http://www.arte.tv/fr/recherche/1260702.htmlKarambolage est une emmission sur arte qui à pour but d'échanger culture et tradition entre français et allemands, ici c'est ca été de montrer un épisode au allemand d'une institution tres peu connu outre Rhin... l'Académie Francaise.
édité le : 18-08-06 : Dernière mise à jour le : 25-04-04
Jeanne Desto, une urbaniste qui joue à saute-mouton avec les frontières, se propose de présenter aux Allemands une institution très française.
Cet homme est un immortel. C'est ainsi que l'on appelle les 40 membres de la très glorieuse Académie française. L'Académie française !
Comment expliquer à nos amis allemands ce que représente pour un Français l'Académie française? C'est au Cardinal de Richelieu que l'on doit la création de l'Académie francaise en 1635. Sur le sceau que Richelieu donne à l'Académie est gravée la devise " A l'immortalité".
Voilà pourquoi on appelle les académiciens les immortels. Et c'est à l'architecte Louis Le Vau que l'on doit le magnifique édifice qui fait face au Louvre, de l'autre côté de la Seine. Les bâtiments surmontés d’une coupole au centre dessinent une place concave. Voici un exemple splendide de l’architecture française du XVII ième siècle. Le rôle des académiciens, c'est de veiller sur la langue française et d'élaborer un dictionnaire de référence qui fixe l'usage et l'évolution du français. Et pas question de baguenauder… Le dictionnaire de l’Académie Française doit pouvoir faire autorité plusieurs dizaines d’années.
Aujourd’hui, les académiciens en élaborent la neuvième édition seulement.
L'Académie a survécu à toutes les péripéties de l'histoire, à toutes les Révolutions et pour les Français, l'enjeu reste le même au fil des siècles : parvenir à se faire élire à l'Académie. C'est la consécration suprême. Il faut pour cela être assez illustre, avoir écrit quelques livres dans un français irréprochable - bien que ce soit de moins en moins nécessaire - et surtout avoir beaucoup d'entregent. Car les Académiciens se cooptent entre eux. Le petit dernier, c'est Valéry Giscard d'Estaing.
Sa candidature a suscité des bagarres rangées entre les sages. Comme dans une cour de récréation: toi, t'es mon copain, mais toi, t'es pas mon copain. Finalement, il a trouvé assez de copains. Et puis, pour être académicien, mieux vaut être assez riche. Car l'habit de l'Académicien coûte cher, très cher: c'est l'habit vert, un uniforme codifié sous Napoléon: en fait un habit de drap noir, brodé d'un feuillage d'olivier en soie aurore. Il faut à peu près six cents heures de travail aux petites mains pour en coudre toutes les broderies au fil de soie.
Vient ensuite la médaille de l'Institut. Puis le bicorne… qui, s’il n’est pas porté sur le bras, se porte, bien sur, de l’avant vers l’arrière. Une cape nécessaire par temps froid. Et enfin l'épée, attribut essentiel de la tenue d'académicien. Elle est généralement offerte par les amis de l'heureux élu et la poignée est ornée de figures symbolisant sa carrière. Pardon? Vous vous demandez si cette institution est encore bien nécessaire? C'est une question que l'on ne pose pas en France. Ces trente-sept messieurs et trois dames veillent sur la langue française: c'est une mission suffisamment sacrée pour qu'on ne leur demande pas en plus de rendre des comptes!
Texte : Jeanne Desto
Image : Karine Lalloz