains 9 ans, dans lesquelles Beaumont reprend la ville prise par le gouverneur du roi et ainsi de suite, le moment de non-retour arrive quand le Roi lui-même, revenant d’Italie, s’attend que la ville se soumette.
Beaumont est mort en 1628, et son frère est nommé par le Cardinal Rohan à le remplacer, mais ce dernier a traité avec le Roi, promettant la soumission du Vivarais. Le Cardinal de' Rohan le remplace donc par le Marquis Saint-André de Montbrun, chef de l’armée de Privas, qui est d’accord pour que Privas tienne le plus longtemps possible contre les forces du roi afin de gagner le temps nécessaire pour mieux organiser la rébellion protestante dans le midi.

Privas et ces fortifications vue du Fort de Toulon

Privas est donc sacrifié pour que les autres puissent mieux se battre, mais après le malheureux sort de Privas, plus personne n’osera se battre, et le Roi gagne tout dans un seul et horrible siège, le siège de Privas.

Canon de 33 de 1628
Le Roi commande alors à ces troupes d’arriver sur place, après avoir offert 100 000 écus a Saint-André de Montbrun pour se rendre. Quand il refuse, le roi est si furieux qu’il voue "qu’il en ferait un tel châtiment qu’il en serait à jamais mémoire*. Privas se prépare à un siège qui va durer 15 jours, du 14 au 28 mai, ces 3 000 hommes environs contre les 20 000 du Roi.

Fort de Toulon vue de l'ouest
Toutes les fortifications, naturelle et autres, ne peuvent préserver Privas de la furie des armées du roi, et après que les derniers habitants se soient enfuit au Mont Toulon, les soldats saccagent, pillent, et finissent par brûler, tout Privas.

Panoplie de l'armement du Piquier, de l'Arquebusier et du Mousquetaire

Malgré la presque totale destruction de la ville, il est néanmoins encore possible de voir l’emprunt de la vieille ville qui était entièrement entourée de rempart avant le siège, et il reste aussi des traces architecturelles dans les rues piétonnes qui constituaient la ville à l’époque, des traces même suffisantes pour pouvoir imaginer ce que a pu être cette merveilleuse et ancienne ville avant sa destruction.

"L'arbre aux pendus" de Jean CALLOT (Bibliothèque nationale)

* Le Siège de Privas en 1629, Denis et Foray, Société de l’Histoire de l’Archéologie de Privas,[i]
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