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 un autre filleul de Richelieu

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urs staub
Roy


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MessageSujet: un autre filleul de Richelieu   Dim 6 Nov - 20:58

né à Paris, 1626 - mort à Soligny, près de Mortagne (Orne), 1700

Fils d'un secrétaire de Marie de Médicis et filleul de Richelieu, Armand Jean Le Bouthillier de Rancé, ordonné prêtre en 1651, mena une vie brillante et mondaine jusqu'à la mort de Gaston d'Orléans (1660) dont il était l'aumônier. Il se démit alors de tous ses bénéfices, à l'exception de l'abbaye cistercienne de Notre-Dame de la Trappe, à Soligny, dont il avait hérité à la mort de son frère aîné qui en était abbé commendataire. Il s'y retira, en 1663, en devint l'abbé, en 1664, et y introduisit la même année une réforme particulièrement rigoureuse, adoptée ensuite par tous les moines cisterciens de la stricte observance, dits "trappistes".
Allongement de la prière liturgique, pénitence, travail manuel, austérité, silence absolu, conjugués au rayonnement personnel de Rancé, firent bientôt de Soligny un centre spirituel d'une telle renommée que Bossuet lui-même s'y rendit. Rancé a trouvé en Chateaubriand un biographe de génie.

Essais de réforme
Un certain nombre de cisterciens, au XVIIe siècle, voulaient réformer les coutumes primitives, remettant par exemple en honneur l’interdiction de manger de la viande. Les chapitres ne réussissent pas à préserver l’unité, même à l’intérieur des abbayes, entre la Stricte Observance (les partisans de la réforme) et la Commune Observance (les adversaires de la réforme). L’ingérence de Richelieu n’aboutit qu’à envenimer les oppositions. La réforme opérée par le pape Alexandre VII, en 1666, ne satisfait pas les tenants de la Stricte Observance, dont l’abbé de Rancé, qui décide de réaliser sa réforme dans son monastère.

Rancé et la réforme de la Trappe

Armand-Jean Le Bouthillier de Rancé était né en 1626, fils d’un conseiller d’État, filleul de Richelieu. Abbé mondain, subitement converti en 1657, il fit un noviciat à l’abbaye cistercienne de Perseigne et se retira à l’abbaye de la Trappe, qu’il tenait en commende, où végétaient quelques moines sans piété et sans règle. Il entreprit alors de reformer la Trappe, donnant à ses religieux l’exemple d’une vie des plus austères. Devenu abbé régulier en 1664, il entreprend d’aller plus loin que les réformés de la Stricte Observance. Il remet en honneur le silence perpétuel, le travail manuel, la prière, la solitude, le jeûne, le sommeil sur la dure, les humiliations volontaires et les réprimandes publiques. Il publia en 1683 La sainteté et les devoirs de la vie monastique, où il critiquait la vie que l’on menait dans les autres monastères, allant jusqu’à regarder les études comme contraires à la vie du moine.
Ce qui lui valut une longue polémique avec dom Mabillon et les bénédictins de la Congrégation de Saint-Maur. Sa fougue lui fit parfois dépasser la mesure, mais il donna jusqu’à la fin de sa vie (1700) l’exemple d’une vie ascétique. Il reste un maître de la vie spirituelle. Clément XI approuve la réforme en 1705 et quelques monastères imitent la Trappe au XVIIIe siècle. Cette réforme devait donner une nouvelle vie à l’Ordre cistercien après la Révolution.
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urs staub
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MessageSujet: Re: un autre filleul de Richelieu   Sam 19 Avr - 2:24

[BNF - Gallica]

Livre premier

Don Pierre Le Nain, religieux et prieur de l'abbaye de La Trappe, frère du grand Tillemont et presque aussi savant que lui, est reconnu comme le plus complet historien de Rancé. Il commence ainsi la vie de l'abbé réformateur.

