L'attention de Richelieu

se portait sur toutes choses. Par lettres patentes de juin 1631, une commission avait été établie à l'Arsenal de Paris, afin de poursuivre le crime de fausse monnaie, crime lucratif, qui se multipliait parmi les gens de la plus haute qualité.
La condamnation à mort par contumace, du duc de Roannez, qui avait fabriqué de la fausse monnaie, n'avait pu empêcher cette fièvre d'or d'envahir les provinces les plus éloignées, et un château jusque-là presque ignoré dans le Bas-Poitou allait être, heureuses : la paix en fut troublée par l'arrivée au château de Marie de Fesque, proche parente de François. Pleine d'artifice et douée d'un génie infernal, Marie, que la sentence du grand sénéchal de Poitiers compare à Médée, eut bientôt un commerce criminel avec de Fesque, sur l'esprit duquel elle prit un ascendant complet. « Elle l'instruisait dans la science de la transmutation des métaux, et le porta, sous prétexte de la recherche de la toison d'or et de la pierre philosophale, à fabriquer de la fausse monnaie, dont ayant fait avec elle une grande quantité, il se résolut, avec un autre gentilhomme nommé Espinaceau, de faire un voyage de Paris, pour en faire plus facilement le débit, mais l'un et l'autre furent pris par les chemins, par le prévôt d'Orléans, lequel les ayant convaincus de crime de fausse monnaie les fit exécuter à Orléans, en 1650. »