Lecture:
I
Extrait des: "Mémoires de Jean Desmoulin":
Juin 1643:
Comme j'ai déjà fait entendre au cours de mes mémoires, ma famille était origine du Poitou. Mon père et même son père faisaient les services chez les "La Meilleraye" à Partenay, comme des simples jardinier.
Mais comme l'évêque de Luçon est devenu cardinal en 1622, il avait apporté ses parents à Paris, et moi j'avais l'honneur d'entrer à ses services quand on avait asiègé La Rochelle.
Là, j'était tout jeune encore, de vingt ans, pas plus, et j'ai commencé mon service dans l'écurie du cardinal. Cette occupation était fort exigant, mais je m'ai su maintenir pendant tout les temps de soleil comme ceux d'orages.
Il y a à peine un demi ans, que la duchesse d'Aiguillon - la nièce du feu cardinal - m'a offert un travail dans les jardins de Ruel.
Comme un chevau m'avait tombé un jour d'orage et de tempête par terre, et la guérison ne se pu faire comme on l'espérait, ...les travaux avec ces beaux animaux me coûtaient de plus en plus, et pendant la campagne vers le sud en avril de l'an dernier, j'ai fait demande qu'on me permettait faire une occupation plus légère.
Depuis que le grand cardinal a fermé ses yeux en décembre, et son âme est volé vers les cieux, - néanmoins il y a toute une foule énorme qui espère de tout son coeur que le diable lui a enmené directement vers l'enfer - je dois faire entendre par ma petite voix, que les services rendus au cardinal et à sa famille, était toujours dur, mais si on avait fait son propre, on n'avait point à craindre.
Depuis que je plante les platanes et les marronier, que je coupe les haies et j'arrose les oranger au crépuscule...je n'ai guère sujet de me plaindre. Il me reste assez de temps pour prendre mon instrument à la main et jouer une petite danse ou une mélodie douce.
Mon père savait jouer un peu du luth, mais moi, j'avais developpé l'esprit de savoir lire les livres de musique.
Il y a peu de temps, que madame la duchesse d'Aiguillon est venue de Paris à son Château de Ruel (elle a hérité tout du cardinal) - pour se reposer des événements si forts, qui se sont passé pendant le dernier temps.
Elle est encore fort affligée du déccès de son oncle; se promène souvent - par les chaleures si affreux qui passent actuellement - sous les marronier; lis et relis dans sa bible pour rencontrer un peu de consolation et de soulagement ....et dans un de ces moments, elle me faisait appelle de m'approcher en disant:
" Monsieur Desmoulin, ....l'autre jour vous m'aviez fort enchanté avec le jeu de votre luth......
Mon père avait joué si habilement et Monseigneur le Cardinal en savait encore plus. Faitez-moi compagnie, là-bas, près de la grotte, avec vos belles mélodies...!"..........