"L'illustre et pieux abbé du monastère de Notre-Dame de La Trappe, l'un des plus beaux monuments de l'ordre de Cîteaux, le parfait miroir de la pénitence, le modèle accompli de toutes les vertus chrétiennes et religieuses, le digne fils et le fidèle imitateur du grand saint Bernard, le révérend père dom Armand-Jean Le Bouthillier de Rancé , de qui, avec le secours du ciel, nous entreprenons d'écrire l'histoire, naquit à Paris, le 9 janvier 1626, d'une des plus anciennes et illustres familles du royaume.
Il n'y a personne qui ne sache qu'elle a donné à l'Eglise monseigneur Victor Le Bouthillier, évêque de Boulogne, depuis archevêque de Tours, premier aumônier de M. le duc d'Orléans ; monseigneur Sébastien Le Bouthillier, évêque d'Aire, prélat d'une piété singulière ; et à l'Etat Claude Le Bouthillier, sieur de Pons et de Foligny, qui fut d'abord conseiller au parlement de Paris, ensuite secrétaire d'Etat, et quelques années après surintendant des finances et grand-trésorier des ordres du roi.
Cette famille, qui tirait son origine de Bretagne et touchait de parenté aux ducs de cette province, a été encore plus ennoblie par la sainteté de celui dont nous écrivons la vie.

"Son père se nommait Denis Le Bouthillier, seigneur de Rancé, maître des requêtes, président en la chambre des comptes et secrétaire de la reine Marie de Médicis. Il épousa Charlotte Joly, de laquelle il eut huit enfants : cinq filles, qui se firent religieuses presque toutes, et trois garçons. Le premier, Denis-François Le Bouthillier, fut chanoine de Notre-Dame de Paris ; le second fut notre digne abbé, le troisième est le chevalier de Rancé, qui servit Sa Majesté en qualité de capitaine du port du Marseille et de chef d'escadre.

"Comme notre abbé avait été baptisé en la maison de son père sans les cérémonies ordinaires de l'Eglise, elles furent suppléées le 30 mai 1627 en la paroisse de Saint-Côme-et-Saint-Damien.

L'éminentissime cardinal de Richelieu fut son parrain, et lui donna le nom d'Armand-Jean ; il eut pour marraine Marie de Fourcy, femme du marquis d'Effiat, surintendant des finances. "

Tel est le début du Père Le Nain. Le désert se réjouit, le réformateur de La Trappe se montre au monde entre Richelieu, son protecteur et Bossuet, son ami. Il fallait que le prêtre fût grand pour ne pas disparaître entre ses acolytes.

Le frère aîné de Rancé, Denis-François, le chanoine de Notre-Dame était dès le berceau abbé commendataire de La Trappe ; la mort de Denis rendit Armand le chef de sa famille : il hérita de l'abbaye de son frère par cet abus des bénéfices convertis en espèce de biens patrimoniaux. Admis dans l'ordre de Malte, quoiqu'il fût devenu l'aîné, ses parents le laissèrent dans la carrière de l'Eglise.

Le père de Rancé, frappé des dispositions de son fils, lui donna trois précepteurs : le premier lui montrait le grec, le second le latin, le troisième veillait sur ses moeurs ; traditions d'éducation qui remontaient à Montaigne. Les parlementaires étaient alors très érudits témoin Pasquier et le président Cousin. A peine sorti des langes Armand expliquait les poètes de la Grèce et de Rome. Un bénéfice étant venu à vaquer, on mit sur la liste des recommandés le filleul du cardinal de Richelieu ; le clergé murmura.

Le père Caussin, jésuite et confesseur du roi, fit appeler l'abbé en jaquette. Caussin avait un Homère sur sa table, il le présenta à Rancé : le petit savant expliqua un passage à livre ouvert. Le jésuite pensa que l'enfant s'aidait du latin placé en regard du texte, il prit les gants de l'écolier, et en couvrit la glose. L'écolier continua de traduire le grec. Le père Caussin s'écria Habes lynceos oculos ! embrassa l'enfant, et ne s'opposa plus aux faveurs de la cour.

A l'âge de douze ans (1638), Rancé donna son Anacréon. Cette précocité de science est suffisamment démontrée possible par ce que l'on sait de Saumaise et des enfants célèbres. Rancé à soixante-huit ans, dans une lettre à l'abbé Nicaise, s'avoue l'auteur du commentaire.

