Sur ces entrefaites, Richelieu

, pour se délivrer de l'inquiétude que lui donnaient les cabales formées contre sa puissance, et pour soustraire le roi à l'influence de la cour, lui fit soutenir une guerre en Italie contre le duc de Savoie, guerre qui fut tout à l'avantage de la France. Les Impériaux furent battus : Pignerol, le Pas de la Suze tombèrent en notre pouvoir.
Le 6 juillet 1630, le passage de Vegliana était forcé dans un violent combat, où s'illustrait le duc de Montmorency, qui s'emparait aussi de Conflans. Cette dernière affaire, particulièrement meurtrière, ainsi que celle du Pas de la Suze furent, pour deux bas-poitevins surtout, l'occasion de s'illustrer. Nous croyons devoir consacrer quelques lignes à ces deux brillants capitaines.
Henri de la Trémouille, duc de Thouars, prince de Talmont, comte de Laval, etc., né en 1599, mestre de camp de la cavalerie légère de France, assista au siège de la Rochelle en 1628, et abjura la religion protestante entre les mains de Richelieu

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Se trouvant, peu de temps après, à l'attaque du Pas de la Suze, il se plaça, avec un grand nombre d'autres jeunes seigneur, au poste le plus périlleux. Il servit en Piémont et fut blessé au genou en allant reconnaître la place de Carignan, dont il s'empara. Nommé chevalier du Saint-Esprit en 1633, il présida, le 17 décembre 1636, les États de Bretagne, et lorsque le roi marcha contre les Espagnols qui s'étaient emparés de Corbie, le duc l'alla rejoindre avec 4.000 hommes de troupes qu'il avait levés à ses dépens.
Il remplit la charge de grand maître aux obsèques de Louis XIII, et lors du Congrès de Munster il fit, avec l'agrément du roi qui, en 1651, lui avait accordé les prérogatives de prince étranger, toutes les protestations contre l'occupation, par le roi d'Espagne, du royaume de Naples, à la couronne duquel il prétendait, du chef d'Anne de Laval, sa bisaïeule. Il mourut le 21 janvier 1674. Il était marié à Marie de la Tour, ardente protestante, qui fit construire le château de Thouars pour lequel elle dépensa, dit-on, 1.220.000 livres.
Un de leurs fils, Louis-Maurice, servit en Italie en 1642, à la tête de son régiment d'infanterie, aux sièges de Crescentin, Nice, de la Paille, etc., puis à celui de Thionville, en 1643, sous le duc d'Enghien ; embrassa ensuite l'état ecclésiastique, fut abbé de Charron et de Talmont et mourut le 25 janvier 1681.
Léon Barlot, seigneur du Châtellier-Barlot, dans la paroisse du Poiré-sur-Velluire, mestre de camp, qui s'était déjà signalé en combattant Soubise, en 1622, se couvrit de gloire à Conflans ; deux ans après devant Pézenas et Béziers, par sa bravoure notre compatriote étonnait les maréchaux de la Force et de Schomberg. En 1635, il était nommé premier maréchal de camp avec le commandement en second de l'armée de Flandre, sous les ordres du maréchal de la Force.
Très en froid avec Richelieu

, qui lui refusa le gouvernement du Poitou, il créa et organisa néanmoins le régiment qui, depuis, porta le nom de la province ; puis alla cacher son mécontentement, contre ce qu'il considérait comme un passe-droit, au fond du manoir paternel, qu'il fit restaurer et entourer de nouvelles constructions dont beaucoup subsistent encore.
On prétend que Richeheu

offrit, avec le bâton de maréchal de France, de lui acheter le Châtellier-Barlot pour y créer le port des régions de l'Ouest, établi depuis à Rochefort. Il mourut au Poiré en 1644, à l'âge de 62 ans. Il employa les dernières années de sa vie à faire rédiger, par Julien Collardeau et son secrétaire Chatevère, des mémoires imprimés à Fontenay sous ce titre : Mémoires pour servir à l'histoire, tirés du cabinet de Messire Léon du Châtellier-Barlot, depuis l'an 1596 jusqu'en 1636. Ils furent imprimés par Pierre Petit, imprimeur du roi et du Corps de Ville. MDCXLIII - In-4°.
Un portrait aux trois crayons existant à Paris, montre Châtellier-Barlot ayant grande mine et l'air peu accommodant. Il laissa deux fils, dont l'aîné fut mestre de camp du régiment de Poitou. Son nom s'éteignit dans la personne d'un pauvre diable qui finit ses jours dans une maison dépendant du Châtellier.
Louis de Bessay. - Au moment où Léon Châtellier-Barlot se signalait par sa bravoure, un de ses voisins, de Bessay Louis, seigneur de Bessay et Saint-Hilaire-le-Vouhis, était chargé, en 1632, de lever un régiment d'infanterie de douze compagnies, qu'il conduisait en Picardie, Champagne et Allemagne, et on voit par un rôle de quatre-vingt-douze gentilshommes qu'il commanda la noblesse du Bas-Poitou à l'arrière-ban convoqué par le roi en Lorraine. Il se trouvait sous les ordres du prince de Condé, à l'armée du Roussillon, en 1639, et servit, tant comme volontaire que comme commandant la noblesse du Languedoc. Le 22 février 1652, il fut nommé commandant du Périgord, pour soumettre les rebelles à l'obéissance de Sa Majesté, avec ordre à toute la noblesse de la province et à toutes les communautés d'obéir au comte de Bessay, en qualité de gouvverneur.
Foucher Germain, baron du Gué-de-Sainte-Flaive. - Foucher Germain, neveu de Léon Châtellier-Barlot, par sa mère Hélène Barlot, fille d'Antoine, seigneur du Châtellier-Barlot, se distingua aussi pendant le règne de Louis XIII. Dès l'âge de 14 ans, il commença à servir dans le régiment de son oncle Léon, sous la conduite duquel il assista aux sièges de Luzarches, la Rochelle et Saint-Jean-d'Angély. Nommé gentilhomme du frère de Monsieur, frère du roi, puis son premier chambellan en 1632, il continua, malgré cela, à servir, et fit partie de l'armée d'Italie. Il prit nettement le parti de Monsieur contre le roi, et lors de leur réconciliation, Monsieur voulant en donner connaissance au roi d'Espagne, qui l'avait ménagé, dépêcha pour cette mission le baron du Gué-Sainte-Flaive, qui s'en acquitta à la satisfaction générale, et reçut, entre autres présents, une rose en diamants d'un grand prix.
A son retour en France, Louis XIII lui donna un régiment d'hommes de pied de 20 enseignes à drapeau blanc, qui prit le nom de Gué-Sainte-Flaive. Il servit encore pendant six ans et fut tué au siège de Catelet, par l'explosion d'une mine, en voulant emporter d'assaut une. brèche dont il commandait l'attaque.