L' Anacréon grec parut sous la protection du cardinal de Richelieu ; Chardon de La Rochette a fourni la traduction de l'épître dédicatoire. On la pourrait faire plus précise, non plus exacte. Il est curieux d'entendre celui qui devait dédaigner le monde parler à celui qui n'aspirait qu'à en devenir le maître : l'ambition est de toutes les âmes ; elle mène les petites, les grandes la mènent.

L'épître ouvre par ces mots :
"Au grand Armand-Jean, cardinal de Richelieu
Armand-Jean Le Bouthillier, abbé,
Salut et longue prospérité. Ayant appris de bonne heure à me pénétrer des sentiments de reconnaissance, etc.
La langue grecque est aussi la langue des saintes Ecritures, etc.
J'ai donné à l'étude de cette langue les mêmes soins qu'à celle des Romains, etc.
Me dévouant tout entier au service de votre Eminence... "
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urs staub
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MessageSujet: Re: un autre filleul de Richelieu   Sam 19 Avr - 2:30

C'est une des immortalités contradictoires de Richelieu d'avoir eu pour panégyristes Rancé, scoliaste d' Anacréon, et Corneille, qui devint à son tour pénitent: Les Horaces sont dédiés au persécuteur du Cid .

Les scolies dans l' Anacréon de Rancé suivent une à une les odes : les pièces à la louange du jeune traducteur, imprimées à la tête de l'ouvrage, ne donnent guère une idée de l'avenir du saint.
Dans les collèges il y avait une sorte d'enfance mythologique, qui passait d'une génération à l'autre. " Quels voeux formes-tu, chantre de Téos ? dit un des rapsodes de ces pièces ; brûles-tu pour Bathille, pour Bacchus, pour Cythérée ? Aimes-tu les danses des jeunes vierges ? Voici Armand (de Rancé) qui l'emporte sur Bathille et sur les jeunes vierges ; si tu possèdes Armand, vis heureux. "

Singulière annonciation du saint. Je me souviens qu'un de nos régents nous expliquait en classe l'églogue d'Alexis : Alexis était un écolier indocile, qui refusait d'écouter les paroles de son affectueux maître. Candide pudeur chrétienne !

Rancé subséquemment jeta au feu ce qu'il lui restait du tirage de l' Anacréon , dont on trouve néanmoins des exemplaires à la Bibliothèque du Roi. Un voyageur anonyme, qu'on sait être aujourd'hui l'abbé Nicaise, dans un voyage fait à La Trappe du vivant de Rancé, raconte une conversation qu'il eut avec l'abbé. Celui-ci lui dit " qu'il n'avait gardé dans sa bibliothèque qu'un exemplaire de l' Anacréon, qu'il avait donné cet exemplaire à M. Pellisson, non pas comme un bon livre, mais comme un livre fort propre et fort bien relié, que dans les deux premières années de sa retraite, avant que d'être religieux, il avait voulu lire les poètes, mais que cela ne faisait que rappeler ses anciennes idées, et qu'il y a dans cette lecture un poison subtil, caché sous des fleurs, qui est très dangereux, et qu'enfin il avait quitté tout cela
[ Correspondances de l'abbé Nicaise , 5 vol. in 4 o (Bibl. royale) - (N.d.A.)] . "

Il écrivait à l'abbé Nicaise, le 6 avril 1692 : " Ce que j'ai fait sur Anacréon n'est rien de considérable : qu'est-ce que l'on peut penser à l'âge de douze ans qui mérite qu'on l'approuve ! j'aimais les lettre et je m'y plaisais, voilà tout. "

Protégé de Richelieu et chéri de la reine mère, Rancé entrait dans la vie sous les auspices les plus heureux. Marie de Médicis avait pour lui une tendresse d'aïeule ; elle le tenait sur ses genoux, le portait, le baisait ; elle dit un jour au père de Rancé:
" Pourquoi ne m'avez-vous pas encore amené mon fils ? Je ne prétends pas être si longtemps sans le voir ! " On aurait pris ces caresses pour le comble de la fortune ; mais elles venaient de la veuve de Henri IV et de la mère de la femme de Charles Ier. Il ne manquait rien à l'opulence de l'écolier: pourvu d'un canonicat de Notre-Dame de Paris, et abbé de La Trappe, il jouissait du prieuré de Boulogne, près de Chambord, de l'abbaye de Notre-Dame du Val, de Saint-Symphorien de Beauvais, il était prieur de Saint-Clémentin en Poitou, archidiacre d'Outre-Mayenne dans l'église d'Angers et chanoine de Tours, faveurs obtenues de Richelieu par le crédit d' Anacréon .

Vers cette époque le jeune Bouthillier aurait eu à subir une épreuve : Richelieu s'était brouillé avec Marie de Médicis. La reine italienne aurait mieux fait de continuer d'élever le Luxembourg et l'aqueduc d'Arcueil, de perfectionner son propre portrait gravé en bois par elle-même.
Bouthillier le père, qui demeurait attaché à la fortune de Marie, voulut contraindre Rancé à cesser d'aller chez son parrain ; Rancé resta fidèle au cardinal, et le vit secrètement jusqu'à sa mort. Telles sont les traditions conservées dans les biographies; mais la chronologie les renverse: lorsque Marie de Médicis se réfugiait dans les Pays-Bas, Rancé n'avait que trois à quatre ans.

Richelieu mourut le 4 décembre 1642, dans la dix-huitième année de son ministère : le génie est une royauté, par l'ère de laquelle il faut compter. Le Père Joseph, Marion de Lorme, la Grande Pastorale, sont des infirmités ensevelies avant celui auquel elles furent attachées.
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urs staub
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MessageSujet: Re: un autre filleul de Richelieu   Sam 19 Avr - 3:03

blablabla.....& une chose curieuse:

.....Ces dangers auxquels le hasard exposait Rancé frappèrent un esprit sérieux chez qui les réflexions graves commençaient à naître. En s'attachant à une femme qui avait déjà franchi la première jeunesse, Rancé aurait du s'apercevoir que la voyageuse avait achevé avant lui une partie de la route.

Le duc de Montbazon [= Hercule de Rohan-Montbazon] présidait un jour un assaut scolastique dans lequel l'abbé de Rancé était rudement mené. Fatigué des criailleries, le vieux duc se lève, s'avance au milieu de la salle en faisant jouer sa canne comme pour séparer des chiens, et dit en latin à Rancé : Contra verbosos verbis ne dimices ultra.
Montbazon, mort en 1654, à l'âge de quatre-vingt-six ans, était né en 1568, sous Henri II. Il avait vu passer la Ligue et la Fronde. Etait-il dans la voiture de Henri IV lorsque celui-ci fut assassiné ? Le duc de Montbazon, corrompu par ces temps dépravés qui s'étendirent de François Ier à Louis XIV, faisait confidence à sa femme de ses infidélités octogénaires. Devenu honteusement amoureux d'une joueuse de luth, il se prit de querelle avec la musicienne et la voulut jeter par la fenêtre. La force manqua à sa vengeance; il retomba sur son lit près du volage fardeau que ne put soulever ni son bras ni sa conscience.

C'était à cette école de remords et de honte qu'il endoctrinait sa femme, âgée de seize ans, fille aînée de Claude de Bretagne, comte de Vertus, et de Catherine Fouquet de La Varennes.
Le comte de Vertus avait fait tuer chez lui Saint-Germain-La-Troche, qu'il croyait corrupteur de sa femme.
La duchesse de Montbazon était en religion lorsqu'elle épousa son mari. Tandis qu'avec Bassompierre, sorti de la Bastille, le duc de Montbazon s'entretenait du passé, la duchesse de Montbazon s'occupait du présent. Elle disait qu'à trente ans on n'était bonne à rien, et qu'elle voulait qu'on la jetât dans la rivière quand elle aurait atteint cet âge.

Hercule de Rohan, gouverneur de Paris, était veuf lorsqu'il épousa la fille du comte de Vertus. Il avait plusieurs enfants d'un autre lit, entre autres la duchesse de Chevreuse : de sorte que
Mme la duchesse de Montbazon était belle-mère de la duchesse de Chevreuse, quoique infiniment plus jeune que sa belle-fille. [bon, 10 ans alors, Urs]

Tallemant des Réaux assure que Mme de Montbazon était une des plus belles personnes qu'on pût voir. Le duc de Montbazon et Le Bouthillier le père étaient liés. Nous venons de voir comment le vieux duc vint au secours du fils dans un assaut scolastique. Rancé, caressé dans la maison du duc, fut élevé sous les yeux de la jeune duchesse; il résulta de ce rapprochement une liaison. Le duc mourut en 1644; [?] sa femme avait alors trente-deux ans, et ne paraissait pas en avoir plus de vingt. Les relations de Mme de Montbazon et de Rancé continuèrent ; elles ne furent troublées qu'en 1657, par un accident. La duchesse se pensa noyer en traversant un pont qui se rompit sous elle. Le bruit de sa mort se répandit ; on lui fit cette épitaphe :


Ci gît Olympe, à ce qu'on dit :
S'il n'est pas vrai, comme on souhaite,
Son épitaphe est toujours faite :
On ne sait qui meurt ni qui vit.


Marie de Montbazon devint célèbre. Le duc de Beaufort était son serviteur. On ne pouvait s'ouvrir à lui d'aucun secret important, à cause de la duchesse, qui n'avait point de discrétion. Elle eut une excuse à faire à Mme de Longueville au sujet de deux billets de Mme de Fouquerolles adressés au comte de Maulevrier, et qui étaient tombés de la poche de celui-ci. Mme de Montbazon les trouva, prétendit qu'ils étaient de Mme de Longueville et qu'ils regardaient Coligny. Mme de Montbazon les commenta avec toutes sortes de railleries. Cela fut rapporté à Mme de Longueville, qui devint furieuse. La cour se divisa Les importants prirent le parti de Mme de Montbazon, et la reine se rangea du parti de Mme de Longueville, soeur du duc d'Enghien, dernièrement vainqueur à Rocroi. Les importants étaient un parti composé de quatre ou cinq mélancoliques, qui avaient l'air de penser creux (Retz).
C'était Mme de Cornuel qui les avait ainsi nommés, parce qu'ils terminaient leurs discours par ces mots : " Je m'en vais pour une affaire d'importance. " Le duc de Beaufort, le héros des halles, leur donnait une certaine renommée vaille que vaille. " Il avait tué le duc de Nemours, pleuré des hommes en public et des femmes en secret, " dit Benserade.

Le cardinal Mazarin convertit des tracasseries de femmes en une affaire d'Etat. Mme de Longueville exigeait une réparation, et Condé appuyait sa soeur ; Mme de Montbazon refusait toute satisfaction, et le duc de Beaufort la soutenait.

" Durant que j'étais à Vincennes, dit Mlle de Scudéri, vint Mme de Montbazon avec M. de Beaufort ; il lui faisait voir toutes les incommodités de ce logement, triomphant lâchement du malheur d'un prince qu'il n'oserait regarder qu'en tremblant s'il était en liberté. "

Mlle de Scudéri se souvient trop qu'elle a fait un beau quatrain sur la prison du grand Condé. Le duc de Beaufort osait regarder tout le monde en face ; il avait même insulté Condé, et l'avantage de la branche bâtarde était resté aux illégitimes sur la branche cadette des légitimes.

Après maintes allées et venues pour concilier Mme de Longueville et Mme de Montbazon, on convint, d'après l'avis d'Anne d'Autriche et de Mazarin, des excuses que Mme de Montbazon aurait à faire à Mme de Longueville. Ces excuses furent écrites dans un billet attaché à l'éventail de Mme de Montbazon. Mme de Montbazon, fort parée, entra dans la chambre de là princesse ; elle lut le petit papier attaché à son éventail :

" Madame, je viens vous protester que je suis très innocente de la méchanceté dont on m'a voulu accuser ; il n'y a aucune personne d'honneur qui puisse dire une calomnie pareille. Si j'avais fait une faute de cette nature, j'aurais subi les peines que la reine m'aurait imposées ; je ne me serais jamais montrée dans le monde et vous en aurais demandé pardon. Je vous supplie de croire que je ne manquerai jamais au respect que je vous dois et à l'opinion que j'ai de la vertu et du mérite de Mme de Longueville. "

La princesse répondit : " Madame, je crois très volontiers à l'assurance que vous me donnez de n'avoir nulle part à la méchanceté que l'on a publiée ; je défère trop au commandement que la reine m'en a fait. "

" Mme de Monbazon prononça le billet, dit Mme de Motteville, de la manière du monde la plus fière et la plus haute, faisant une mine qui semblait dire : " Je me moque de ce que je dis. "

%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%

H e r c u l e (1568-16.10.1654), duc de Montbazon & comte de Rochefort-en-Yvelines, pair de France
1-§: 24.10.1594:
Madeleine (1576-28.02.1602), dame de Coupevray, fille d'Henri III, seig. de Lénoncourt // Dynastie de Lénoncourt

2 enfants du 1. mariage:

1.} - Louis VIII, duc de Montbazon
§ :1619: Anne (1604–14.03.1685), princesse de Guémené & comtesse de Montauban

2.} - Marie-Aimée (12/1600-12.08.1679) "Mlle de Montbazon" & 24.01.1657 duchesse de Chevreuse

%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%%

2-§: 05.03.1628:
Marie (1610–28.08.1657) fille de Claude de Bretagne d’Avaugour, comte de Vertus // Deuxième dynastie de Bretagne

3 enfants 2. mariage:

3.} - François, prince de Soubise (Cinquième branche) (1630-24.8.1712)
1§: Catherine de Lyonne (+1660)
2§: 16.4.1663 Anne-Julie de Rohan-Chabot, Dame de Soubise (*1648 +4.2.1709)

4.} - Marie-Eléonore (1628/29 - 8.4.1682 / 81 ?), abbesse de La Trinité de Caen, abbesse de Malnoue

5.} - Anne (1640–19.10.1684)§: 04.09.1661: Louis-Charles (25.12.1620 –20.10.1690 // 10.10.1699 ?) duc de Luynes = fils de la duch. de Chevreuse!! Dynastie d'Albert
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urs staub
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MessageSujet: Re: un autre filleul de Richelieu   Sam 19 Avr - 4:30

autre vue!


http://www.jcbourdais.net/journal/23sept06.php
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MessageSujet: Re: un autre filleul de Richelieu   Sam 2 Aoû - 16:01

Wikipédia:

Armand de Bourbon-Conti

Armand de Bourbon, prince de Conti, né à Paris le 11 octobre 1629 et mort au château de la Grange-des-Prés près de Pézenas le 21 février 1666, était le plus jeune des trois enfants et le deuxième fils d'Henri II de Bourbon, prince de Condé ;
il était le frère de Louis II, prince de Condé, dit le «Grand Condé»,
et d'Anne Geneviève de Bourbon-Condé, duchesse de Longueville.

Biographie:
Baptisé le 23 décembre 1630 en l'église Saint-Sulpice, Armand de Bourbon-Conti a pour parrain le cardinal de Richelieu et pour marraine la duchesse de Montmorency.

// [= Marie Félicie des Ursins, duchesse de Montmorency. Épouse d'Henri II de Montmorency, gouverneur du Languedoc, elle se retire au couvent de la Visitation à Moulins-sur-Allier après l'exécution de son mari en 1632. Elle meurt en odeur de sainteté. La Silvanire, poème de Jean Mairet, lui est dédié. En 1651, les frères François Anguier et son frère Michel sculptent le tombeau d'Henri II de Montmorency, devant le couvent de son épouse] //

Le titre de prince de Conti est établi en sa faveur en 1629.
De santé délicate, légèrement bossu, il est destiné par ses parents à l'état ecclésiastique et formé par les Jésuites au collège de Clermont, où il a pour condisciple Molière.
Dès le 12 décembre 1641, il reçoit la commende de l'abbaye de Saint-Denis. L'année suivante, il est nommé abbé de Cluny, et recevra encore sept autres abbayes et cinq prieurés.
Le 6 août 1643, il obtient son diplôme de maître ès arts et, en 1646, celui de bachelier en théologie de l'université de Bourges. À la mort de son père, en cette même année, il est soumis à la décision d'un conseil de famille qui décide de le maintenir un an de plus chez les Jésuites, à son grand déplaisir.

Au mois de janvier 1649, avec son beau-frère, le duc de Longueville, désireux d'obtenir le chapeau de cardinal, il prend parti pour la Fronde parlementaire, dont il devient le commandant en chef.
Il est battu à Charenton le 8 février par son frère, le prince de Condé, resté fidèle à la Cour. Mais après la paix de Rueil, Condé se rallie à la Fronde, dès lors co-dirigée par Conti, Condé et Longueville.
Le trio est arrêté au Palais-Royal le 16 janvier 1650 et emprisonné au château de Vincennes, puis au château de Marcoussis et enfin au fort du Havre.
En 1651, devant la Fronde, Mazarin est obligé de s'exiler, Conti est libéré le 7 février.
Son frère, devenu incontournable dans la direction de l'État, l'empêche d'épouser Charlotte de Lorraine (1627-1652), fille de la duchesse de Chevreuse, et confidente d'Anne d'Autriche.
En 1653, Conti, qui s'était retiré à Pézenas, en Languedoc, fait sa soumission au roi et, réconcilié avec Mazarin,
il épouse le 21 février 1654 Anne Marie Martinozzi (1639-1672), nièce du cardinal Mazarin.

Ils ont pour enfants :
Louis Armand Ier de Bourbon-Conti (1661-1685), 2e prince de Conti ; François Louis de Bourbon-Conti (1664-1709), 3e prince de Conti.

Dès juin 1654, il doit quitter sa femme pour prendre le commandement de l'armée qui en 1654 envahit la Catalogne.
Il ne retrouve son épouse que le 30 novembre 1656, lorsqu'il vient ouvrir les états du Languedoc à Montpellier. Elle loge alors au château de la Grange-des-Prés près de Pézenas.
Dès le printemps 1657, il doit la quitter pour conduire les forces françaises en Espagne.
Le 28 mars 1657, il est nommé Grand maître de France, ayant renoncé à sa vie libertine, souffrant d'une maladie vénérienne.
Il reçoit le commandement de l'armée d'Italie, et assiège sans succès la ville d'Alessandria en mai 1657.
La Grange des Prés (Pézenas)Le 16 janvier 1660, Louis XIV lui accorde une pension annuelle de 60 000 livres. Vers 1655, en particulier sous la pression de l'évêque d'Alet Nicolas Pavillon, s'opère chez lui une «conversion» après une vie de débauche. Il se prête alors à la pénitence et aux mortifications, devient un confrère de la Compagnie du Saint-Sacrement, et tend au jansénisme. Gouverneur du Languedoc en 1660, il se mêle à des actions dans le cadre de la Compagnie en multipliant les œuvres pies, en fondant des collèges, en œuvrant à la conversion des protestants. Il s'efforce également de moraliser la population tout en s'attelant à réduire son fardeau fiscal. L'administration de sa province avec justice et sagesse lui valut une grande popularité. Il est alors installé au château de la Grange-des-Prés, et se consacre à l'étude et au mysticisme jusqu'à sa mort en 1666.
Il est inhumé à la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon.
Son tombeau est profané à la Révolution et ses ossements sont transférés dans la crypte de l'oratoire de Port-Royal-des-Champs en 1906[1].
De 1653 à 1656, il est le protecteur de la troupe de Molière.
Après sa conversion, il compose un Traité de la comédie et des spectacles[2] (1666) dans lequel il condamne les tragédies de Corneille et les comédies de Molière. Il est également l'auteur d'un ouvrage intitulé Les Devoirs des Grands (1666).
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